Obsèques de Mandela : L‘ultime adieu

À midi-quarante, ce dimanche, à l’heure où le soleil était haut dans le ciel du village de Qunu, le corps de Nelson Rolihlahla Mandela a été descendu dans sa dernière demeure, alors que coups de canons et vols de chasseurs de l’armée sud-africaine interrompaient le silence ému des habitants.

En préambule à cette cérémonie finale, le vice-président de l’Anc, Cyril Ramaphosa, avait prévenu que le corps «du plus grand fils d’Afrique du Sud», serait descendu à midi précise, conformément à la tradition Xhosa, culture d’origine de Nelson Mandela, qui a donc été légèrement écornée.

Dès l’aube, les premiers des 4 000 invités de ce dernier hommage étaient arrivés. Parmi eux, plusieurs chefs d’État, des célébrités, ainsi que l’archevêque émérite Desmond Tutu, qui a finalement fait le voyage, après avoir dit qu’il ne s’y rendrait pas faute d’invitation officielle.

Se sont succédés à la tribune, Ndaba et Nandi Mandela, deux des petits enfants de Mandela, le chef traditionnel Ngangomhlaba Matan­zi­ma, la présidente du Malawi Joyce Banda, son homologue tanzanien Jakaya Kikwete, le Premier ministre éthiopien Haile­ma­riam Desalegn, ou encore l’ancien président zambien Kenneth Kaunda, qui s’est livré à un discours théâtral et humoristique sur le système de l’apartheid.

«Un frère, un mentor et un leader»

Au premier rang, le président Jacob Zuma, était entouré de Winnie-Madi­kizela Mandela (à sa droite) l’ex-femme de Nelson Mandela, et sa veu­ve, Graca Machel, toutes deux vê­tues et coiffées de noir, visiblement très fatiguées et affectées, après dix jours de deuil. Comme souvent, le discours de Zuma a été sans emphase, convenu, ce dernier se tenant strictement à un texte qui tenait davantage du discours politique pour le soutien de son parti, le Congrès national africain (Anc), que de l’hommage personnel.

C’est d’Ahmed Kathrada, le vieil ami de Nelson Mandela rencontré à l’adolescence et qui a passé l’intégralité de sa détention à Robben Island à ses côtés, qu’est venu le discours le plus émouvant. Saluant «un frère, un mentor et un leader», il expliqué que pour lui, «ce n’était pas simplement un ami, c’était [son] grand-frère», la voix étranglée par l’émotion. «Ma vie est déserte et je ne sais plus vers qui me tourner».

jeuneafrique.com

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