Ouragan Harvey: l’économie du Texas durement frappée

Un avion détruit par le passage de l'ouragan Harvey dans un aéroport près de Fulton au Texas, le 26 août 2017.
L’ouragan Harvey a fait de nombreux dégats lors de son passage comme ce dépôt de carburant à Seadrift au Texas, le 26 août 2017.

Deux personnes sont mortes et plusieurs ont été blessées au Texas suite au passage de l’ouragan Harvey, désormais rétrogradé en tempête tropicale. Des vents à 215 km/heure ont soufflé sur les côtes samedi, des milliers d’habitants ont fui à l’intérieur des terres et de très violentes inondations sont attendues dans les jours à venir. Les conséquences économiques risquent aussi d’être importantes.

Par précaution, un quart des installations pétrolières du golfe du Mexique ont été mise à l’arrêt avant le passage de l’ouragan. On ignore encore l’étendue des dégâts, mais d’ores et déjà l’agence fédérale des situations d’urgence estime qu’il faudra des années pour effacer les traces de ce désastre.

Le Texas, qui a pris l’ouragan de plein fouet, est, après la Californie, le deuxième Etat le plus puissant des Etats-Unis en matière économique. S’il était indépendant, son économie se situerait au rang de celle de l’Espagne ou du Canada.

Le Texas produit 20% du pétrole américain et 30% du gaz naturel. C’est aussi le deuxième Etat agricole avec notamment l’élevage bovin et le coton. Le taux de chômage y est inférieur à la moyenne du pays.

Et, depuis 30  ans le Texas a diversifié son économie. Il est devenu un centre névralgique du développement des nouvelles technologies, de l’électronique, des logiciels des biotechnologies et de la construction aéronautique. Le Texas assure 10% de la production électronique et 10% de la production de verre-ciment et briques « made in USA ».

ETATS-UNISINTEMPÉRIESCATASTROPHES NATURELLES: Ouragan Harvey: au moins deux morts au Texas et des inondations très «graves»
Un homme traverse une chaussée inondée, non loin de Rockport (Texas), le 26 août 2017
Plusieurs personnes s’agrippant à ce bateau en train de couler attendent leur sauvetage par un hélicoptère des gardes-côtes.

L’ouragan Harvey a fait au moins deux morts et plusieurs blessés au Texas, où le phénomène climatique le plus puissant à frapper les Etats-Unis depuis 2005, devenu une tempête tropicale, pourrait continuer à provoquer des inondations « extrêmement graves ».

Une personne est décédée après avoir « été prise au piège dans l’incendie de sa maison pendant la tempête » dans la région de Rockport, a déclaré à la presse un haut responsable du comté d’Aransas, sur la côte texane, en faisant état par ailleurs d’au moins douze blessés légers. Et à Houston, selon la presse locale citant la police, une femme s’est noyée en sortant de sa voiture dans une zone où le niveau des eaux était élevé.

Routes submergées par les flots, toitures de maisons envolées, panneaux de signalisation et lignes électrique à terre, branches d’arbres jonchant le sol… les stigmates de l’arrivée de Harvey sonnt nombreux. A Port Aransas, déserté par ses habitants, des bateaux se sont échoués au milieu des rues ou contre des bâtiments. « La plupart des endroits de la ville subissent des inondations. Ne pensez pas qu’il est sûr de conduire n’importe où dans la ville », a tweeté le chef de la police de Houston, Art Acevedo. Les autorités de Houston ont appelé les 2,3 millions d’habitants à rester chez eux, les rues s’étant transformées en rivières au débit rapide. « Il nous faudra des années pour nous remettre de ce désastre », a estimé le responsable de l’Agence fédérale des situations d’urgence Brock Long.

Progression lente et dangereuse

Après avoir accosté dans cet Etat du Sud vendredi soir en catégorie 4 – sur une échelle de 5 – l’ouragan a été rétrogradé pour n’être plus qu’une tempête tropicale avec des vents soufflant à 110 km/h, selon le Centre national des ouragans (NHC) samedi soir. Mais sa progression très lente, seulement 4 km/h, la rend très dangereuse car le déluge va continuer sur les mêmes régions quatre ou cinq plusieurs jours. « Des inondations extrêmement graves sont en cours », a prévenu le NHC. Selon le centre des ouragans, les pluies, pouvant atteindre jusqu’à 100 cm par endroits d’ici jeudi, provoqueront des « inondations catastrophiques et potentiellement mortelles ».

Le président Donald Trump, qui a signé dès vendredi une déclaration de catastrophe naturelle, a appelé samedi les équipes à « rester pleinement mobilisées », selon la Maison Blanche. « Nous ne laissons rien au hasard. La ville, l’Etat et le gouvernement fédéral travaillent parfaitement ensemble ! », a tweeté le président Trump, après un réunion avec ses conseillers.

Tempête « effrayante »
   
« C’est la tempête la plus effrayante de toute ma vie », a commenté Cherylyn Boyd, qui a aussi bravé les éléments en refusant de fuir à l’intérieur des terres comme l’ont fait des milliers d’autres habitants sous l’insistance des autorités. Alors que les opérations de secours ont commencé, le gouverneur du Texas Greg Abbott a fait état de « dégâts très importants », précisant que 230 000 foyers étaient toujours privés de courant, « et cela va durer plusieurs jours ».

Au moins 50 cm de précipitations sont tombées dans certaines zones, voire le double en certains endroits, a encore dit M. Abbott qui a visité un refuge à Austin, la capitale du Texas, accueillant des personnes évacuées, et évoqué « une pure tragédie ». « Certains ont vu leur maisons fauchées (par la tempête). Certains n’auront pas d’endroit où revenir », a-t-il enfin déclaré devant la presse.

« L’eau davantage une menace pour la vie que le vent »

« Nous avons déjà subi un coup sévère avec la tempête mais nous en anticipons un autre avec les inondations qui vont arriver de l’intérieur des terres » où Harvey s’est ancré, a indiqué le maire de Rockport, C.J. Wax sur la chaîne CNN. « Les mêmes endroits vont recevoir la pluie pendant les prochains jours », a en effet relevé auprès de l’Agence France-Presse Brian McNoldy, chercheur sur les ouragans à l’université de Miami. « C’est assez inhabituel » qu’un ouragan fasse du sur-place. Pour le National Weather Center, le danger est « encore bien réel » car « historiquement, l’eau est davantage une menace pour la vie que le vent ».

(avec AFP)

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