MENACE SUR LES RESSOURCES HALIEUTIQUES DU SENEGAL ‘’L’Afrique de l’Ouest a le taux d’espèces surexploitées le plus élevé au monde’’

Les eaux marines de l’Afrique de l’Ouest subissent une forte exploitation. Cela est d’autant plus aggravé par les bateaux pirates. A l’occasion de la journée mondiale de la pêche, les responsables de Greenpeace Afrique sont allés à la rencontre des pêcheurs rufisquois au débarcadère de Diokoul Kao.

Une occasion pour elles de communiquer sur son expédition dans les eaux ouest africaines, entre février et avril dernier, contenue dans un rapport dénommé : « coût de la destruction ». Ahmed Diamé, le chargé de campagne océan à Greenpeace, renseigne que les chiffres sont alarmants.

« Toutes les études scientifiques disponibles, aujourd’hui, disent que les eaux marines ouest africaines sont menacées. Elles sont en danger, en crise. D’ailleurs, la Fao estime que l’Afrique de l’Ouest, appelée la zone 34 dont fait partie le Sénégal, a le taux d’espèces surexploitées le plus élevé au monde. Environ 54%. Ce qui démontre à suffisance l’ampleur de la question. »

Les responsables de l’organisation pour la protection des océans se disent outrés de constater, lors de leur expédition qui a sillonné les eaux du Cap Vert, de la Mauritanie, de la Guinée Bissau, de la Guinée, de la Sierra Léone et du Sénégal, que les navires qui avaient été arraisonnés pour pêche illégale ont repris leurs activités, comme si de rien n’était.

17 avaient été pris en flagrant délit et 11 avaient été arraisonnés pour transbordement illégal, activités enfreignant les conditions définies par leur licence de pêche, utilisation d’engins de pêche non autorisés et prélèvement d’ailerons de requins, comme entre autres infractions.

Malgré la lourdeur des délits, ces 17 bateaux qui sont la plupart du temps chinois, sud-coréens, mais aussi de l’Union européenne, 6 mois après, sont toujours autorisés à pêcher dans les eaux ouest africaines. Ce qui montre, selon Ahmed Diamé, « que les pêcheurs africains et les communautés locales continuent de subir les conséquences de la surpêche et de le pêche illégale au large de l’Afrique de l’Ouest ».

Face au laxisme des autorités de la sous-région, le chargé de la campagne océan à Greenpeace fait remarquer que « les mesures nécessaires ne sont pas prises pour arrêter la pêche illégale qui est en train de détruire les océans de l’Afrique de l’Ouest et plonger les communautés de pêcheurs dans l’insécurité alimentaire, mais également, dans le chômage ».

Ainsi, il plaide pour une synergie des actions de lutte dans la sous-région. « Il est important pour les gouvernements de se mettre ensemble, d’abord pour gérer la ressource. Individuellement, ils n’y parviendront pas, parce que l’essentiel des ressources sont des ressources partagées », souligne-t-il.

PAPE MOUSSA GUEYE

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