Massacres au cameroun, génocide au Rwanda, assassinat de Sankara. Françafrique : Retour de drames

343667-une-enfant-rwandaise-regarde-en-compagnie-d-un-de-ses-parents-une-patrouille-francaise-passer-le-26Un livre sur le Cameroun, une procédure judiciaire dans l’affaire Sankara, de nouvelles accusations sur le génocide rwandais, et c’est le spectre de la Françafrique qui ressurgit.

Cameroun, Burkina Faso, Rwanda : trois pays d’Afrique où se sont déroulées des tragédies sur lesquelles toute la vérité n’a pas été faite. Ces fantômes ressurgissent aujourd’hui à la faveur de la publication d’un livre sur le Cameroun, d’une demande d’entraide judiciaire présentée par le Burkina Faso et de la menace de nouvelles accusations en ce qui concerne le génocide de 1994 au Rwanda. Le point commun ? Le rôle éventuel de la France dans ces événements sanglants.

Alors que se déroule à Madagascar, ce week-end, le 16e sommet de la Francophonie, ces retours sur le passé rappellent opportunément que la grande communauté francophone reste hantée par certains secrets de famille. Or, l’histoire «brûle d’actualité», comme le soulignent les trois auteurs de la Guerre du Cameroun.

A Yaoundé, le régime en place est l’héritier direct de celui imposé par la France lors d’une guerre restée secrète. Au Burkina Faso, où en revanche le pouvoir a brutalement changé de mains fin 2014, lorsque Blaise Compaoré a été chassé du pays par la colère populaire, le dossier sur l’assassinat du président Thomas Sankara est rouvert. Son frère d’armes, Blaise Compaoré, aurait orchestré le meurtre de Sankara, encore aujourd’hui une idole au «pays des hommes intègres». Mais la liberté de ton de ce jeune leader tiers-mondiste faisait aussi grincer des dents à Paris et dans certains pays de la région…

 En demandant à la France la levée du secret défense sur les documents qui concernent ce meurtre, les avocats burkinabés espèrent ainsi découvrir d’éventuelles complicités dont Compaoré aurait pu bénéficier à l’époque de son coup d’Etat. En réalité, cette demande a peu de chance d’aboutir, de l’aveu même des avocats. Pourtant, c’est toujours par la justice qu’il faudra passer pour rouvrir ces dossiers sulfureux.

Comme on le constate également dans le cas du Rwanda, où le rôle de la France dans le génocide des Tutsis en 1994 resurgit à la faveur d’une impasse judiciaire. Certes, les temps ont changé : les opérations de barbouzes français sur le continent ont peut-être vécu. Mais le déni du passé reste souvent perçu comme une insupportable arrogance ou du mépris, vu d’Afrique. A cet égard, les positions des deux candidats à la primaire de la droite, sur le Cameroun pour Fillon et sur le Rwanda pour Juppé, sont révélatrices d’une volonté persistante d’occulter des tragédies qui reviennent toujours hanter le présent.

Par Maria Malagardis

: Afrique Monde

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