Nigeria : 82 lycéennes de Chibok enlevées en 2014 ont été libérées

Ces jeunes filles figuraient parmi les 200 adolescentes enlevées en avril 2014 par les djihadistes de Boko Haram. Libérées dans le cadre d’un échange de prisonniers, elles sont arrivées à Abuja.

Après trois ans de captivité, les voilà libres. Quatre-vingt deux lycéennes de la ville de Chibok, au Nigeria, qui avaient été enlevées en 2014 par le groupe djihadiste Boko Haram, ont été libérées samedi dans le cadre d’un échange de prisonniers.

Elles sont arrivées dimanche dans la capitale du Nigeria, Abuja. Après avoir atterri à l’aéroport de la ville, elles ont été emmenées sous escorte militaire.

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«Aujourd’hui, 82 nouvelles filles de Chibok ont été libérées (…) en échange de membres présumés de Boko Haram détenus par les autorités», a déclaré la présidence nigériane sur Twitter. «Des véhicules sont allés les chercher dans une forêt sans escorte militaire, et les ont ramenées à Banki à 17h30 (18h30 à Paris). Elles sont logées dans les barraquements militaires et partiront par avion vers Maiduguri (capitale de l’État du Borno) demain», avait ajouté cette source. Selon la présidence nigériane, elles devraient rejoindre Abuja dans la journée et seront reçues par le président Muhammadu Buhari.

Leur enlèvement avait eu lieu le 14 avril 2014, parmi un groupe de 276 adolescentes. Quelques temps après, 53 d’entre elles avaient pu prendre la fuite. Plusieurs personnalités, et notamment la First Lady Michelle Obama, ainsi que des anonymes, s’étaient alors mobilisées sous le mot d’ordre «Bring back our girls»(«Ramenez nos filles»).

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Trois d’entre elles avaient ensuite été retrouvées près de la forêt de Sambisa, l’une d’elle accompagnée de son mari, que l’armée a tout de suite soupçonné d’être un combattant de Boko Haram. En octobre 2016, 21 autres jeunes filles avaient été libérées, pour certaines avec des enfants nés en captivité, après des négociations entre Boko Haram et le gouvernement, avec l’aide du Comité International de la Croix-Rouge et de la Suisse. Depuis, aucune autre jeune fille n’avait été libérée. Une preuve de vie avait été envoyée en 2016 sous la forme d’une vidéo.

Le symbole des prisonniers de Boko Haram

Enoch Mark, père de deux jeunes filles enlevées, a témoigné samedi avoir été informé de la libération et du transfert des jeunes filles: «Nous avons été tenus au courant par le mouvement Bring Back Our Girls (BBOG) et par un officiel de l’État du Borno. C’est une excellente nouvelle pour nous», a-t-il confié.

«Les attentes sont grandes», a déclaré samedi soir BBOG dans un communiqué. «Nous nous réjouissons d’entendre de manière officielle que cette nouvelle est confirmée et vraie.»

Les lycéennes de Chibok sont devenues le symbole des dizaines de milliers de personnes encore détenues par Boko Haram, qui utilise le kidnapping de masse comme moyen de recrutement. Mi-avril, le Nigeria avait fêté avec tristesse le troisième anniversaire de l’enlèvement. Le porte-parole de la présidence Garba Shehu avait alors affirmé que la libération de 83 autres jeunes filles étaient en négociations, mais qu’elles étaient détenues par d’autres factions du groupe. Il avait ajouté que «des pays étrangers» et le CICR poursuivaient leur aide dans les pourparlers.

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