Me Samba Bitéye noie Khalifa Sall : fourniture de riz et de mil, des fonds pour Bercy, «tout cela n’est que de la malfaisance»

Les avocats de l’Etat, dont la journée aujourd’hui leur est consacrée, n’ont aucune pitié pour Khalifa Sall. Me Samba Bitéye, lors de sa plaidoirie, à de nouveau soulevé les « fausses factures » sur la fourniture de riz et de mil ainsi que l’octroi de fonds pour l’organisation du Bercy de Youssou Ndour.

Selon l’avocat de la partie civile, les faits ne sont contestés en matière, mais ils ont été explicités avec les plus grands détails. « Nous avons en face de nous des personnes qui forment une pyramide comme alpha et oméga. Les véritables chefs d’orchestre de ces faits sont M. Mbaye Touré et Khalifa Sall.

Il y a une entreprise de maquillage d’habilement, de tromperie, de détournement de deniers public. Je suis désolé mais Khalifa Sall n’est pas Jésus. On prétextait donner du riz et du mil aux Daaras. Et après ont on prétend donner des fonds à Youssou Ndour pour l’organisation de Bercy. C’est de la malfaisance».

Pour Me Bitéye «la caisse d’avance n’est pas une caisse noire, ni une caisse de mafieux».

Direct du tribunal – Me Thomas Amico : «Ce ne sont pas des fonds politiques mais de vulgaires détournements»

Les plaidoiries de l’agent judiciaire de l’Etat et de la partie civile touchent le fond du dossier dans le procès de la caisse d’avance. Apres la plaidoirie de l’agent judiciaire Antoine Diome, Me Thomas Amico, un des avocats de l’Etat fait son passage à la barre du tribunal correctionnel de Dakar.

Quand l’agent judiciaire de l’Etat se focalise lui sur le préjudice subi par l’Etat tout en réclamant plus de 6 milliards F CFA, Me Amico, avocat de l’Etat, s’oriente vers l’utilisation «frauduleuse» des fonds politiques. Pour la robe noire, «la manière dont le maire de la ville de Dakar utilisait ces fonds politiques est une manière d’habiller le détournement. » Selon lui, « ce ne sont pas des fonds politiques mais de vulgaires détournements ».

Ce qui a failli provoquer une «crise cardiaque» chez la défense. Poussant plus loin, car irrité par la réaction de ses confrères de l’autre bloc, Me Amico renchérit : «Je vous rappelle que ce tribunal n’est pas composé de marionnettes et les magistrats ne sont pas des marionnettes». Cette phrase est la goutte d’eau qui a fait déborder Me Ousseynou Fall qui s’est offusqué des propos de Me Thomas Amico, qu’il juge offensants. Me Ousseynou Fall de répondre à l’avocat français : «Ne nous parle pas d’insulte, l’insulte c’est toi». 

Mais cela n’a pas découragé l’avocat de l’Etat qui continue en expliquant : « Le procès de l’affaire de la caisse d’avance est constitué de deux phases. L’un porte sur le délit d’escroquerie et l’autre est relatif au détournement de derniers publics. Le seul prétexte avancé par la défense est l’existence des fonds politiques. L’escroquerie prévue par l’article 53 du Code pénal et les fausses pièces dans ce dossier abondent. Les factures et les procès-verbaux sont faux, c’est ce qui a provoqué le renouvellement de la caisse. Donc l’escroquerie est manifeste. Les livraisons fictives de riz et de mil le prouvent avec les factures du GIE de «Keur Tabara». Aucun riz n’a été relevé à la ville de Dakar.

Ici nous avons les fausses factures du GIE «Tabara» et des fausses factures de décaissement. Ces faux ont servi de dissimuler le détournement. L’audition de M. Abdoulaye Diagne a tout éclairé. Ces faux sont avérés et des sanctions de dommages et intérêts devront être exigées. Les fonds de l’Etat ont été dissipés. Les fonds secrets en France avaient suscité les débats, car l’ancien Président Jacques Chirac avait dissimulé de fausses factures pour l’achat d’un avion en 2001».

Concluant, Me Thomas Amico persiste et signe dans sa plaidoirie que «ces fonds ont servi à des détournements et à des escroqueries et non à satisfaire les besoins de l’intérêt général, pas une gestion de l’intérêt général. Les infractions de détournements et escroquerie sont constituées. Et ils disent qu’il n’y a pas de faux».

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