Monnaie : Alassane Ouattara ou le bon valet de la France

Le président ivoirien Alassane Ouattara assume pleinement d’être le bon valet de la France, le Nègre de service et le «Grand maître» de la protection des intérêts français en Afrique. C’est sans complexe, sans gants et sans gêne. C’est courageux ! En effet comme il l’avait dit en France à côté d’Emmanuel Macron, le 31 août dernier, au plus fort de la contestation anti Cfa, comme pour dire que ceux qui s’agitent sur le continent africain contre  cette monnaie coloniale perdent leur temps, il l’a réitéré devant les caméras de France 24 cette semaine.

Interpellé par le journaliste Marc Perelman sur le franc CFA, Alassane Ouattara, a répondu sur un air excédé  comme pour dire, pardon de l’expression, qu’on lui «casse les couilles»  avec  ce débat qui ne se pose même pas.  C’est un non-sujet. Le président ivoirien disait exactement ceci : «Il y a vraiment du n’importe quoi dans ce débat. Le franc cfa c’est notre monnaie, c’est la monnaie des pays membres et nous l’avons accepté, nous l’avons  développé et nous l’avons modifié. J’étais là quand  la réforme a eu lieu dans les années 73-74.  Donc tout ce débat est un non-sens tout simplement.

C’est la démagogie. Et je ne souhaite même pas continuer ce débat sur le franc CFA. Nous sommes très fiers de cette monnaie, elle  marche bien. S’il y a   des adaptations à faire, nous les ferons de manières souveraines ». Voici une position qui doit plaire à son patron Macron, en visite sur le continent depuis ce mardi et qui est à Abidjan dans le cadre du sommet Afrique-Europe.

«Je suis bien placé pour dire si cette monnaie nous pose problème avec les autres chefs d’Etat nous prendrons les décisions. Mais cette monnaie est solide, elles sont appropriée. Les taux de croissances sont parmi les plus élevé sur le continent africain et dans le monde. La Côte d’Ivoire est parmi les  dix pays ou le taux de croissance est le plus élevé. Donc c’est un non-sens tout simplement», a poursuivi M. Ouattara dans l’entretien avec France24.

Mais provenant d’Alassane, ce n’est pas étonnant. En tant que préfet de la France quoi de plus normal que de protéger les intérêts de la France. Si M. est au pouvoir, il le doit aussi à la France qui  est venu  bombarder le palais présidentiel pour capturer Gbagbo alors que d’autres options se discutaient. Donc sur bien  des plans,  Alassane Dramane Ouattara est redevable à la France et la meilleure manière de rendre la pièce de monnaie c’est de garantir que le trésor Français continue de sucer les maigres ressources africaines.

Pour rappel, en 2016, un journal économique allemand, en l’occurrence le Deutsche Wirtschafts Nachrichten  a révélé que chaque année ce sont 440 milliards d’euros qui sont pillé à l’Afrique par la France via le francs CFA.

Alassane Ouattara est constant dans son combat pour les intérêts de la France. Intrépide et imperturbable. En août  2017, à l’Elysée voici ce que disait M. le préfet de à son patron :

«Notre zone monétaire est une zone solide. C’est une zone où la couverture monétaire est plus de 75%. Nous couvrons les ¾ de nos émissions monétaire et la Banque centrale a plus de 5 moins de réserve d’importation en devises. Il n’y pas d’inquiétude.

La monnaie commune que nous avons est une monnaie qui rend service au peuple africain, une monnaie appréciée, une monnaie qui circule dans les pays voisins alors qu’aucune des autres monnaies ne circulent pas chez nous. C’est dire que c’est une monnaie  qui a une certaine attractivité »

 Comment Ouattara aurait fait limoger un ministre togolais anti-cfa

Le comble c’est qu’il y a jouté dans le cadre du processus d’intégration, il faut avoir des objectifs d’ «élargissement de cette zone puisque au niveau de la Cedeao ». Il est trop fort. Voici un chef d’Etat qui aime bien son peuple et son continent. Dans sa mission de protection  des intérêts français, il est même prêt à faire pression sur ses homologues.

Ouattara s’oppose à toute position tendant à remettre en question  le franc CFA. Le chercheur togolais Kako Nubuko auteur de «La monnaie de la servitude volontaire»  par ailleurs ancien ministre de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques (2013- 2015), l’a appris à ses dépens.

Justement en faisant son travail d’évaluation des politique publique dont la politique monétaire, des portes parole de la France comme Ouattara, n’ont pas manqué de faire pression pour que l’universitaire soit relevés de ses fonctions. «Quand j’ai commencé à faire ce travail, la Banque centrale (BCEAO) a commencé à écrire aux chefs d’Etat pour leur dire : –  ‘ce type ne peut pas rester au gouvernement parce que  ses prises de positions sur la monnaie ne sont pas en phase avec  les prises de position de l’Union», rapporte M. Nobukpo lors d’une conférence.

Tout naturellement le ministre a été limogé peut-être plus tôt qu’envisagé. Mieux, le président ivoirien qui est l’un des artisans de ce limogeage,  a rencontré le chercheur, il y a deux ans à Paris pour confirmer son hostilité face aux positions  de l’ancien ministre togolais.

Et de  la manière dont les propos sont rapportés  par M.  Nubukpo, c’est sur un ton péremptoire, voire martial que Ouattara  lui a intimé  cet ordre «J’ai eu des échanges à Paris, à Bercy, en février 2015 avec le président Alassane Ouattara qui m’a dit : – ‘’il faut arrêter ce que tu fais  tout de suite ! Il m’a dit il faut arrêter ça tout de suite. Nous sommes des chefs d’Etat, nous savons ce que nous faisons. J’avais attiré l’attention de votre chef d’Etat sur vos propos », a dit Alassane Ouattra à Kako Nubukpo.

Ce dernier ne comprend pas que le chercheur ne puisse pas faire des travaux et les mettre au service de ses dirigeants pour le bien des populations. «Nous sommes d’abord des chercheurs, nous sommes aussi des citoyens. Et nous sommes des gens qui quand même sommes au service de nos populations» s’est désolé M. Nubukpo

Alassane Ouattara nous parle de stabilité du CFA. Stabilité monétaire et après ? Les pays qui ne sont pas dans la zone franc et dont la monnaie est instable vont-ils mal ? La Mauritanie, le Ghana, la Gambie, le Nigeria ou encore la Guinée et les pays Maghreb, vont-ils plus mal  que la zone franc?

Même la France à qui profite cet arrimage, ces dirigeants disent, vous pays de la zone franc, si vous le désirez, vous pouvez sortir de cette zone monétaire, c’est votre liberté.  Peu importe si ces dirigeants français sont de bonne ou de mauvaise foi. Dans le même temps c’est vous dirigeants africains qui dites, non  ça nous va, on est bien avec, on s’accommode, donc on reste.

C’est pathétique ! Quand l’esclave prend goût de sa condition servitude, c’est ce que ça donne ! Ça sent quelque part le syndrome de Stockholm ça ! Quand une femme violée finit par tomber folle  amoureuse de son violeur on n’y peut rien.

En tout cas pour les beaux yeux de la France, Alassane Ouattara est prêt à tout. Et le jeune Marcon  sera toujours à ses côtés. Il lui tresse des lauriers. Justement lors de son voyage en France le 31 août dernier en France où il chantait les bienfaits du francs Cfa à côté de Macron, celui-ci a dit à Ouattara « Un moment important pour la Cote d’Ivoire, en saluant le travail qui a  été fait par le président Ouattara depuis qu’il est aux responsabilités. Il a  pris un  pays qui est profondément déstabilisé par une situation politique complexe. Il l’a rétabli et la France fera tout pour que jusqu’à l’issu de son mandat, il puisse conduire les reformes essentielles pour son pays et pour la région ».

Pourquoi la France  aidera la Côte d’Ivoire a conduire les réformes ? N’est- ce pas à la Côte d’Ivoire et à la Cedeao de savoir quelles réformes sont pertinentes et de les conduire.

L’art de déplacer habilement le débat

Face à son intervieweur M. Ouattara se demande «Pourquoi les Européens ont décidé d’avoir une monnaie et commune et que nous les Africains nous ne sont pas en mesure de le faire ?

Ceci est une manière habile de déplacer le débat. Personne n’est contre une monnaie commune régionale ou même continentale. Mais le problème, c’est quelle type de monnaie ?  Est-une une monnaie accepté par des présidents  soumis à une puissance coloniale dont Ouattara veut lui-même perpétuer vaille que vaille les intérêts ? Une monnaie que les peuples africains n’ont pas choisie ?

Soyons clairs si les préfets et les valets de la France en Afrique pour conservateur leur pouvoir avec l’appui de la France accepte une monnaie ne venez pas nous dire que ce sont les Africains qui ont accepté cette monnaie.  En somme, celui qui est démagogue sur cette question du CFA, c’est vous M. le président, ce ne sont pas les militants anti-Cfa.

Sous ce rapport, pour savoir ce que les peuples de la zone franc pensent de cette monnaie organisez des élections référendaires dans nos pays, les peuples africains parleront. En ce moment  tout le monde  se remettra aux résultats des urnes. Démocratiquement !

Par Noël SAMBOU

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