September 25, 2017
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Nouveaux soupçons de rassemblements d’extrême droite au sein de l’armée allemande

La ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen lors d’un point de presse sur la décision de l’Allemagne de livrer des armes aux Kurdes pour lutter contre l’Etat islamique,le 31 août 2014 à Berlin Photo Tobias Schwarz. AFP

L’armée allemande n’en finit par avec ses accusations de déviances d’extrême droite. Dernière affaire en date : une femme a décrit jeudi sur la chaîne ARD une soirée dans un champ de tir de Calw (Bade-Wurtemberg), où des soldats auraient pratiqué des saluts nazis, écoutés du rock d’extrême droite et disputé une épreuve sportive avec une tête de porc coupée, un symbole potentiellement islamophobe. Les faits, qui remonteraient au 27 avril, se seraient déroulés en présence d’une soixantaine de militaires des forces spéciales allemandes (KSK), les unités d’élite. La femme de 28 ans, qui reste anonyme, déclare qu’elle était venue de son plein gré pour participer à des ébats sexuels, en particulier avec le plus haut gradé, mais qu’elle ne s’y est pas adonnée, les soldats étant trop ivres pour la plupart.

L’armée aurait dû saisir la justice

Certains passages de ce témoignage demeurent sujets à caution :  des sources militaires rapportent ainsi au Spiegel que le salut tendancieux serait une référence à la Rome antique et non pas à l’époque nazie. Reste que la justice allemande prend l’affaire au sérieux. Le parquet de Tübingen a annoncé l’ouverture d’une enquête jeudi avant même la diffusion du reportage télé, et le parquet de Stuttgart, proche du lieu où les faits se seraient déroulés, pourrait lui aussi mener des investigations. Et il semblerait que les autorités militaires aient déjà commis une faute dans ce dossier, puisqu’elles avaient connaissance de cette soirée depuis le 13 juillet et n’ont pas saisi le procureur, comme la loi les y oblige.

Les liens entre l’extrême droite et l’armée allemande, la Bundeswehr, qui défraient régulièrement l’actualité depuis les années 50, préoccupent tout particulièrement le gouvernement, la police, la justice et l’armée elle-même depuis l’arrestation en avril d’un lieutenant soupçonné d’avoir planifié un attentat contre des réfugiés. L’homme de 28 ans, basé à la caserne franco-allemande d’Illkirch, près de Strasbourg (Bas-Rhin), un nostalgique de la Wehrmacht, l’armée nazie, se faisait passer pour un demandeur d’asile syrien et fréquentait un foyer pour migrants, où la justice pense qu’il avait l’intention de commettre son attaque. Lors d’une inspection dans cette caserne, des responsables militaires avaient découvert une pièce contenant des armes nazies qui aurait pu servir de point de rendez-vous à d’autres soldats.

Tensions politiques

En plus des affaires liées à l’extrême droite, la Bundeswehr fait face depuis le début d’année à plusieurs révélations sur des scandales sexuels ainsi qu’à des tensions internes entre la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen (CDU) et son état-major.

Le témoignage de jeudi sur la télévision publique pourrait prendre une tournure politique à cinq semaines des élections législatives, qui se tiendront le 24 septembre. Le président de la commission de la Défense au Bundestag, Hans-Peter Bartels (SPD) a déjà déclaré que les «soldats devaient défendre la démocratie, pas l’abîmer».

Pierre Carrey

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