[Nice] Le ministère de l’Intérieur accusé de cacher des éléments sur l’attaque

a-254-a29aaAu lendemain de l’attentat de Nice qui a coûté la vie à 84 personnes, les questions se sont multipliées pour comprendre comment un camion de 19 tonnes a pu franchir le cordon de sécurité censé protéger la foule ce 14 juillet jour de la fête nationale ?
Lors de la course meurtrière du semi remorque sur plus de 1700 mètres fauchant la vie à plusieurs dizaines de personnes, aucun policier ne semblait être dans les parages.
Les caméras de surveillance ont un rôle essentiel dans ce genre d’événement tragique et pour cette raison le ministère de l’Intérieur a d’emblée demander à visionner les images.
Mais d’après la chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice, Sandra Bertin, les choses ne se sont pas déroulées comme elles auraient dû en pareilles circonstances a-t-elle confié au Journal du Dimanche.
Elle affirme avoir été « harcelée » par le ministère pour que dans son rapport, après visionnage des bandes, elle indique avoir vu la police nationale déployée à des endroits spécifiques qu’elle n’a pourtant « pas vu à l’écran ».
Elle est catégorique sur ce fait : « Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un représentant au CSU qui m’a mis en ligne avec la place Beauvau. J’ai alors eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. »
Après avoir décortiqué les images, Sandra Bertin est formelle il n’y avait aucune présence policière aux endroits suggérés par le ministère de l’Intérieur.
Elle ajoute que la place Beauvau a exigé qu’elle envoie par mail une version modifiable du rapport pour ne pas devoir « tout retaper » et de ne pas oublier d’y inclure le déploiement policier aux endroits précisés par le ministère, endroits « qu’elle n’a pas vu à l’écran ».
Le témoignage de Sandra Bertin permet de relever un grave manquement au niveau de la sécurité mais aussi de signaler que le gouvernement est prêt à travestir la réalité pour assurer ses arrières.
Suite à ce témoignage accablant pour le ministère, Bernard Cazeneuve a déposé plainte pour diffamation tout en évoquant de « graves accusations ».
« Contrairement à ce que Madame Bertin affirme, ce n’est en aucun cas “le cabinet du ministre de l’Intérieur qui a envoyé un commissaire au CSU” », a précisé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué de presse, ajoutant : « Il serait très utile que Madame Bertin soit auditionnée par les enquêteurs et puisse leur produire les identités et les fonctions des personnes qu’elle met cause, les mails qu’elle évoque et leur contenu ».
La principale intéressée ne s’est pas laissé intimider par cette menace à peine voilée et à fait savoir par le biais de son avocat qu’elle fera très prochainement un signalement au procureur de la République pour faux en écriture publique.
http://www.halalbook.fr/actufiche-19-7980.html
La policière responsable de la vidéosurveillance à Nice accuse le ministère de l’Intérieur
EXCLUSIF – En poste le soir du 14 juillet, Sandra Bertin, chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice et secrétaire générale du Syndicat autonome de la Fonction publique territoriale (SAFPT) Métropole-Ville de Nice, revient pour le JDD sur sa nuit aux commandes de la vidéosurveillance… Et se confie sur les pressions exercées par la place Beauvau.

Depuis quelques jours, la polémique enfle autour de la présence de la police nationale à Nice le soir du 14-Juillet. Dimanche, dans un entretien exclusif au JDD, Sandra Bertin, la chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice, accuse le ministère de l’Intérieur de l’avoir mise sous pression.
Quand le camion de Mohamed Laouhaiej-Bouhlel entre sur la Promenade des Anglais, ce 14 juillet, que voyez-vous sur vos écrans?
Je me rappellerai toute ma vie de cette heure-là : 22h33. J’étais devant les écrans du CSU avec les équipes. Nous recevons alors des policiers municipaux positionnés sur la Promenade le signalement d’un camion fou. Nous récupérons tout de suite son image à l’écran et nous demandons son interception. Le camion était lancé à 90 km/h, sans phares, sans qu’on l’entende à cause du bruit. Il contourne le barrage de la police municipale. Les équipes n’ont pas pu l’arrêter. On ne crève pas les pneus d’un 19 tonnes avec un revolver! A ce moment-là, d’autres policiers municipaux sont en civil dans la foule, qui se retrouvent face à lui. S’ils avaient été armés comme nos collègues de la police nationale, une de nos revendications, ils auraient pu le stopper. Le poids-lourd se retrouve finalement face aux policiers nationaux, qui tirent et le neutralisent. Il est 22h34.
« J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran »
La sous-direction anti-terroriste vous a demandé, le 20 juillet « l’effacement complet des enregistrements de vidéosurveillance » sur la Promenade pour cette nuit du 14 juillet afin d’éviter les fuites. Ce à quoi s’oppose la ville de Nice….
Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un représentant au CSU qui m’a mis en ligne avec la place Beauvau. J’ai alors eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’avais vu. Or la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos. Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par email une version modifiable du rapport, pour « ne pas tout retaper ». J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran. A tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère! J’ai finalement envoyé par email une version PDF non modifiable et une autre modifiable (…)
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Camille Neveux – Le Journal du Dimanche
http://www.lejdd.fr/Societe/La-policiere-responsable-de-la-videosurveillance-a-Nice-accuse-le-ministere-de-l-Interieur-798751

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