NDONGO SAMBA SYLLA : « LES PAYS DE LA CEDEAO DOIVENT, CHACUN, AVOIR LEUR MONNAIE »

Invité de l’émission « Jury du dimanche » sur Iradio (90.3), Ndongo Sylla, économiste du développement appelle les pays de la Cedeao à avoir chacun leur monnaie nationale. « Il faut que chaque pays puisse avoir sa monnaie nationale.

La parité de cette monnaie est déterminée sur la base de ses fondamentaux. Mais, avoir sa monnaie nationale ne veut pas dire absence de solidarité. Il y a aura une solidarité en ayant une unité de compte commune qui permettra la convertibilité des différentes monnaies et les échanges économiques », a-t-il expliqué.

Avant d’ajouter : « On va avoir un fonds monétaire africain qui va centraliser une partie de nos réserves de changes qu’on gère en commun. Si vous avez votre propre monnaie, vous maitrisez votre propre développement. Chaque pays doit pouvoir évoluer à son propre rythme et qu’on fasse cela dans la solidarité ».

En effet, selon Ndongo Sylla, la monnaie unique Cedeao n’est pas une alternative au franc CFA. Elle poserait, à son avis, toujours les problèmes d’une monnaie unique parce que tous les travaux économiques montrent que la zone CFA n’est pas une zone monétaire optimale.

« Techniquement parlant, la monnaie unique pourrait être même catastrophique parque qu’une monnaie unique vous la réalisez que quand vous êtes une fédération politique. Donc, si vous n’êtes pas une fédération politique, vous ne pouvez pas avoir une monnaie unique parce que lorsque vous avez une crise, vous devez recevoir des fonds pour compenser le fait que vous ne pouvez plus utilisez cet instrument. C’est ce qu’on appelle le fédéralisme budgétaire », indique-t-il.

Interpellé sur la suppression annoncée du poste de Premier ministre, M. Sylla avoue qu’il a été surpris parce cela n’a pas été annoncé durant la campagne.

« C’est un peu déroutant et cela prouve les reproches faits au régime présidentialiste que nous avons dans ce pays. C’est-à-dire un régime qui tourne autour de la personnalité du chef de l’Etat », a-t-il soutenu soulignant que les réformes constitutionnelles demandent beaucoup de dialogue.

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