PAPE DIOP: «Le départ de Macky Sall est une exigence du peuple»

Pape Diop, Président du parti Bokk Gis-Gis, est allé hier lors d’une tournée, à l’écoute des populations de Thiès, la ville de son enfance où il a fait ses humanités, de l’élémentaire au lycée (El Hadji Malick Sy). Il note que les leaders de l’opposition doivent se regrouper autour de 4 grands pôles pour faire partir le Président Macky Sall. Aussi a-t-il jugé le retrait de Me Mame Adama Guèye de la course au fauteuil présidentiel comme une décision très sage. «J’invite certains candidats à faire bloc autour des candidatures crédibles pour faire partir Macky Sall. Aujourd’hui, si vous prenez 10 Sénégalais, un seul est avec Macky Sall. Les 9 ne lui sont pas favorables», signale-t-il. Et d’embrayer : «Dernièrement, j’étais à Paris dans un restaurant, un ministre qui m’a reconnu est venu me saluer. Nous avons commencé à discuter de la situation du Sénégal. Quelqu’un a proposé de faire un sondage pour voir l’état d’esprit des Sénégalais. Sur l’ensemble des Sénégalais présents, seul ce ministre était favorable à Macky Sall. Aujourd’hui, le camp du pouvoir n’est pas conscient de l’état d’esprit des Sénégalais. Le Sénégal va mal». Pour l’ancien maire de Dakar, Macky Sall et ses hommes ne sont pas conscients du mal vivre des Sénégalais. C’est pourquoi ils parlent de Programme d’urgence et de développement communautaire (Pudc), de Couverture maladie universelle (Cmu), entre autres, qui n’ont malheureusement pas d’incidence sur le vécu des Sénégalais. Il révèle que tous ces projets ont été initiés par l’ancien Président, Me Abdoulaye Wade. «L’Etat est une continuité. Macky Sall n’a pas fait le 1/100 de ce que Wade a fait en termes de réalisations. Il faut donc qu’il sache raison garder parce qu’il met en exergue ces projets comme s’il était l’initiateur qui a fait les études et recherché les financements», conseille-t-il.

«Si vous prenez 10 Sénégalais, un seul est avec Macky Sall»

Pape Diop a regretté que le régime en place s’enorgueillit d’avoir porté le budget du Sénégal à 4000 milliards FCfa, au moment où le peuple a faim et soif. «Me Wade a trouvé le budget du Sénégal à 700 milliards FCfa. Il l’a laissé à 2500 milliards FCfa. La croissance n’est pas un bilan. Demain, le président de la République qui viendra pourra porter le budget à 5000 milliards FCfa. Ce qui est logique, parce que la Douane et les impôts et domaines doublent leurs recettes chaque année. J’ai trouvé 18 milliards FCfa à la mairie de Dakar. J’ai porté le budget à 35 milliards FCfa à mon départ. Je ne l’ai pas mis dans mon bilan. Il faut que Macky Sall et ses hommes arrêtent de dire qu’ils ont porté le budget à 4000 milliards FCfa. Cela n’a aucun impact sur le vécu des Sénégalais», soutient-il. Pape Diop a expliqué aux populations son projet de société une fois élu à la tête du Sénégal. «J’ai fait deux fois le tour du Sénégal. Et je me prépare à faire une tournée dans les 45 départements du Sénégal. C’est normal d’aller vers les populations pour un contact direct avec elles pour une meilleure compréhension de mon projet de société», confie-t-il. Il a réitéré sa volonté de faire un seul mandat de 5 ans. Il note que le Sénégal a un problème de rééquilibrage de sa Constitution, puisqu’il y a trop de concentration de pouvoir entre les mains du président de la République dans un pays où l’Assemblée nationale ne joue pas pleinement son rôle. Et l’indépendance de la Justice pose un problème, avec la gestion chaotique des affaires Khalifa Sall et Karim Wade. «C’est à partir de ces constats que j’ai pensé que les réformes constitutionnelles sont nécessaires et salutaires. Ce serait une bonne chose d’avoir un Président qui ne serait plus chef de parti ou du Conseil supérieur de la magistrature», signale-t-il. Pour lui, il faut des corps de contrôle autonomes qui soient en mesure de faire le travail pour lequel ils ont été créés. «Je ne crois pas aux corps de contrôle qui rendent compte directement au président de la République, qui fait ce qu’il veut des rapports qui sont produits. Je ne m’arrêterai pas aux réformes institutionnelles. Dans le cadre de la décentralisation, il faut faire des corrections par rapport aux compétences transférées pour arriver à de vrais pouvoirs locaux. Aujourd’hui, les maires du Sénégal sont critiqués par les populations. En vérité, ils n’ont pas les vraies possibilités qui devaient les conduire à opérer des ruptures dans leurs localités. Il faut que l’Etat accepte de lâcher les ressources dédiées aux compétences transférées», suggère-t-il. Il propose que la commande publique soit décentralisée comme le Budget consolidé d’investissement (Bci). Ce qui va stimuler une économie locale. Car tout ce qui se fera dans le périmètre régional conduira les entreprises immatriculées dans le même territoire à pouvoir postuler. «On ne peut pas continuer à donner les marchés au niveau de Dakar et qui sont captés par des gens qui les sous-traitent», indique-t-il. En sus de ces réformes, Pape Diop invite à pacifier le champ politique pour donner confiance à tous les acteurs sur le processus électoral. «Si le président de la République veut opérer ces ruptures, il ne doit pas regarder un second mandat. Sinon, il risque de tout fausser», renseigne-t-il. Il a vigoureusement condamné les scandales à milliards dans la gouvernance du Président Sall. «Pour 187 kilomètres, le Nigéria a dépensé un peu moins de 800 milliards FCfa pour avoir son Train à grande vitesse (Tgv). Pour 57 kilomètres, le Sénégal a dépensé 1200 milliards FCfa pour le Train express régional (Ter). Le building administratif, avec un budget initial de 15 milliards, est passé à 35 milliards FCfa. Le Centre international Abdou Diouf a coûté 60 milliards FCfa», dénonce-t-il. Pour lui, le départ de Macky Sall est plus que jamais une exigence.

igfm

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