PAPE DIOP : «MACKY SALL PENSE QU’ON GERE UN PAYS PAR LA FORCE» « KARIM WADE…A LE DROIT DE S’INSCRIRE SUR LES LISTES COMME TOUT LE MONDE »

Sans trop de bruit, l’homme tisse sa toile en perspective de l’élection Présidentielle de 2019. Ancien président de l’Assemblée nationale, le leader de Bokk Gis-Gis reste convaincu que pour barrer la route à Macky Sall, l’opposition doit faire bloc autour de candidatures crédibles, à défaut d’avoir un candidat unique. Toutefois, l’ancien maire de Dakar précise qu’il ne se rangera pas derrière un candidat imposé par le Président Wade. Dans cet entretien accordé à L’Obs, le Président de Bokk Gis-Gis est revenu sur les préparatifs de sa formation politique en direction de la Présidentielle de 2019, l’affaire Karim Wade, la situation économique du pays, entre autres. Entretien.

Monsieur le Président, vous avez entamé des tournées politiques à l’intérieur du pays en direction de la Présidentielle de 2019. Quel bilan d’étape tirez-vous ?

Nous avons entamé ces tournées depuis la création du parti. Nous voulions avoir un parti bien implanté dans le territoire national. Ce qui nous a poussés à parcourir la moitié du pays tout juste après la création du parti. Cela nous a permis d’aller aux élections locales de 2014 et d’en sortir avec une représentation honorable. Je viens ainsi d’une tournée dans le Saloum, plus précisément dans la région de Kaffrine, où nous avons pu reconquérir des zones qu’on avait perdues. Ce sont des communes qu’on avait gagnées en 2014 et après, les maires ont rejoint l’Apr. Mais nos bases se sont remobilisées, particulièrement dans la commune de Ndioum Nguenth. Partout où nous allons, c’est la même situation. C’est le résultat de nos tournées et nous pensons qu’il y a une réelle satisfaction. Et je vais reprendre bientôt les tournées internationales et là, je me prépare (entretien a eu lieu mercredi) pour aller aux Etats-Unis. Je vais d’abord assister au «Bamba day» avant de faire un meeting à New York et après, poursuivre mes visites politiques. Au retour, je compte faire une dernière fois les 45 départements du pays, pendant le parrainage, avant la précampagne.

Si vous décidez d’être candidat, irez-vous seul ou en coalition ?

Présentement, il y a beaucoup de partis et mouvements avec qui nous discutons et qui souhaitent faire une coalition avec moi. C’est pourquoi forcément, j’irai dans une coalition, parce qu’aujourd’hui, j’ai au moins une vingtaine de formations qui sont disposées à aller en coalition avec nous. Monter une coalition n’est pas difficile, mais il faut un programme minimal, discuter avec les partenaires et mettre en place une structure où chaque entité aura sa place et ses responsabilités. C’est pourquoi je suis en train de discuter tous les jours sur la forme de cette coalition et le programme minimal. J’ai demandé à tous ceux qui ont décidé de venir avec moi de réfléchir sur le programme que nous allons présenter aux Sénégalais.

Me Abdoulaye Wade avait appelé à un grand rassemblement de l’opposition, surtout aux retrouvailles des libéraux. Le Secrétaire général de «Rewmi» a également invité tous les libéraux à se joindre à Idrissa Seck. Etes-vous partant pour cette démarche visant à créer un seul bloc des libéraux pour faire face à Macky Sall ?

Le Président Wade, c’est notre maître à tous. S’il demande un rassemblement des libéraux, je ne dirai pas non. Mais j’attends de voir de quoi il s’agit. Si tous les libéraux de l’opposition sont d’accord pour un candidat, je serai partant. Mais si les autres appellent à un rassemblement autour d’eux, moi aussi je vais tracer mon sillage. Il y a une autre forme qu’on peut utiliser. C’est-à-dire que nous pouvons être candidat, mais faire une déclaration sur l’honneur que s’il y a un second tour, de soutenir celui qui est le mieux placé. Je suis prêt, si je ne suis pas au second tour, de soutenir le candidat le mieux placé. Parce que je crois au rassemblement, sans lequel nous ne pourrons pas vaincre Macky Sall. Pour ce qui est de Me Wade, il a les qualités de faire cet appel et d’être même le patriarche de ce rassemblement pour nous conseiller.

Vous attendez qu’il vous désigne un candidat ?

Non, je ne parle pas de ça. Puisqu’aujourd’hui parmi les libéraux, il y a le Pds, Rewmi, Bokk Gis-Gis, etc. Et nous n’avons pas de problème que le Pds ou le Rewmi désigne leur candidat. Si tous les libéraux se réunissent et réfléchissent sur une candidature unique, nous sommes d’accord. Mais je ne dis pas si que le Président Wade désigne un candidat je me range derrière lui.

Quelle stratégie efficace l’opposition doit-elle mettre en place pour assurer ses chances de battre Macky en 2019 ?

Le président Macky Sall a un peu aidé l’opposition et le vote de la loi sur le parrainage va régler le problème. Nous allons peut-être vers 4 à 5 candidatures. Ce qui nous permettra de mettre en place des rassemblements pour faire face à Macky Sall. Sinon on allait se retrouver avec 50 candidats et le vote serait très éclaté. Au fond, nous avons été contre la loi sur le parrainage par principe, mais avec le recul, on s’est rendu compte que s’il n’y avait pas cette loi là, l’élection présidentielle serait très compliquée. Donc, cette loi arrange l’opposition, puisqu’on va se retrouver avec 4 ou 5 candidats crédibles et tous ceux qui avaient déjà déclaré leur candidature et qui ne pourront pas être parrainés, vont se ranger derrière les autres.

Le parrainage est alors un mal nécessaire ?

Oui la loi sur le parrainage est un mal nécessaire. Parce qu’exclure de potentiels candidats à la Présidentielle ce n’est pas la démocratie. Mais organiser une bonne élection, c’est aussi un devoir. Donc la loi sur le parrainage est un mal nécessaire.

Quelle lecture faites-vous de la sortie de Me Robert Bourgi, qui voit le président Macky Sall vainqueur de la Présidentielle ?

Quand des étrangers viennent parler à la place des Sénégalais, ça nous fait rire. Nous connaissons le Sénégal, les Sénégalais et leurs problèmes mieux que Robert Bourgi. C’est pourquoi je n’accorde aucun crédit à ses déclarations. Nous sommes Sénégalais et nous connaissons bien ce que vivent nos compatriotes. Je connais très bien Robert Bourgi. Ce qu’il dit c’est son opinion, mais il est passé à côté. Il a raté l’occasion de se taire. Parce que nous sommes convaincus que le Président Macky Sall ne pourra pas gagner ces élections. Il n’a pas un bilan qui le lui permet et il n’a rien fait durant son mandat. Partout où nous passons, nous constatons que les Sénégalais sont fatigués. Le monde rural traverse une crise profonde. Donc, Robert Bourgi ne sait pas ce que les Sénégalais sont en train de vivre. Pour que le Président Macky Sall gagne les élections à la suite de cette situation, ce sera une très grande surprise. Le pays n’est pas dans la meilleure situation pour permettre un candidat sortant de pouvoir dérouler comme il veut.

Macky Sall est jugé comme un homme dur qui quand il prend des positions, ne recule pas. Pensez-vous que c’est une bonne attitude pour un Président ?

Macky Sall a toujours gouverné comme ça. Il pense que c’est la force qui gouverne, alors que c’est par des idées qu’on gère un pays. Mais malheureusement, c’est ça, Macky Sall ne changera pas. Il ne connait pas le dialogue ni la concertation. Il fait du saupoudrage avec sa journée de concertation sur le pétrole pour montrer à l’opinion internationale qu’il est un homme de dialogue. Il a déjà signé tous les contrats, il veut que les gens dialoguent sur quoi ? Un dialogue national suppose des commissions qui vont travailler sur des thèmes, qui déboucheront sur des conclusions. Contrairement à cela, il a réuni les gens qui lui ont tressé des lauriers toute la journée en lui faisant croire qu’il a découvert le pétrole. Alors que Wade l’avait déjà découvert, mais il ne voulait pas de la malédiction du pétrole. C’est pourquoi le prochain président va revoir tous les contrats signés par Macky Sall autour du pétrole et du gaz. Ce sont des ressources qui appartiennent aux Sénégalais et personne n’a le droit de faire ce qu’il veut avec ce patrimoine.

Vous pensez que les Sénégalais ont été bernés ?

Il y a beaucoup de nébuleuses dans ces contrats sur le pétrole. Il y a l’affaire Pétrotim, la démission du ministre Thierno Alassane Sall… Nous n’accepterons pas qu’on joue avec nos ressources.

L’inscription de Karim Wade sur les listes électorales a été rejetée par les services du ministère de l’Intérieur. De fait, sa candidature à la Présidentielle 2019 ne peut plus passer. Quelle lecture faites-vous de tout cela ?

C’est de l’arbitraire pur et simple. Karim Wade est un Sénégalais qui a le droit de s’inscrire sur les listes comme tout le monde. D’autant plus que sa condamnation ne lui enlève pas ses droits civiques et politiques. A ce titre, il a le droit de s’inscrire et d’aller à la conquête des suffrages des Sénégalais, comme tout le monde. Cependant, je ne sais pas encore sur quelle base juridique ils se sont fondés pour rejeter son inscription. Mais les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, ne sont pas d’accord avec l’attitude du gouvernement par rapport à cette question. Cela ne nous surprend pas de Macky Sall, parce qu’il gouverne comme un despote. Mais j’ai l’impression qu’il veut éliminer tous les potentiels candidats. Il cherche à éliminer Karim Wade et Khalifa Sall par le truchement de la Justice. Et nous les autres leaders, on n’est pas épargnés, parce que nous ne savons pas encore ce que le parrainage nous réserve. Puisqu’un de nos responsables à Saint-Louis nous a rendu compte qu’on leur a fait savoir lors d’un séminaire de formation avec le Gouverneur de ladite localité, qu’il n’y a plus de signature pour le parrainage. On ne sait pas où est-ce qu’ils veulent aller. Ils ont toutes les données des gens, sauf leur signature. Donc, s’il n’y a pas de signature, on peut utiliser les données de n’importe quel citoyen. Ça n’inspire pas confiance. Mais je suis surpris, le Macky Sall que je connaissais n’est pas celui d’aujourd’hui.

Le chef de l’Etat et son homologue chinois ont inauguré l’Arène nationale. Tantôt on parle de don, tantôt de financement…

Depuis que Macky Sall est à la tête du pays, il n’a réalisé aucun projet. Tout ce qu’il est en train d’inaugurer, c’étaient des projets du Président Wade et même la nouvelle ville de Diamniadio, c’était l’idée de Wade. Macky Sall a voulu créer trop de slogans qui n’ont rien apporté au finish. Et si on prend un à un tous les projets, on n’en verra pas un seul qui a été initié, démarré et réalisé par le Président Macky Sall. Pour ce qui est de l’Arène nationale, beaucoup de Sénégalais savent que c’est en 2008 que l’Etat du Sénégal a signé avec la Chine la rénovation des stades et l’Arène nationale en faisait partie. En tant que président du Sénat, j’ai convoqué l’architecte dans mon bureau, avec les plans de l’Arène nationale. Le Sénégal avait signé avec la Chine, pour l’Arène nationale et la rénovation des stades. Ils n’ont qu’à sortir le protocole pour voir qui a signé et qu’est-ce qui a été signé.

Et pourquoi parle-t-on de don ou de financement de 32 milliards FCfa ?

A ma connaissance, l’Arène nationale faisait partie du lot de la rénovation des stades. Dans un premier temps, c’était privé et il y avait des promoteurs chinois qui étaient intéressés par le stade Assane Diouf. Quand ils sont venus pour la première fois, le Président Wade m’a convoqué dans son bureau, avec le groupe d’experts de l’entreprise chinoise. Nous avons discuté et j’ai dit au Président, qui ne le savait pas, que ce stade est pour la Ville de Dakar. Il m’a donc suggéré de discuter avec ces promoteurs et de voir ce qu’il est possible de faire pour la ville. C’est après que le projet de rénovation des stades a été initié et c’est dans ce package qu’il y a eu l’Arène nationale. Je ne sais pas maintenant avec l’arrivée de Macky Sall, ce qui a été négocié. Mais j’ai été surpris quand j’ai entendu parler des 32 milliards FCfa dépensés pour la construction de l’Arène nationale.

Le Parti démocratique sénégalais (Pds) menace que si son candidat déclaré, Karim Wade, n’est pas candidat, il n’y aura pas d’élection. Ne craigniez-vous pas que le pays bascule dans l’irréparable ?

Je lance un appel au Président Macky Sall pour qu’il revienne à la raison, en permettant à tous ceux qui le souhaitent et qui sont parrainés, de se présenter à cette élection. Pour nous épargner les difficultés auxquelles on pourrait être confrontées. Je crois que dans le même temps, le Pds reviendra à la raison pour chercher une voie pacifique, qui permettra à leur candidat de pouvoir se présenter à cette élection.

Dans la perspective de la deuxième phase du Pse, le gouvernement entend dépasser le taux de croissance de 7% et créer 500 000 emplois entre 2019 et 2024. Pensez-vous qu’il sera capable d’atteindre ses objectifs ?

Dans un pays, si on veut avancer, il y a des préalables, des signes annonciateurs, composés de plusieurs facteurs. Il y a aujourd’hui une situation par rapport à la dette intérieure, à laquelle l’Etat ne peut pas faire face, parce qu’il n’a pas ce qu’il faut. Il ne s’agit pas d’une sortie de ministres pour calmer le jeu, mais si l’argent est disponible, l’Etat doit procéder au paiement de toute cette dette intérieure. Les opérateurs semenciers n’ont pas jusqu’à ce jour été payés. Cela montre dans quelle situation nous sommes. Par rapport au taux de croissance, ils ont toujours utilisé du faux pour arriver à ce taux de croissance. Parce qu’il y a des paramètres qui entrent dans le calcul des taux de croissance, les productions en font partie. La production arachidière est toujours gonflée, de même que celle du riz. Quand j’ai mené mes enquêtes, j’ai découvert qu’ils ont déclaré 7 tonnes à l’hectare. Alors que tous les paysans que j’ai rencontrés me disent qu’ils n’arrivent même pas à 3 tonnes à l’hectare. Pour le riz, c’est la même situation. Déjà, ces deux productions faussent tout simplement le calcul de la croissance. En dehors de cela, il y a l’exportation des fruits et légumes, on nous parle maintenant de 300 000 tonnes et 50 000 tonnes pour la mangue. Nous avons un mauvais rendement en termes de production de mangues. En Afrique du Sud, le taux de rendement est de 27 tonnes à l’hectare. Ici, c’est 3 tonnes à l’hectare plus la consommation nationale. Donc, on peut facilement démonter ces thèses. C’est pareil pour l’arachide. L’année dernière quand les Chinois et les Turcs étaient là, les chiffres de l’État ont donné 380 000 tonnes pour l’exportation et les huiliers. Et en prenant la consommation nationale et les semences, on n’arrive même pas à 600 000 tonnes. Alors que l’Etat avait déclaré 1 million 200 mille tonnes, l’année dernière. Où est donc passée cette différence, ce n’est pas possible. Et c’est la même chose pour la mangue et tous autres produits exportés. Il y a une manipulation manifeste. Les Institutions internationales ne savent pas que nous avons ces productions-là. Justement, le taux de croissance devrait se refléter sur le vécu des Sénégalais, mais c’est le contraire.

Et pourquoi, elles confortent les chiffres avancés par le gouvernement ?

Elles ne regardent que les chiffres présentés par le ministère des Finances et ne vont pas sur le terrain. Parfois, ils viennent, rendent visite au président de la République et ça s’arrête là, puis elles reprennent l’avion. Ce sont les experts du ministère des Finances qui affinent les chiffres.

Cela est donc dangereux pour les économies africaines ?

C’est pour cette raison que l’Afrique n’avancera jamais. Chacun fait ce qu’il veut pour consolider sa position. C’est partout pareil. Un taux de croissance doit se refléter sur toute l’économie du Sénégal. Aller voir dans les marchés, les gens ne mangent plus à leur faim. On devrait se mettre en face de la réalité et essayer de voir qu’est-ce qu’il faut faire pour avancer. Mais tant qu’on est là pour avoir la possibilité de manipulation des chiffres, on ne trouvera pas la voie qui mène vers le salut. On restera sur place et on fera toujours la même chose pour présenter un dossier à la Banque mondiale ou au Fmi. Je fais toujours des enquêtes dans le monde rural, je connais à peu près ce qui se passe. J’ai été le premier à avoir initié le blé au Sénégal, le Président Wade l’a dit. Parce que je me suis toujours intéressé à l’autosuffisance alimentaire. Un pays comme le nôtre a des possibilités. Nous avons des opportunités en matière de ressources hydrographiques. Notre sous-sol regorge d’eau, malheureusement, on ne fait rien pour exploiter ces potentialités. Nous avons une agriculture de trois mois sur douze et puis on se satisfait de ça. Tous les ans, nous avons des problèmes de semences, d’engrais. Et après ça, c’est la commercialisation qui fait défaut. On ne peut pas avancer dans ces conditions-là. Tous les problèmes qu’on a constatés dans la commercialisation de l’arachide prouvent que l’Etat n’a pas d’argent pour y faire face.

Vous confirmez que l’Etat a donc un réel problème de trésorerie ?

Mais oui ! Quand je le disais, c’était à trois mois avant l’intervention de Mamadou Lamine Loum (ancien Premier ministre sous Diouf) qui est venu me confirmer. Moi je suis du milieu économique. J’ai toutes les informations économiques. La situation économique du moment n’est pas bonne. Il y a une chose que certains ignorent. Dans l’accord signé avec les enseignants pour qu’ils retournent dans les classes pour sauver l’année scolaire, l’Etat a augmenté 10% sur l’importation des véhicules neufs et les véhicules de luxe. Il dit que ces 10% c’est pour faire face aux revendications des enseignants. C’est directement payé au Trésor. Vous savez, un pays ne peut pas fonctionner comme ça. Ce n’est pas possible. Ça veut dire que le régime de Macky Sall ne compte que sur cette façon de gouverner, consistant à créer tout le temps une nouvelle taxe ou augmenter une taxe.

Vous pensez que c’est un tâtonnement dans la gouvernance ?

Bien sûr. Cela est édifiant. Les accords avec les enseignants ont été signés il y a trois ou quatre ans. Mais durant tout ce temps-là, l’Etat n’a pas pu budgétiser les montants. C’est pour cela qu’il est obligé de créer une nouvelle taxe pour faire face à cette situation. Je dis que cela est plus qu’un tâtonnement.

L’OBS

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