Obama-Trump, les États-Unis à l’heure de la transition

obama-trumpVainqueur de l’élection présidentielle américaine, Donald Trump dispose de 73 jours pour préparer son arrivée à la Maison Blanche. Un processus qui ne peut se faire qu’avec la coopération de l’administration sortante de Barack Obama.

Après le marathon, le sprint. Au terme de 18 mois d’une campagne particulièrement âpre, l’élection présidentielle américaine entre dans une nouvelle phase : celle de la transition. Encadrée par le Presidential Transition Act, cette période d’entre-deux revêt un caractère crucial dans le processus puisqu’il doit permettre au futur président des États-Unis de déterminer, en très peu de temps, les grandes orientations de son mandat.

De fait, Donald Trump dispose de 73 jours pour préparer son arrivée à la Maison Blanche, le 20 janvier 2017. Un « laps de temps très court », au cours duquel « le président élu devra s’acquitter de tâches importantes : nommer les membres de son cabinet et ses principaux collaborateurs ; […] prendre connaissance des dossiers en cours ; élaborer des stratégies pour la mise en œuvre de son programme », écrivait en 2009 l’universitaire Stéphanie Gruet, dans la revue « Pouvoirs ». En termes de ressources humaines, le processus s’annonce donc lourd : d’après le site Internet américain Vox, entre 3 000 à 4 000 postes devront être renouvelés au sein des services publics durant cette période.

Une équipe (trop) restreinte

Comment Donald Trump s’apprête-t-il à gérer cette période pré-présidentielle ? Contrairement à sa rivale Hillary Clinton qui avait constitué, dès le mois d’août, une équipe de 12 personnes chargées de préparer l’éventuelle passation de pouvoirs avec l’administration Barack Obama, le candidat républicain, lui, est resté flou sur le nombre de collaborateurs missionnés pour faciliter son accession au pouvoir. Tout juste sait-on que c’est le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, qui présidera les travaux.

Autodidacte en politique, Donald Trump a mené campagne sans le soutien des caciques du Parti républicain. Celui qui a promis d’être « le président de tous les Américains » a donc un petit peu plus de 10 semaines pour procéder à des nominations dont le nombre dépasse largement le cercle très restreint de famille et de proches avec lequel il a remporté l’élection présidentielle. Trouver un nombre suffisant de collaborateurs constitue son premier grand chantier.

La profusion des décisions à prendre durant la transition est en tous cas à la hauteur de l’enjeu. Plus le président élu se montrera actif durant les quelques jours séparant son élection de son investiture, mieux il imprimera sa marque. « Dans les dix jours suivant son entrée en fonction, le président Barack Obama a signé neuf décrets présidentiels et neuf mémos couvrant toute une gamme de sujets, notait en 2010 Martha Joynt Kumar, professeure de sciences politiques à l’université de Towson. Peu après, il a signé des textes de loi relatifs à la parité des salaires, à l’assurance-maladie des enfants et à un programme de relance économique, tenant ainsi sans tarder des promesses importantes qu’il avait faites pendant la campagne électorale. »

Bush-Obama : une passation « extrêmement civilisée »

Du côté de l’administration sortante, les choses s’avèrent plus simples. Son rôle se délimitant peu ou prou à fournir au prochain locataire les renseignements et les dossiers nécessaires à sa prise de fonction. En dépit de leur inimitié, il est peu probable que la passation de pouvoirs entre Barack Obama et Donald Trump donne lieu à des blocages. Mercredi 9 novembre, au lendemain de l’élection, l’actuel président a invité son successeur à se rendre, jeudi, à la Maison Blanche afin de « faire le point sur le planning de transition sur lequel son équipe travaille depuis presque un an. Assurer une transition du pouvoir harmonieuse est l’une des priorités que le président a identifiées en début d’année, et rencontrer le président élu en est la prochaine étape ».

Comme l’observait Martha Joynt Kumar, depuis les attentats contre le World Trade Center, il existe en effet « un vaste consensus sur la nécessité d’une transition sans heurts pour les besoins de la sécurité nationale ». Ainsi, en 2008, rappelle The Atlantic, la transition entre l’équipe de George W. Bush et celle de Barack Obama s’était déroulée de manière « extrêmement civilisée ».

La bonne coopération qui prévaut entre deux administrations ne date toutefois pas du 11-Septembre. Stéphanie Gruet rapporte également qu’en 1977 le président républicain Gerald Ford avait facilité la prise de fonctions de son adversaire démocrate Jimmy Carter : « Le jour de l’élection de ce dernier, il lui fit transmettre 50 dossiers préparés à l’avance sur les principales politiques en cours de mise en œuvre par l’administration fédérale. » C’est ce que Barack Obama s’apprête à faire avec Donald Trump.

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