Ministère de l’Éducation nationale : Serigne Mbaye Thiam appelle à un consensus pour sauver l’école sénégalaise

Le projet de budget du Ministère de l’Éducation nationale a connu une hausse de 24.539.367.080 de FCfa en valeur absolue et 7,48% en valeur relative, passant de 328.004.341.440 de FCfa à 352.543.708.520 de FCfa.

La question des abris provisoires, des grèves répétitives, des équipements, de la pléthore des élèves dans les salles de classe et des « Daaras » ont été au cœur des préoccupations des députés. Selon Serigne Mbaye Thiam, un consensus est souhaité pour sauver l’école.

Lors du vote du budget de son département, finalement adopté à une écrasante majorité des voix, le ministre de l’Éducation nationale Serigne Mbaye Thiam a été interpellé sur de nombreuses questions par les députés. C’est notamment le cas sur les retards de salaires, les grèves cycliques, le déficit d’enseignants dans certaines zones, la pléthore d’effectif dans certaines classes, les abris provisoires, etc.

Sur toutes ces questions, le patron du département de l’Éducation s’est voulu on ne peut plus clair et les réponses qu’il a apportées ont semblé avoir convaincu les députés.

D’emblée, Serigne Mbaye Thiam en a appelé à un consensus pour régler le problème de l’Éducation. « Nous sommes dans un secteur difficile, le sujet qui nous préoccupe n’est pas un sujet de débat politicien, il interpelle tous les Sénégalais. Il faut en faire un sujet de consensus. Tous les partenaires de l’école doivent savoir que notre raison d’être, la raison pour laquelle on m’a confié ce département, c’est l’apprenant, l’élève. Au-delà de cela, c’est de contribuer à former un citoyen de qualité ».

Il emboîte le pas à Moustapha Diakhaté, Mamadou Diop Decroix, Thierno Bocoum et Djibo Leyti Kâ qui, lors de leur prise de parole, ont insisté sur la nécessité de trouver un consensus sur l’épineuse question de l’Éducation.

Auparavant, le ministre de l’Éducation nationale a déclaré que son action compte s’inscrire sur 4 points : la construction d’infrastructures scolaires, le volet pédagogique, l’environnement scolaire et la gouvernance du système. Pour lui, ce sont ces paramètres qui concourent à avoir un système scolaire performant.

Sur les nombreux défis qui l’attendent, Serigne Mbaye Thiam a affirmé qu’il compte prôner ce qu’il appelle le « réalisme responsable », c’est-à-dire « dire la vérité en toutes circonstances ». « La réalité est que les défis sont nombreux. Tous les problèmes soulevés ne peuvent trouver de solutions toute suite, l’ensemble des partenaires ne peuvent être satisfaits toute suite », dixit Serigne Mbaye Thiam.

Un recensement pour redéployer les enseignants

« Le Gouvernement respectera tous les engagements qu’il prendra. Le corollaire, c’est que nous ne souscrirons qu’à des engagements que nous pourrons respecter. Les négociations peuvent être difficiles mais il faut accepter de tenir un langage de vérité. Que tous les acteurs puissent discuter dans la vérité, en tenant compte des besoins de notre pays, et des ressources et de ses possibilités », a lancé le ministre aux députés.

Il a annoncé qu’il compte mettre en place le concept « Une école de la communauté dans la communauté », c’est une façon pour lui d’inciter la communauté à s’approprier l’école, qu’il y ait un contrôle citoyen sur le fonctionnement de l’école.

Concernant l’enseignement arabe, un point sur lequel beaucoup de députés l’ont interpellé, Serigne Mbaye Thiam a rappelé que le Gouvernement en a fait une orientation politique.

« En effet, l’évaluation qui a été faite du programme décennal de l’éducation et de la formation ces dix dernières années a montré qu’il existe encore des exclus du système et des réticents du système. Il fallait donc réfléchir sur des mécanismes pour ramener cette catégorie dans le système. Il ne s’agit pas seulement de les attirer dans le système, mais il faut aussi tenir compte que dans notre pays, il y a un besoin d’éducation qui est différente de l’éducation classique », a-t-il souligné.

Pour les abris provisoires, le ministre de l’Éducation nationale a révélé qu’il faut 73 milliards de FCfa pour leur résorption, mais que cela n’est pas possible sur un ou deux budgets. Elle doit s’étaler dans le temps. L’ambition de notre Gouvernement est de permettre à tous les enfants du Sénégal d’étudier dans des conditions optimales. Mais il ne faut pas qu’on jette l’anathème sur les abris provisoires.

Un des succès du Pdef, c’est l’amélioration de l’accès à l’école. Mieux vaut un enfant dans un abri provisoire qui apprend à lire et à écrire qu’un enfant dans la rue. Nous avons la volonté de les résorber. Et au lieu d’y consacrer des montants annuellement, nous sommes en train de réfléchir à d’autres mécanismes qui permettent de faire une opération coup de poing », a-t-il fait savoir.

Répondant aux préoccupations des députés de la région de Tambacounda qui s’inquiètent du déficit d’enseignements dans certaines écoles de la région, Serigne Mbaye Thiam a annoncé qu’une opération de recensement des déficits et des surnombres a commencé depuis la semaine dernière dans tous les départements du Sénégal et qu’il recevra le rapport sous peu.

À la lumière des conclusions de ce rapport, il a indiqué qu’il y aura des redéploiements car « on ne peut pas admettre qu’il y ait des écoles avec 12 classes, 12 enseignants titulaires et 10 enseignants suppléants alors qu’il y a d’autres écoles qui n’ont pas d’enseignants ».

Les insuffisances de crédits expliquent les retards des salaires des enseignants

Le ministre de l’Éducation nationale a affirmé que les salaires des enseignants étaient en train d’être payés. « Les salaires sont en train d’être payés à différents niveaux et selon les Inspections d’Académie et les Iden. Il existe des retards pour les vacataires qui s’expliquent par des insuffisances de crédits en cette fin d’année 2012 du faits de recrutements non planifiés qui ont été faits pour 2011-2013 », a-t-il notamment dit.

Selon lui, le débrayage observé hier par le Cusems est une position de principe parce qu’habituellement les enseignants sont payés avant le huit du mois. Toutefois, le ministre a dit comprendre les préoccupations des enseignants et que celles-ci sont prises en compte par le Gouvernement.

« Il serait démagogique de dire qu’à partir de tel mois, il n’y aura plus de retards de salaires, mais nous allons travailler de manière méthodique avec toutes les personnes qui interviennent dans la chaîne de certification des services faits dans la chaîne de paiement », a rassuré le ministre.

Elhadji Ibrahima THIAM

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