NIGERIA: LIBERATION DES 200 LYCEENNES OTAGES DE BOKO HARAM La société civile sénégalaise s’adjoint au vaste mouvement «Bring Back Our Girls»

nigeria_marche_contre_bokkoLa société civile sénégalaise s’est engagée dans le vaste mouvement international «Bring Back Our Girls» (‘’Ramenez-nous nos filles’’) déclenché depuis quelques jours pour la libération des 223 lycéennes nigérianes enlevées à la mi-avril.

Dans un mémorandum remis lundi 12 mai 2014,  à l’Ambassadeur du Nigéria à Dakar, 19 associations et organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme et de la femme ont fait part de leur indignation et leur préoccupation par rapport la situation que traversent ces enfants en captivités, aux mains des ‘’djihadistes’’ de Bokom Haram.

Après près de quatre semaines de silence, la société civile sénégalaise sort enfin de son mutisme. Elle s’est jointe, lundi 12 mai 2014, à la communauté internationale pour condamner et réclamer la libération de près 300 filles enlevées par la secte Bokom Haram dans l’établissement scolaire de Chibok dans l’Etat de Borno au Nord du Nigeria.
Habillés en rouge, des morceaux de tissus de même couleur sur la tête pour la plupart, des représentants de 19 associations et organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme et de la femme ont rallié dans la matinée d’hier l’Ambassade du Nigeria au Sénégal sise à l’avenue Cheikh Anta Diop.
Ces représentantes d’associations, en majorité des femmes, ont remis officiellement à l’Ambassadeur de la première puissance économique de l’Afrique de l’Ouest un mémorandum dans lequel elles font part de leur indignation et leur préoccupation par rapport à la situation de ces enfants en captivités, aux mains des djihadistes de Bokom Haram. Elles ont rappelé aux autorités de Lagos et à la communauté internationale leur obligation et responsabilité de protéger les enfants enlevés conformément aux textes internationaux en vigueurs.
Ainsi, dans une déclaration, dont la lecture a failli souiller cette première mobilisation de soutien du fait de l’opposition de la police qui évoquait l’absence d’autorisation de manifestation aux abords de cette chancellerie, ces associations ont exhorté les autorités d’Abuja à prendre toutes les mesures pour la libéralisation immédiate et sans conditions des otages. Aussi, les pays limitrophes, à savoir le Cameroun, le Niger et le Tchad, mais tous les acteurs concernés  notamment la Cedeao, l’Union africaine…, sont invités à coopérer avec le Nigeria et à s’impliquer activement dans ce dossier pour la libération des filles.
Fustigeant les pratiques de ce groupe armée qui dit agir au nom de l’Islam, les membres de la société civile convient notamment leur pair à agir et à mettre en place une action ou une campagne visant à sensibiliser la communauté internationale sur les violations des droits de l’homme commises par Bokom Haram. Sous ce rapport, ils ont exhorté les médias à recueillir et à informer de manière constante la communauté internationale sur le sort de ces filles. Avec cette mobilisation, ces associations de la société civile engagent ainsi «officiellement» le Sénégal dans le vaste mouvement international «Bring Back Our Girls» (Ramenez-nous nos filles) déclenché depuis quelques jours pour libération de ces 223 lycéennes nigérianes enlevées à la mi-avril.
Le jeudi dernier, des centaines de femmes nigériennes ont battu le macadam dans les rues de Niamey (Niger) pour demander «la libération immédiate» et le respect de la «dignité» de plus de 200 jeunes filles enlevées. Le même jour, dans une déclaration, le Vatican a exprimé sa «compassion» et son «horreur» sur les ondes de la Radio Vatican. Le porte-parole du pape, le père Federico Lombardi, a notamment déploré les «formes horribles de violence» qui caractérisent l’activité du groupe Boko Haram.
«L’enlèvement d’un grand nombre de très jeunes filles par les terroristes de Boko Haram vient s’ajouter aux autres formes horribles de violence qui caractérisent depuis longtemps l’activité de ce groupe au Nigeria», a-t-il ainsi dit avant de conclure que le Saint-Siège «s’unit aux nombreux appels pour leur libération et leur retour à des conditions de vie normales».
A ces voix, il faut également ajouter celle de l’Union mondiale des oulémas musulmans qui parle de «d’acte criminel». Par la voie d’un de ses prédicateurs, Youssef al-Qaradaoui, l’Union mondiale des oulémas musulmans, réputé proche des Frères musulmans, a condamné jeudi cet enlèvement au Nigeria et a demandé la libération des filles. «L‘Union condamne l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles au Nigeria. C’est un acte criminel (…) dont l’Islam est innocent».
Sur Twitter, Michelle Obama a manifesté sa solidarité avec les 200 lycéennes enlevées.  La First lady américaine a publié une photo portant un écriteau sur lequel est inscrit «bring back our girls» (rendez-nous nos filles). «Nous prions pour les Nigérianes disparues et leurs familles. Rendez-nous nos filles».
Boko Haram veut échanger les lycéennes contre des prisonniers
Dans une nouvelle vidéo diffusée hier, lundi 12 mai, le chef de Boko Haram, Aboubakar Shekau, certainement touché par cette vague d’indignation de la communauté internationale et des rumeurs sur les conditions de vie des otages, rompt le silence.
Il affirme avoir converti à l’Islam les 223 lycéennes nigérianes enlevées à la mi-avril. Joignant l’acte à la porale, il montre des jeunes femmes lors d’une prière collective avant d’exiger, en échange de leur libération, celle de prisonniers du groupe islamiste aux mains du gouvernement. Proposition que le ministère de l’Intérieur nigérian n’a mis du temps à récuser. «Il n’est pas question d’échanger une personne contre une autre. Ce n’est pas à Boko Haram et aux insurgés de poser leurs conditions», a résumé une responsable.

Nando Cabral Gomis

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