Parc de Niokolo Koba – 80 espèces de mammifères, 330 espèces d’oiseaux, 36 espèces de reptiles, 20 espèces d’amphibiens y vivent

Niokolo KobaEnquête (Tamba) Pour cette semaine, votre rubrique « Enquête du Lundi » s’intéresse au Parc Niokolokoba où le reporter d’IGFM s’est rendu à Tamba pour une enquête sur ce joyau qui compte 80 espèces de mammifères, 330 espèces d’oiseaux, 36 espèces de reptiles, 20 espèces d’amphibiens vivent dans le Niokolo Koba.

Historique du parc national Niokolo Koba

Le parc de Niokolo-Koba est à cheval entre les régions de Tambacounda, Kédougou et Kolda. Couvrant une superficie de 913.000 hectares, le parc est situé à 600 km au sud-est de Dakar et 800 km de Tamba. L’objectif de la création de ce parc était entre autres, de conserver la biodiversité, impulser un développement durable, impulser les populations locales dans la gestion des ressources naturelles, valoriser les ressources naturelles, développer la recherche, la surveillance continue, l’information, l’éduction et la formation. Sa création avait aussi pour objectif de développer surtout le tourisme de vision et l’écotourisme au niveau de cet espace. Sa vocation est de préserver la faune et la flore et d’ouvrir la région au développement touristique. Cette volonté se traduit par la construction de l’hôtel de Simenti, de quelques campements et d’un aérodrome.

Importance écologique, économique et sociale

Le Parc national du Niokolo Koba (PNNK) est le dernier refuse au Sénégal pour certaines espèces emblématiques comme l’éléphant (loxodonto africanan), le chimpanzé (Pan troglodytes Verus), l’éland de Derby (Tragelaphus (Taurotragus) derblanus derbianus), le lycaon pictus), le lion (Panthera Leo), etc.

Des problèmes, pressions et menaces

Au niveau du parc national Niokolo Koba plusieurs problèmes sont notés. Il s’agit entre autres, de l’insuffisance des effectifs de terrain, un manque de moyens logistiques et de communication; la dégradation du réseau de pistes et des ouvrages de franchissement (gués, ponts et radiers) et des organes de gestion non fonctionnels. Tels sont autant de manquements qui quasiment, freinent le bon fonctionnement des activités et du travail des agents au niveau du parc. En ce qui concerne la communication, la presse devrait parler des questions relatives au braconnage, l’envahissement des mares et des canaux par les plantes aquatiques; l’exploitation frauduleuse des espèces forestières comme le rônier ; la divagation du bétail, l’empiétement agricole et les corridors Dakar-Bamako-Conakry. Le conservateur a dénoncé les différentes menaces qui pèsent sur les agents et les animaux du parc. Dans ses propos, il cite entre autres, l’exploration et l’exploitation minière en périphérie avec des concessions et l’orpaillage traditionnelle et les conditions dans la sous-région (circulation des armes et braconnage).

Perspectives

Pour une meilleure gestion du parc national du Niokolo Koba (PNNK), le conservateur propose la mise en place d’un mécanisme de financement durable pour permettre au PNNK de conserver ses valeurs universelles exceptionnelles qui lui ont valu son inscription sur la liste des biens du patrimoine mondial de l’Unesco en 1981 comme le site et réserve de biosphère.

A ce titre, il souhaite que l’accent soit mis sur « l’amélioration du dispositif de surveillance et de suivi écologique à travers le renforcement des moyens roulants, l’ouverture et la pérennisation du réseau de pistes et des ouvrages de franchissement; le renforcement et l’adaptation du réseau de communication aux technologies modernes et la réhabilitation et l’équipement des postes de garde ainsi que la réouverture des postes fermés. La destruction des plantes aquatiques envahissantes des mares infectées et l’implantation de points d’eau à la périphérie pour fixer les éleveurs», a-t-il ajouté.

Pour lui, «le renforcement des effectifs du parc et l’amélioration de leur condition de travail par l’octroi d’une prime alimentaire journalière; la redynamisation des organes de gestion et des activités de recherche; l’amélioration des conditions de vie des populations vivant à la périphérie du parc par la construction et l’équipement de postes de santé, l’acquisition d’ambulances médicalisées pour faciliter l’évacuation des malades». Pour réduire sensiblement le taux élevé des accidents coutant la vie aux animaux, il propose «la sensibilisation des usagers de la route et la réalisation de ralentisseurs sur les axes Diénoudiala-Mako et Kalifourou-Koundara pour minimiser les risques d’accident sur la faune».

Ensuite, pour sauvegarder le parc, à l’en croire, «il faut l’élaboration d’un plan d’urgence d’un montant de deux (02) milliards de francs CFA. L’option retenue serait la création d’une Fondation ou d’un Partenariat Public-Privé pour la gestion du Niokolo Koba. Ces deux entités pourraient faire partie d’un Office des parcs nationaux».

Contribution socio-économique du parc du Niokolo Koba (PNNK)

La contribution socio-économique du parc Niokolo Koba se résume sur les apports des recettes. Les recettes directes sont acquises entre autres par des permis de visite. Tandis que les recettes indirectes sont acquises avec la création d’emplois verts avec la promotion de l’écotourisme (guidage, Hôtels Simenti, Campements touristiques du Camp du lion et Gué Damantan), exploitation cynégétique en périphérie.

Les services sanitaires du parc national du Niokolo Koba

Cinq (05) postes de santé au profit du personnel et des populations périphériques (Tambacounda, Diénoudiala, Mako, Belly et Missirah).

80 espèces de mammifères, 330 espèces d’oiseaux, 36 espèces de reptiles, 20 espèces d’amphibiens vivent dans le Niokolo Koba 

Plusieurs variétés d’espèces vivent dans le parc. 80 espèces de mammifères : lion, léopard, lycaon, chimpanzé, babouin, hippopotame et l’éland de Derby (ou grand éland), buffle, hippotraguscolobebai, kobus (cobe défassa), sylvicapre de Grimm, et peut-être même encore quelques éléphants. 330 espèces d’oiseaux : grande outarde, grue couronnée, bucorve d’Abyssinie, aigle martial, bateleur, d’endrocygne veuf, etc. La flore est constituée de près de 1 500 espèces de plantes : arbres : baobab, néré (Parkia biglobosa), caïlcédrat, rônier, etc. plusieurs reptiles : varan du Nil, tortue, crocodile du Nil. En somme, 78% des forets galeries du Sénégal; 1500 espèces de plantes à fleur; 80 espèces; 330 espèces d’oiseaux; 36 espèces de reptiles et 20 espèces d’amphibiens.

Réserve de chasse à partir de 1926, puis forêt classée en 1951, réserve faunique en 1953, Niokolo Koba a obtenu le statut de parc national en 1954. Il compte 18 postes de contrôle et 02 brigades d’intervention mobile qui sont en charge du contrôle et la sécurité des espèces du parc contre les ennemis. Ce travail se fait dans la plus grande lucidité par les agents, malgré les difficultés auxquelles ils sont confrontées par rapport au bon fonctionnement de leurs missions assignées par la direction communément appelée le commandement du parc. Selon un des agents : «les conditions sont très dures surtout pour les agents qui sont en profondeur. Par exemple, au niveau du poste de Damanta ou du camp du lion, les agents sont confrontés à un manque d’eau».

Quelques difficultés des agents…

Les agents en service dans le parc de Niokolo Koba sont confrontés à d’énormes difficultés. Par exemple, pour avoir de l’eau, il y a des camions citernes qui font la navette entre Simenti-Damantan et Dalaba entre autres villages environnants du parc. Cette rotation dépend de la quantité de la commande en eau effectuée par les agents. C’est-à-dire, l’approvisionnement en eau se fait par des camions citernes qui vont la navette entre Simenti et des villages qui sont aux environs du parc.

Parmi les difficultés rencontrées, il y a aussi le problème de conservation des aliments destinés à la nourriture. Les aliments que les agents mangent sont achetés à Tambacounda. La commande se fait à l’espace de 20 jours. Ce qui fait que les aliments pourrissent par manque de chambres froides. «Nous n’avons pas de moyens de conservation, les poissons, la viande et les légumes pourrissent faute de conservation. Nous sommes obligés de les consommer comme ça. Alors, vous comprenez que cela est nuisible à la santé donc, c’est un des problèmes sanitaires que nous rencontrons. Nous sommes exposés à des maladies comme l’hépatite B. Quatre sur les huit des agents sont inaptes. Le conservateur du parc lui-même l’avait avoué lors de la visite du ministre de l’Environnement et du développement durable, Abdoulaye Baldé», a confié un agent sous le sceau de l’anonymat.

Selon toujours notre interlocuteur «au niveau du parc Niokolo Koba, les 90% des agents sont malades. Ils sont pour la majorité atteints de l’hépatique B entre autres types de maladies liées au manque de conservation de légumes, viande et de poisson destinés à la consommation. Parce que tout simplement la nourriture n’est pas bonne. Pour consommer de la viande, nous sommes obligés de la mettre sous le soleil avant d’être consommée. C’est valable aussi pour les poissons et légumes. La viande, poisson et légumes que nous achetons sont destinés à être consommés pendant 20 jours avant de refaire la commande. C’est vraiment très grave».

Et de poursuivre : «Et quand le Président Macky Sall était venu, il s’était engagé à prendre en charge cette question alimentaire. Malheureusement jusqu’au moment où je vous parle, rien n’est encore fait en ce sens. Pour se nourrir, nous sommes obligés de faire des cotisations. Elles varient selon les postes de contrôle. Chaque agent donne entre 15.000 et 20.000 francs tous les 20 jours pour sa nourriture. Cela n’a rien à voir avec les besoins personnels. S’il est un fumeur par exemple, il est tenu à acheter sa cigarette. Parfois, si au niveau du poste, il y a un plat qui est préparé alors qu’il ne l’aime pas, pour manger, il mélange du couscous avec du lait. Donc, il lui faut du lait, du sucre et même du thé, s’il est amateur aussi. Tout cela est une dépense supplémentaire».

La sécurité des agents dans le parc

«Un agent dans le parc a comme entre autres équipements de camelle-bac ou bien une kalachnikov. Cela est d’autant plus un risque pour lui. Parce qu’avec le phénomène du braconnage, il peut faire face à un ou des braconnier (s) qui peuvent avoir par devers eux, plusieurs minutions, alors que l’agent du parc qui n’a qu’une seule carte et un chargeur de 30 balles qui, en une rafale d’une seconde, l’arme est vidée de son contenu. Dans ce cas de figure, il peut être tué par l’adversaire», a confié l’agent.

Damantan, casse-tête des agents du parc Niokolo Koba !

Damantan est réputé être le poste par excellence de sanction. «Pour nous, tout agent qui est affecté au niveau de ce poste est considéré comme celui qui est sous le coup d’une sanction. Parce qu’à Damantan, le poste est envahi par des abeilles. Ce qui fait que les agents de 7 à 18 heures, s’enferment dans leur chambre en zinc très chaud. Ils n’osent pas alors sortir, de peur d’être piqués par ces insectes. Une situation qui laisse à penser qu’ils sont dans des prisons. Le poste de Damantan qui est aussi isolé, ni électricité, ni eau», a laissé entendre l’agent.

Le braconnage, un phénomène en baisse !

«Le phénomène du braconnage est en baisse depuis quelques temps. Ce, depuis la mise en place d’une bonne politique de lutte contre le braconnage qui était il y a des années, un casse-tête des agents entre autres personnes en charge de la surveillance ou du contrôle des espèces dans le parc du Niokolo Koba.

Le braconnage tend vers la baisse. Parce que, nous avons de nouveaux véhicules qui sont des Land Cruser. Nous avons créé des brigades d’intervention, en plus des stratégies mises en place pour réduire considérablement le braconnage.

L’orpaillage a aussi joué un rôle important dans la réduction de ce phénomène. Les jeunes n’ont plus la tête au braconnage mais à l’extraction de l’or. Il y a aussi l’implication des populations des villages environnants du parc. Nous avons formé des éco-gardes autour des populations des villages environnants. Des centres de santé sont implantés au niveau des sites pour soigner les agents du poste. En sus, ces centres de santé sont aussi fréquentés par les populations. Plus de 50% des patients proviennent de ces villages environnants du parc. Pour ne pas frustrer les populations, il leur ait accordé d’effectuer des prélèvements au niveau des zones tampons dans le parc. Où elles peuvent y chercher de l’herbe pour leurs bétails et pour la construction de maisons en paille».

Contact d’un agent dans le parc et la brigade

Un agent entre en contact avec la brigade à laquelle, il appartient à travers une radio qui est à son tour en liaison avec le transmetteur qui est établi à Tamba. Ce système de liaison se fait pendant des heures dites de pointe. C’est-à-dire, pendant les jours ouvrables, le matin, c’est à 7 heures 45, 9 heures, 10 heures et 12 heures. Dans l’après-midi, c’est à 15 heures, 16 heures, 17 heures et 18 heures. Mais en cas de problème hors de ces heures, l’agent est tenu de se débrouiller.

Des ponctions sur les salaires des agents 

«A propos des salaires, nous remercions le bon Dieu. Mais, depuis deux mois, nous avons noté des ponctions sur nos salaires pour des raisons que nous ignorons jusqu’au moment où je vous parle. On nous coupe plus entre 100.000 ou 120.000 francs CFA. Il n’y a aucune explication donnée par rapport à cette situation. Au niveau du commandement qui, ne gère pas les salaires, aucune explication n’a été donnée sur ces ponctions de salaires. Idem au niveau du ministère des Finances. Il n’y a pas encore d’explications livrées sur cette situation et nous peinons à honorer nos engagements auprès des banques. Nous avons pris des engagements auprès de nos banques.

Avec cette situation, nous peinons à les honorer. Nous devons aussi faire face à nos charges de nourriture, familiales et professionnelles. Par rapport à cette situation de ponction sur les salaires, j’ai vu des gens qui ont vendu leur matériel pour pouvoir tenir. Même quand on était au défilé du 4 avril dernier, nous avons failli ne pas défiler, mais le colonel nous a dits qu’il va s’en charger personnellement. Il aurait dit qu’il prendrait toutes les mesures, mais jusqu’à présent, c’est l’omerta. Ce qui fait même ce mois-ci, on nous a encore fait des ponctions sur nos salaires».

Attentes vis-à-vis de l’Etat

«Nous attentons beaucoup de l’Etat pour une amélioration de nos conditions de travail. D’abord, tout ce que nous demandons à l’Etat c’est de venir à notre aide en nous apportant de l’électricité au niveau de tous les postes de contrôle et des brigades du parc. Actuellement, nous sommes au 21e siècle et l’implantation de frigos salaires peut régler ce problème de conservation de nos légumes, poissons et viande et même avoir de l’eau fraiche aussi. Cela va permettre aux agents de bien conserver leurs nourritures. Au mois de ramadan par exemple, on jeûne du matin au soir et à l’heure de la coupure, on n’a pas d’eau fraiche. Nous buvons de l’eau contenue dans des bidons. Il n’y aucun sénégalais qui jeune toute la journée et coupe son jeûne avec de l’eau chaude. Il n’y a que nous qui faisons ça en brousse. Il y a des panneaux solaires, il suffit de mettre des batteries bien chargées et vous avez de l’eau fraiche dans les frigos et les légumes sont fraiches aussi. Pourquoi, ne pas nous équiper avec de l’énergie solaire ? L’Etat nous avait promis des primes alimentaires mais jusqu’à présent il n’y a eu rien du tout. Je suis sûr que le Président de la République à donné des instructions parce qu’il est un homme de parole. S’il y a du retard, peut-être ce n’est pas à son niveau. Il avait donné des instructions fermes au ministre devant nous, en lui ordonnant de s’occuper de nos primes alimentaires mais en vain. En attendant, c’est très dure pour nous. Parce qu’avec le seul salaire, l’agent cotise pour la nourriture au niveau du parc. Il paie sa location etc. Donc, c’est trop dur. Si l’Etat peut nous accorder la prime alimentaire, l’agent verra ses charges réduites. Nous lui demandons aussi de réfectionner les postes de contrôle et d’y implanter des lampes et frigos solaires».

Des hôtels laissés à eux-mêmes !

Au niveau du parc du Niokolo Koba, il y a plusieurs hôtels dont celui de Simenti. Ce village porte aussi le nom de la brigade qui s’y est implantée. Il y a aussi des campements touristiques : Wassadou, quai du lion et camp du lion. Ces sites touristiques sont aujourd’hui moins fréquentés par des touristes contrairement aux années précédentes. Il faut une véritable communication pour que ces sites soient fréquentés.

Manque de communication

La communication est d’un apport très important. Elle doit être incontournable dans les activités des responsables du par cet même du Ministère en charge de la gestion du parc. Parce que sans communication, les personnes ne seront pas ce qui s’y passe, notamment les diversités culturelles et biosphères du parc. Il n’y a pas de publicité autour du parc dans les radios et télévisions. Il n’y a pas de campagnes d’information sur les activités menées dans le parc et sur les animaux pouvant attirer les touristes. Les touristes ignorent le patrimoine culturel et la biodiversité du parc du Niokolo Koba.

Projets en cours

Il y a des projets qui sont en cours au niveau du parc. Le commandement du parc national du Niokolo Koba est en train d’ouvrir des pistes au niveau du parc. Lesquelles pistes sont impraticables pendant l’hivernage. Ce chantier est en cours depuis des semaines. D’ailleurs, une équipe est sur place. Elle travaille pour l’ouverture des dites pistes. Sur ce plan, ça va très bien.

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