PAD – Attribution du môle 8 à Necotrans : Les députés s’associent «au combat»

Une quinzaine de députés ont visité hier les Môles 5 et 8 du Port autonome de Dakar. L’objectif de la tournée a été  de constater et d’apporter leur soutien aux consignataires et manutentionnaires dont  les sites ont été attribués à Necotrans.

La guerre est totale au Port autonome de Dakar (Pad). Les députés ont apporté hier leur soutien aux employés et manutentionnaires  du Pad qui dénoncent l’attribution du Môle 8 à Necotrans.  

Composés d’une quinzaine de députés majoritairement de l’opposition, ils ont visité les Môles 5 et 8 pour apporter leur soutien aux Sénégalais engagés dans une lutte sans merci contre la concession portuaire accordée à la société française.

Sous un soleil ardent, ces élus du peuple ont pu constater les investissements des différentes sociétés minières sénégalaises installées sur ces sites où  l’Etat du Sénégal a accordé le monopole à la société Necotrans.

Certaines entreprises sénégalaises, pour faire entendre leur voix, ont fait appel aux députés qui ont promis à l’issue de  la visite de combattre «avec eux cette injustice». A les en croire, «cette société n’a investi aucun franc là où les sociétés sénégalaises ont investi des milliards». Alors que les différentes sociétés  emploient prés de 3000 personnes, «Necotrans  promet seulement 55 à la place».  

«Ce qui constitue une perte d’emploi pour les pères de famille.  Aussi, là où les sociétés sénégalaises facturent le tonnage à 1500 francs Cfa, Necotrans le fera à 4000 francs Cfa», expliquent les travailleurs. Selon Youssoupha Diaw, syndicaliste délégué de personnel des Industries chimiques du Sénégal (Ics), le directeur du Pad leur a «demandé de déguerpir du quai 81  sans explications». «Si les anciens concessionnaires qui y sont depuis 30 ans  ont un bateau, ils paieront à Necotrans pour qu’il leur débarque leur bateau, ce qui est une aberration», estime-il.

Le son de la complainte est le même du côté des employeurs. Ils estiment qu’ils ont investi plus de 3 milliards de francs Cfa et respecté leur part du contrat auprès de l’Etat et «ne vont pas se laisser faire et appellent  l’Etat à respecter la sienne».

«L’actuel régime n’a pas été le signataire du contrat qui nous lie avec Pad, tout de même, l’Etat reste une continuité», ont-ils fait savoir.

Passablement agacée, Hélène Tine étouffe de rage : «La situation qui prévaut dans l’affaire Necotrans est une situation inacceptable. Nous ne pouvons comprendre qu’un site qui est déjà concédé à d’autres entreprises qui y ont investi des milliards soit attribué aujourd’hui à Necotrans.»

«Qu’on vienne demander à toutes les sociétés qui ont déjà investi de déguerpir pour laisser la place, à une autre, ce n’est pas possible et c’est inné. Cette situation va progressivement tuer les industries minières sénégalaises», alerte la députée.

Au bout de son raisonnement, elle interpelle le chef de l’Etat : «Dans  un pays de droit,  on ne peut pas priver les entreprises sénégalaises et leurs employés de leur travail et de leur gagne pain au profit d’une firme étrangère et sur des bases totalement antidémocratiques», renchérit Mamadou Mbodj du M23. «Nous demanderons à tout le peuple sénégalais de se mobiliser pour combattre cette injustice pour dire non transparence, à la forfaiture et à l’antipatriotisme économique», ajoute  M. Mbodj.

Par ailleurs, le directeur de la Fsvt déplore le procédé utilisé par les autorités portuaires. Exaspéré, M. Coumé dit : «Le directeur du Port s’est levé et a dit sans explications qu’il a amené un autre qui va faire le travail à notre place. On aurait pu comprendre qu’il y ait un appel d’offre ou une consultation. Mais non, vous appelez quelqu’un  et lui dites : venez, on vous donne et dans 24 ans vous allez investir

  • Écrit par  Khady SONKO

ksonko@lequotidien.sn

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