Pape Diokhané, codétenu de feu Cheikh Mawlany Sané : « l’un des gardes se tenait debout sur son cou »

Les faits se précisent dans l’affaire dite Cheikh Mawlany Sané du nom du détenu de la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Rebeuss mort dans d’étranges circonstances. La thèse de l’homicide suite à des actes de tortures déjà confortée par le rapport de l’autopsie, est confirmée par l’audition de trois (3) détenus qui partageaient la même chambre que le défunt. Ces derniers mouillés dans le scandale, enfoncent les gardes pénitentiaires dont l’un d’eux pour « maîtriser Cheikh Mawlany Sané se serait tenu sur son cou ». rebeuss

Enième horreur dans la mort du détenu Cheikh Mawlany Sané. Deux (2) gardes pénitentiaires mis aux arrêts en même temps que trois codétenus du défunt prisonnier, ces derniers enfoncent les « matons ». En effet, Pape Diokhané, caïd en détention depuis 2009 pour vol aggravé et association de malfaiteurs qui fait office de chef de chambre qu’il partage avec 237 autres détenus dont Boubacar Bangoura à Rebeuss depuis 2012 pour les faits de viol collectif aux Parcelles Assainies sur une caporale de l’armée nationale et Ngouda Cissé  accusé de meurtre perpétré en 2008, tous interpellés mardi dernier par les limiers de la Sureté Urbaine (SU) racontent comment Mawlany a été torturé à mort.

Ce jour-là, révèlent-ils ce dernier a été extrait le matin de la cellule pour être conduit au Tribunal régional de Dakar où il devait faire face au juge des flagrants délits. Au terme du procès, il a été ramené à la prison après que son dossier a été mis en délibéré. Seulement, signalent-ils, aux environs de 03 heures du matin, le détenu Cheikh Mawlany Sané était comme entré en transe. Excité, il délirait et criait qu’il voulait rentrer chez lui. Devenu hystérique, il a quitté son emplacement et s’est placé près de la porte qu’il tambourinait. Importunés renseigne Pape Diokhané, Cheikh Mawlany Sané a été pris à partie par lui et ses voisins de chambre qui ont tenté de le calmer en vain. Ils l’ont ligoté à l’aide à l’aide de filets de toilette en nylon, « ndjampé » en wolof. Les détenus ont ensuite frappé à la porte pour alerter les deux (2) surveillants que sont Thomas Faye et Pape Mor Diamé que sont présentés en usant de leurs biceps pour extraire Cheikh Mawlany de la chambre et le conduire vers une destination qu’ils ignorent.

Quelques temps après, les gardes le ramènent dans la chambre. Le hic, le défunt ne s’était pas calmé pour autant. Le tapage continuait et prenait une autre proportion indiquent les détenus qui ont une fois de plus alerté les gardes. Une fois dans la chambre, dit Diokhané, l’un des « matons » noir de colère et l’autre avec un fil électrique, Cheikh Mawlany Sané leur oppose une farouche résistance et pour le contraindre à s’exécuter, l’un le maîtrise en se tenant debout sur son cou. Ils sont parvenus à l’extraire pour le faire sortir à nouveau de la cellule qu’il a réintégré quelques temps après calmé et il semblait affecté.
Le lendemain samedi, il a demandé à être conduit à l’infirmerie, seulement la même nuit il a récidivé avec sa crise d’hystérie importunant une fois de plus ses compagnons de cellule qui pour le faire taire, n’y sont pas allés de main morte pour le maîtriser. Ils ont plongé des objets dans sa bouche avant de le bâillonner encore avec du « ndjampé ». Un acte qui lui sera fatale.

Mis devant ces faits, les gardes pénitentiaires ont tout nié. Ce qui n’a pas empêché leur déferrement devant le parquet en compagnie de Pape Diokhané, Boubacar Bangoura et Ngouda Cissé, livre le journal « l’observateur ».

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