Parrainage -19 Avril : Le Sénégal Retient Son Souffle

L’opposition prédit un 23 juin bis. Mais, contrairement en 2011, les menaces de l’opposition et de la société civile peuvent se transformer en une tempête dans un verre d’eau car l’histoire ne se répète pas.

Donc, personne ne sait ce qui va se passer ce jeudi.

Qu’est-ce qui va se passer ce jeudi? Personne ne le sait, personne n’est assez devin pour prédire ce qui va se passer à Dakar et sa banlieue. En effet, tous les scénarii sont possibles, tout peut se passer ce jeudi: du calme le plus absolu à la tempête dévastatrice. Car malgré l’interdiction de tout rassemblement aux alentours de l’Assemblée nationale et malgré les mesures sécuritaires prises notamment avec la bunkérisation de l’Assemblée nationale et plus généralement du centre-ville, l’opposition et la société civile appellent à une manifestation populaire. Et elles se disent plus que jamais déterminées à empêcher les députés de la majorité de voter cette loi. Les opposants regroupés autour de l’Initiative pour élections démocratiques (IED) annoncent un tsunami politique sans précédent. «Engageons le combat de la résistance populaire. C’est la meilleure stratégie pour nous opposer au vote relatif au parrainage et à la modification de l’article L57 du code électoral par l’Assemblée nationale», déclarent les partisans de Karim Wade. Puis ils ajoutent: «Aussi faudrait-il le rappeler: la résistance au hold-up, à la dictature et à l’oppression est légale et légitime. Tous derrière l’opposition à l’Assemblée nationale le jour du sacrifice pour dire non et pour s’opposer à l’assassinat de la démocratie», poursuit notre source.

Le mouvement Y en a marre appelle les Sénégalais à se mobiliser, comme jamais auparavant. «Ce combat commence, ce jeudi 19 avril prochain, par une vague de mobilisations et pacifiques, devant les grilles de l’Assemblée nationale  et partout  ailleurs à Dakar, mais aussi dans les régions et dans la diaspora pour manifester notre désapprobation et exprimer notre choix démocratique», déclare Fadel Barro, le coordonnateur du mouvement. Malick Gakou appel à un sursaut patriotique comme ce fut le cas en 2011. Même des responsables apéristes craignent que le forcing du pouvoir ne reproduise un 23 juin 2011 bis. C’est dire que la confrontation est inévitable.

En 2011, le régime de Wade n’avait pas vu venir la forte mobilisation citoyenne contre son projet de loi. Et c’est cette mobilisation sans précédent qui a sonné le glas de son rège un an après, en 2012. Mais l’histoire ne se répète jamais deux fois, ou plus précisément d’après Karl Marx les grands événements historiques se produisent deux fois, la première fois comme une tragédie, la seconde comme une farce. Et Héraclite disait déjà qu’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Donc, contrairement à 2011, ce jeudi peut rester comme un jour ordinaire et les menaces de l’opposition et de la société civile peuvent accoucher d’une souris et se transformer en une tempête dans un verre d’eau.

Charles Gaïky DIENE

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