OFNAC – Déclaration de patrimoine d’ici fin juin : Les ministres à la barre de Nafi

Macky Sall n’a visiblement pas changé d’orientation dans la lutte qu’il entend mener contre la corruption. Il vient ainsi de donner des instructions à la présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), Nafi Ngom, afin de recevoir avant fin juin les déclarations de patrimoine des ministres et autres autorités concernées par cette disposition.

D’ici la fin du mois de juin, les ministres de la République devront se présenter devant l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) pour procéder à la déclaration en bonne et due forme de leur patrimoine. «D’ici fin juin, le président de la Répu­blique m’a demandé de recevoir les déclarations de patrimoine du Premier ministre, des ministres et de toutes les personnes assujetties à cette démarche», a annoncé la présidente de l’Ofnac,  Mme Nafi Ngom, qui s’exprimait hier en marge de la cérémonie d’ouverture de la Conférence régionale sur les déclarations de patrimoine en Afrique de l’Ouest et du Centre.

La présidente de l’Ofnac, qui représente le nouveau visage de la lutte contre la corruption au Sénégal, souligne que son organisme va s’atteler à la tâche dès la fin des travaux de la conférence. Elle annonce ainsi que des propositions concrètes seront faites au président de la République pour orienter les décrets d’application qui vont encadrer la mise en œuvre de cette loi sur la déclaration de patrimoine adoptée par l’Assemblée nationale en mars dernier.

Pour le président de la Répu­blique, venu présider la rencontre, la lutte contre la corruption est un combat qui n’est pas facile. «Il s’agit avant tout de lutter contre soi-même face aux tentations, mais aussi de lutter contre des groupes organisés et puissants disposant de ressources énormes et d’influence à tous les niveaux.»

Evoquant également les réalités culturelles, Macky Sall souligne «qu’il faut combattre au quotidien notre environnement qui nous pousse à la faute et nos pesanteurs sociales qui considèrent que l’exercice du pouvoir est le seul moyen par lequel on doit se réaliser. Donc, ce n’est pas un combat contre certains groupes. Au contraire ! J’avais dit à mes partisans que la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), c’est nos prédécesseurs, mais l’Ofnac c’est nous».

Le Président Sall, qui souligne que «la corruption nuit à nos efforts de développement et fragilise nos institutions démocratiques», juge impératif d’ériger des garde-fous et que l’exercice du pouvoir public soit accompagné par la mise en place de règles de transparence et de codes de conduite, auxquels les agents publics devront se soumettre.

Dans cette démarche, l’Ofnac est appelé à jouer un rôle de premier plan. Sa présidente a réitéré à cet effet son caractère non élitiste. «L’Ofnac va écouter les populations à travers un numéro vert, une saisine directe et un site interactif pour recevoir les plaintes et les traiter. Cela implique que le citoyen soit au cœur de nos activités. Et chaque fois qu’une autorité administrative dit à un citoyen ‘’louma ci am ?’’

(Combien vous me donnez ?), ou qu’on demande de l’argent pour dispenser un service, le citoyen peut nous saisir et nous ferons des investigations et des enquêtes et nous pourrons transmettre le résultat directement à la justice. Nous en avons l’expertise, la conviction et le courage», lance Nafi Ngom.

Inefficacité des systèmes de déclaration de patrimoine
La rencontre de Dakar, qui réunit 16 pays d’Afrique en plus de la France et du Bhutan, va pendant trois jours permettre de discuter et d’échanger des expériences afin de bâtir un système performant de contrôle et de suivi des déclarations de patrimoine. En effet, selon les conclusions fournies par l’Organisation des Nations-Unies contre la drogue et le crime organisé (Onudc) dans les régions ouest et centre du continent africain, 65% de ceux qui sont responsables des systèmes de déclaration de patrimoine dans leur pays considèrent que leurs systèmes actuels ne sont pas efficaces.

Écrit par Mame Woury THIOUBOU

mamewoury@lequotidien.sn

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*