PATRICE LUMUMBA

Patrice Lumumba 4 Patrice Lumumba 3 Patrice Lumumba Patrice Lumumba 2Impossible de parler d’unité africaine sans lier aussi le sort Thomas Sankara à celui de Patrice Lumumba assassiné le 17 janvier 1961 du fait de sa témérité exceptionnelle à tenir tête aux envahisseurs et aux agents des occidentaux. Impensable d’évoquer la vie de Patrice Lumumba sans penser également à Kwame Nkrumah. En dehors de ces cas cités, ils sont légion, les leaders Africains, à avoir payé de leur vie, leur tentative de prendre des initiatives pour l’émancipation de notre peuple. Ces dirigeants Africains assassinés, torturés ou réduits au silence étaient tous porteurs d’un rêve pour leur peuple respectif, tout comme Malcom X en a porté pour les Noirs Américains. Aujourd’hui encore Lumumba, symbolise la grandeur et l’honneur de l’Afrique, tandis que les dirigeants actuels symbolisent le néocolonialisme et la honte.
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L’histoire de Lumumba nous rappelle que l’Afrique n’est toujours pas libre. Dès le premier jour, sa prise de fonction en tant que Premier Ministre panafricaniste de la République indépendante du Congo, fut animé par des révoltes, de coups bas et la sécession de régions entières, sous l’impulsion et l’implication active des puissances coloniales. La menace la plus forte était la sécession de la riche région du Katanga. La rébellion fut conduite par Moïse Tshombe, qui reçut un soutien militaire massif de la Belgique. Après avoir fait appel en vain aux Etats-unis et aux Nations Unies pour recevoir une assistance militaire, Lumumba dut se résoudre à accepter l’aide de l’URSS afin d’essayer de juguler la révolte katangaise, et ce faisant, il scella son propre destin. Bien que politiquement indépendant, Lumumba fut qualifié de « communiste et dangereux» parce qu’il souhaitait que son pays le Congo soit totalement indépendant. Il fut donc inscrit sur les listes des panafricains à assassiner des services secrets belges, canadien et américains. Renversé par son rival Kasavubu, il fut fait prisonnier par son ancien collègue Mobutu et livré aux services secrets belges et à l’agent des occidentaux : Moïse Tshombe. Les photos de l’arrestation du héros du peuple africain, entravé et frappé, firent le tour du monde.
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Patrice Émery Lumumba fut le premier à occuper le poste de Premier ministre du Congo pendant deux mois, au lendemain de l’indépendance du Congo, avant de se faire assassiner. Il fut surtout le seul panafricaniste à occuper cette fonction. En effet, dès sa prise de fonction, il marquait d’emblée la ferme volonté d’exercer toute la souveraineté politique que supposait le principe de l’indépendance conquis de haute lutte face au colon. Or, les élites colonialistes belges et occidentales entendaient continuer de piller les ressources du Congo, tout en feignant d’approuver une indépendance qu’elles prétendaient officiellement avoir octroyée, tandis qu’elles insinuaient publiquement que les Congolais n’y étaient pas encore préparés.

Lumumba a donc été sauvagement assassiné sous le commandement des belges. Parce qu’il voulait que l’Afrique soit aux africains, le Congo aux Congolais et que les immenses richesses de l’Afrique « profitent véritablement à ses enfants ». Tous les leaders africains ayant exprimé, de telles aspirations ont été éliminés d’une façon ou d’une autre par des Etats occidentaux aidés les traitres locaux.

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CONGO BELGE : PRISON COLONIALE

De 1887 à 1893, Isidore Tobback était le représentant des colons au Bas-Congo. Voici ce qu’il dit dans une lettre:
—« Mars 1888. Pendant un mois, j’ai marché et combattu avec cinquante hommes, jour et nuit. Les villages conquis ont été pillés et entièrement anéantis. Il me suffit de raconter l’assaut et la prise d’un seul village pour les avoir racontés tous. Je vais donc vous raconter la prise du village de Kimbanza. Une salve collective de mon second groupe sème la peur et la mort dans les rangs des indigènes qui jettent leurs armes pour fuir plus vite et plus sûrement, car ils savent que je fais fusiller tous ceux qui ont les armes à la main. Trois prisonniers portaient des armes lorsqu’ils ont été arrêtés. Cinq minutes plus tard, ils ont été abattus de douze balles. Tous les vivres, les légumes, les poulets, les chèvres ont été emportées et nous avons quitté le village dans la lueur des huttes en feu. Ainsi le veut la guerre africaine. »
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26 avril 1891.
—« J’ai dû affronter les indigènes dans les environs de l’embouchure du Lomani. … J’ai tué quatre-vingts personnes et fait autant de blessés. Pas de quartier, donc pas de prisonniers. »

(Extrait traduit de “E.D. Morel tegen Leopold II en de Kongostaat, A.M. Delathuye”, EPO, 1985, p.11)

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Léopold II, roi des Belges et prédateur du Congo, écrit le 3 juin 1906:
—« Le Congo a été et n’a pu être qu’une oeuvre personnelle. Or, il n’est pas de droit plus légitime que le droit de l’auteur sur sa propre oeuvre, fruit de son labeur. Mes droits sur le Congo sont sans partage, ils sont le produit de mes peines et de mes dépenses. Le mode d’exercice de la puissance publique au Congo ne peut relever que de l’auteur de l’Etat. C’est lui qui dispose légalement, souverainement, et qui doit forcément continuer à disposer seul, dans l’intérêt de la Belgique, de tout ce qu’il a créé au Congo. »

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EXPLOITES A OUTRANCE

La force de travail des Noirs a été mise à la disposition des grandes sociétés par la violence et la contrainte exercées par l’Etat colonial. La Compagnie du Katanga a reçu la pleine propriété d’un territoire d’une superficie six fois supérieure à celle de la Belgique. Le roi Léopold II et une poignée de grands capitalistes fondent en 1900 le Comité Spécial du Katanga (CSK) qui permet de piller les ressources minières. En 1906, cette société est devenue une des plus importantes sociétés capitalistes de Belgique. En 1924, le vice-gouverneur Moulaert, évalue le coût annuel d’un travailleur de l’Union Minière entre 8.000 et 9.000 francs, alors qu’il en rapporte 50.000. Quand le capitaliste paie un franc à l’ouvrier qui est durement exploité, le capitaliste empoche 6 francs sans rien faire.
Dans la colonie, 25.000 salariés blancs gagnent autant que 1.200.000 salariés noirs.

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L’ALENIATION RELIGIEUSE: L’ARME IDEOLOGIQUE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE

Depuis que les papes Eugène IV (1445) et de Nicolas V (1454) ont autorisé la mise en esclavage des noirs, la religion catholique a toujours été mis à contribution pour endoctriner et aliéner les noirs, au point qu’aujourd’hui encore de nombreux africains continuent toujours à financer les églises en vénérant le même dieu raciste que leur bourreau.
Voilà en quels termes l’Eglise catholique, justifiait pendant trois siècles la traite des Nègres, et justifie toujours la domination coloniale. Un des pionniers de la conquête militaire du Congo, le commandant Michaux, déclare en 1910:
—« Les missionnaires sont les éducateurs naturels des sauvages. Les missionnaires seuls feront que notre colonie deviendra un jour le prolongement de la Mère Patrie.”
(Extrait de Pourquoi et comment nous devons coloniser, Michaux, Bruxelles, 1910, pp. 196-197)

Le président de la CSC, le syndicat chrétien belge, Henri Pauwels explique en 1949
La doctrine catholique de la colonisation aux ouvriers. Voici ce texte officiel :
—« Nous parlons d’abord des fondements généraux du droit à la colonisation. La première donnée est la conquête. En général, les indigènes ont été privés de leurs droits par la volonté unilatérale de la puissance colonisatrice. Voyons les raisons qui ont été invoquées pour justifier de telles expropriations. Il y a notamment les actes de violence commis par les indigènes contre ceux qui voulaient s’établir dans leur pays; leurs crimes contre la nature; leur opposition à la prédiction de l’Evangile.
Toutes ces raisons sont essentiellement bonnes pour justifier l’intervention armée des pays qui se sentent lésés dans leurs droits ou qui se présentent comme les défenseurs du droit naturel et divin. L’humanité ne peut pas tolérer que, par ignorance, par paresse ou par négligence, les richesses naturelles que Dieu a offertes au monde pour satisfaire les besoins humains, restent en friche.
Lorsque des territoires sont mal gérés par leurs propriétaires légitimes, les autres pays, qui sont lésés de ce fait, ont le droit de prendre la place des mauvais gestionnaires et d’exploiter ces biens.
Il est légitime que les peuples à coloniser soient obligés, sous la contrainte si nécessaire, à collaborer à l’œuvre civilisatrice dont ils seront bénéficiaires. L’œuvre éducatrice qui incombe à la nation colonisatrice est très lourde et coûteuse. Aucune nation ne voudrait en assumer la charge si elle n’y trouvait pas son profit. Le fait de demander une rémunération équitable pour les prestations accomplies dans le cadre de l’œuvre colonisatrice est logique.
Qu’en est-il des peuples colonisés qui, grâce à la tutelle dont ils ont pu bénéficier, ont acquis la capacité de se gouverner eux-mêmes? Peuvent-ils revendiquer leur indépendance?
Un véritable contrat a été conclu entre la mère patrie et la colonie. Il serait injuste que l’une des parties soit privée des fruits légitimes d’uneœuvre civilisatrice de longue haleine. La prise de conscience nationale d’un peuple soumis va, en effet, de pair avec des aspirations séparatistes. La mère patrie doit donc veiller à désamorcer ces aspirations en faisant en temps voulu les concessions nécessaires. »

(Extrait de “Le syndicalisme et la colonie” par Henri Pauwels, cité dans L’argent du PSC-CVP, Ludo Martens, EPO, pp. 91-94.)

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A la fin des années cinquante, les travailleurs et les chômeurs des villes et les paysans des villages exigent un changement radical. Ils sont sensibilisés par le courant anticolonialiste qui déferle sur l’Afrique depuis la libération de la Chine en 1949 et depuis le début de la guerre d’indépendance en Algérie.

A cette époque, les dirigeants congolais formés à l’école coloniale, les ” évolués “, sont presque tous conciliants envers les colons. Lumumba lui-même écrit encore en 1956 :

—« Le désir essentiel de l’élite congolaise est d’être des ‘Belges’ et d’avoir droit à la même aisance et aux mêmes droits “.
(Extrait de Congo, terre d’avenir, p.29)

Le 10 octobre 1958, Iléo, Ngalula, Adoula et Lumumba fondent le Mouvement National Congolais. C’est un parti qui se veut loyal vis-à-vis de la Belgique et regroupe des Congolais proches des courants catholique, libéral et social-démocrate belges. La Belgique commence à comprendre que pour maintenir sa domination économique et politique sur le Congo, il faut désormais s’appuyer sur des Congolais dévoués aux intérêts belges.

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VIDEO
L’HISTOIRE DE LUMUMBA
https://www.youtube.com/watch?v=qr8_-oJ0mLU
HOMMAGE A LUMUMBA
https://www.youtube.com/watch?v=OZtZU2SSqN4
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LA NAISSANCE D’UN REVOLUTIONNAIRE

Patrice Lumumba est né à Onalaua. Il fréquente l’école catholique des missionnaires puis, élève brillant, une école protestante tenue par des Suédois. Il travailla comme employé de bureau dans une société minière de la province du Sud-Kivu jusqu’en 1945, puis comme journaliste à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) et Stanleyville (Kisangani), période pendant laquelle il écrit dans divers journaux. En 1955, il crée une association “APIC” (association du personnel indigène de la colonie) et aura l’occasion de s’entretenir avec le roi Baudouin en voyage au Congo, sur la situation des congolais.

En 1957, il est emprisonné un an pour une affaire de détournement de courrier appartenant à un européen (membre d’AMORC). Libéré par anticipation, il reprend ses activités politiques et devient directeur des ventes d’une brasserie. Le gouvernement belge prend quelques mesures de libéralisation: syndicats et partis politiques vont être autorisés.

En 1958, à l’occasion de l’exposition universelle, des congolais sont invités en Belgique. Outrés par l’image dégradante du peuple congolais qui est véhiculée par l’exposition, Lumumba et quelques compagnons politiques nouent des contacts avec les cercles anticolonialistes. Dès son retour au Congo, il crée le Mouvement national congolais (MNC), à Léopoldville le 5 octobre 1958 et, à ce titre, participe à la conférence panafricaine d’Accra.

Du 5 au 13 décembre 1958, à Accra, capitale du Ghana, sous la direction de Kwame Nkrumah, le Ghana fut le premier pays d’Afrique noire à briser les chaînes du colonialisme. Lumumba rencontre les dirigeants africains les plus expérimentés et les plus déterminés dont Nkrumah qui deviendra son père spirituel. Lumumba déclare à Accra :
—« Malgré les frontières qui nous séparent, nous avons la même conscience, les mêmes soucis de faire de ce continent africain un continent libre, heureux, dégagé de toute domination colonialiste. Nous sommes heureux de constater que cette conférence s’est fixé comme objectif: la lutte contre tous les facteurs internes et externes qui constituent un obstacle à l’émancipation de nos pays et à l’unification de l’Afrique. Parmi ces facteurs, on trouve le colonialisme, l’impérialisme, le tribalisme et le séparatisme religieux qui, tous, constituent une entrave sérieuse à l’éclosion d’une société africaine harmonieuse et fraternelle. »
(Extrait de La Pensée politique de Lumumba)

A Accra, Lumumba a cessé d’être un « évolué » pour devenir un panafricaniste.
Le 28 décembre 58, Lumumba tient son premier meeting politique sur la place de la Victoire à Matonge, Kinshasa, devant plus de 10.000 personnes. C’est la première fois que Lumumba sent l’énergie bouillante de la masse et qu’il comprend que seule la masse constitue une force capable de réaliser les idéaux d’une indépendance totale. Mais ses compagnons, Iléo, Adoula, Kalonji et Ngalula, ne l’entendent pas de cette oreille. Ils estiment que Lumumba est devenu un «démagogue dangereux»
Peu après ce meeting, Lumumba leur dit :
—« Vous êtes tous endormis. Vous pensez que l’indépendance vous sera offerte sur un plateau d’argent, mais il faudra lutter pour l’obtenir et je suis décidé à me battre pour arracher notre indépendance.»
Extrait du livre de Pierre De Vos, Vie et mort de Lumumba, p.78-79

En octobre 1959: le MNC et d’autres partis indépendantistes organisent une réunion à Stanleyville. Malgré un fort soutien populaire, les autorités belges tentent de s’emparer de Lumumba – c’est l’émeute et une trentaine de morts. Lumumba est arrêté quelques jours plus tard, est jugé en janvier 1960 et condamné à 6 mois de prison le 21 janvier 1960. En même temps les autorités belges organisaient des réunions avec les indépendantistes auxquelles participe finalement Lumumba, qui est donc libéré de facto le 26 janvier. À la surprise générale, la Belgique accorde au Congo l’indépendance qui est fixée au 30 juin 1960.

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VIDEO :
PATRICE LUMUMBA PORTE PAROLE EMBLEMATIQUE DU NATIONALISME
https://www.youtube.com/watch?v=_JyHvIpBXkc
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DECOLONISATION

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la communauté occidentale, l’ONU, les USA, l’Europe, sont autant d’éléments qui vont contribuer à précipiter le processus de décolonisation.
Fin des années 1950, dans l’empire britannique la transition s’instaure pacifiquement en Afrique (Ghana 1957, Nigéria 1960…) tandis qu’en France la loi-cadre Defferre de 1956 préfère une décolonisation de façade en s’appuyant sur des dictateurs africains favorable au pillage de l’Afrique par la française. En 1957, l’Abako (Association des Bakongos), premier parti politique créé au Congo, remporta les élections municipales de Léopoldville. Alors que la Belgique et le roi Baudoin, envisageait une décolonisation sur trente ans, les colons Belges se voient obligés en urgence de décoloniser suite aux violentes émeutes des 4 et 5 janvier 1959 à Léopoldville. Le spectre d’un conflit armé qui ensanglante l’Algérie depuis 1954 conduit le gouvernement colonial belge à prendre les devants et à précipiter le processus. Très vite l’ancienne puissance coloniale accorde l’indépendance politique en gardant la mainmise sur l’armée, l’économie et les richesses du Congo. Au travers des différentes étapes (table ronde de Bruxelles, élections, formation du gouvernement) les Blancs cherchaient à préserver leurs intérêts et à installer des dictateurs qui leur soient favorables. Il s’agit donc d’installer des dirigeants fantoches, incultes et despotiques à l’instar de ce qui s’est passé lors des indépendances des colonies françaises (Tchad, Gabon, Cameroun, Togo, Centrafrique..).

Pourtant, en 5 ans Lumumba était devenu le leader d’un irrésistible mouvement d’indépendance. Contre toute attente, le panafricain et patriote Lumumba gagnait les élections libres avec son mouvement le MNC (Mouvement National Congolais). Le parlement congolais vota démocratiquement et Patrice Emery Lumumba fut élu Premier ministre (chef du gouvernement) tandis que le président (sans pouvoir dans un régime parlementaire) en était son rival Joseph Kasa Vubu. La Belgique laisse à contrecœurs les clés du Congo à Patrice Lumumba.

Le 20 février 1960, durant une réunion qui clôture des travaux d’une table ronde tenue à Bruxelles entre représentants belges et congolais il est décidé que l’indépendance du Congo serait fixée au 30 juin 1960.

Le 30 juin 1960 jour de l’indépendance du Congo, le Palais de la Nation à Léopoldville (l’actuelle Kinshasa) reçoit les membres de la famille royale belge dont le roi Baudoin 1er, des représentants du gouvernement belge, des administrateurs coloniaux et le parlement congolais. L’évènement est radiodiffusé dans tout le pays et couvert par la presse internationale. La foule s’amasse devant le Palais de la Nation pour assister à un évènement historique. Le protocole voulait que le roi Baudoin puis le président Kasa Vubu fassent un discours pour l’indépendance du Congo mais le premier ministre Lumumba élu par le parlement ne l’entendit pas de cette oreille. avant le discours de patrice lumumba Le roi des Belges, Baudoin 1er fait un discours condescendant, paternaliste, impitoyable et raciste dans lequel il magnifiait le rôle de la Belgique dans l’émacipation des peuples inférieurs. Un discours de légitimation de la colonisation, une véritable apologie de l’œuvre esclavagiste du roi Léopold II :

—« L’indépendance du Congo constitue l’aboutissement de l’œuvre conçue par le génie du roi Léopold II, entreprise par lui avec un courage tenace et continuée avec persévérance par la Belgique (…) Ne compromettez pas l’avenir par des réformes hâtives, et ne remplacez pas les organismes que vous remet la Belgique, tant que vous n’êtes pas certains de pouvoir faire mieux…N’ayez crainte de vous tourner vers nous. Nous sommes prêts à rester à vos côtés pour vous aider de nos conseils, pour former avec vous les techniciens et les fonctionnaires dont vous aurez besoin. »
(Extrait du Discours du roi Baudoin Ier, le 30.06.1960 à Léopoldville)

Au discours pro-colonial du roi Baudoin répondra le discours officiel insignifiant du président du parlement, Joseph Kasa Vubu qui remercie le roi et en appelle à dieu. Kasa Vubu fait un discours dans lequel il remercie son bon maitre Blanc.
—« (…) Dans une attitude de profonde humilité j’ai demandé à dieu qu’il protège notre peuple et qu’il éclaire tous ses dirigeants… ».
(Extrait du président Kasa Vubu, le 30.06.1960 à Léopoldville)

Puis il y eut l’allocution non annoncée du Premier Ministre Patrice Emery Lumumba à la grande surprise du gouvernement belge et de la maison royale. Son discours, pour les Congolais, fut libérateur de tant d’humiliations, de brimades et de crimes contre l’humanité subis et jamais dénoncés publiquement. Il fut interrompu à huit reprises par les applaudissements de la foule et son discours fut couronné par une véritable ovation tandis que le roi Baudoin devint livide selon nombre d’observateurs. C’est le contenu du discours qui va sceller le sort de Lumumba et montrer au monde entier de quelles valeurs il était trempé. Pour la première fois, un “nègre” devenu le plus haut responsable du gouvernement congolais, révèle au monde entier le sort que les colonisés ont subi sous le joug colonial au Congo. Comble du déshonneur, il ne s’adresse ni au roi, ni à l’administration coloniale belge mais aux Congolais. Lumumba réplique par un discours contre le racisme, l’esclavage et la colonisation. Lumumba dénonce alors ouvertement le système colonial que Baudoin a glorifié comme le chef-d’œuvre de son grand-oncle. Discours qui sera qualifié d’insultant pour les colons :

—« Congolais et congolaises, combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux.
Combattants de l’Indépendance aujourd’hui victorieux,
Je vous salue au nom du gouvernement congolais.
À vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.
Car cette Indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise (applaudissements), une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.
Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions le chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu’à un Noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ?
Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.
Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les Blancs et des paillotes croulantes pour les Noirs ; qu’un Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du Blanc dans sa cabine de luxe.
Qui oubliera enfin les fusillades dont périrent tant de nos frères, les cachots dont furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ? (Applaudissements.)
Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants.
Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la Justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail.
(Applaudissements.)
Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique tout entière.
Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.
Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens puissent jouir pleinement des libertés fondamentales prévues dans la déclaration des Droits de l’Homme.
(Applaudissements.)
Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudra sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays.
Nous allons faire régner, non pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des coeurs et des bonnes volontés.
(Applaudissements.)
Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d’injustice, d’oppression et d’exploitation ?
Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique tout entière.
Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles… »
(Extrait du discours de l’indépendance de Patrice Lumumba, le 30.06.1960)

Pour les observateurs blancs, ce discours du “nègre” Lumumba s’adressant à présent d’égal à égal aux blancs avait signé son arrêt de mort et cela d’autant plus que Lumumba allait joindre le geste à la parole en tentant de cassant la colonne vertébrale coloniale par la proclamation de l’africanisation de l’armée congolaise. Deux cent jours plus tard, Lumumba était assassiné au Katanga après maintes tortures.

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VIDEO
DISCOURS D’INDEPENDANCE ROI BAUDOIN 1er ET LUMUMBA, LE 30.06.1960
https://www.youtube.com/watch?v=DGdf7wX-E7g
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PLANIFICATION DE L’ASSASSINAT DE LUMUMBA

Des documents américains de l’époque déclassifiés ont établi le rôle de Washington dans les tentatives secrètes d’assassinat.
À la rupture des relations entre le secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, et Lumumba, les États-Unis décident d’entrer en action. Le 18 août 1960, une réunion entre les stratèges du Conseil national de sécurité et le groupe spécial de l’administration Eisenhower se tient à Washington. Les Américains s’inquiètent de plus en plus des positions anticolonialistes de Lumumba au Congo. Leurs appréhensions se fondent sur des rapports envoyés au Quartier général de la CIA par le chef de la station de Léopoldville. En voici un extrait :

—« Ambassade et station estiment que le Congo est l’objet d’une tentative communiste pour renverser le gouvernement, nombreuses forces au travail ici : Soviétiques […], parti communiste, etc. Les forces anti-occidentales appuient de plus en plus le pouvoir congolais, et il ne reste peut-être que peu de temps pour agir afin d’éviter un nouveau Cuba. »
(Extrait de Câble CIA, Dulles au chef de station, 28.8.1960)

Plusieurs tentatives d’assassinat ─ dont l’utilisation des produits biologiques mortels et l’empoisonnement par la pâte dentifrice ─ ont été échafaudées mais finissent toutes par avorter. La CIA ne voulait se faire remarquer, car plusieurs groupes travaillaient déjà à la préparation du meurtre de Lumumba.

—« le bureau de la CIA à Léopoldville est resté en contact avec les Congolais qui avaient exprimé le désir d’assassiner Lumumba. Les officiels de la CIA ont encouragé ces personnes, et proposé de les soutenir dans leurs efforts contre Lumumba… »
(Extrait du livre de Blum William, Les guerres scélérates, Parangon, 2004, p. 171)

Du côté belge, l’assassinat de Lumumba apparaissait comme la meilleure solution pour écarter définitivement de la scène politique et maintenir le Congo sous domination occidentale. Les officiels belges avaient en effet entrepris, dès le mois de juillet, de trouver des hommes politiques congolais susceptibles de monter des cabales contre le Premier ministre congolais. Dans un télégramme qu’il envoie à Bruxelles le 13 juillet, l’ambassadeur belge à Léopoldville écrit:
—« A minuit, j’ai reçu Bomboko… J’ai fait une critique de l’attitude du Premier ministre et de certains membres douteux du cabinet et je ne lui cachais pas notre espoir de le voir à la tête de l’armée ou du pays…»
(Extrait du livre de De Witte Ludo, op.cit., p. 42)

Dix jours plus tard, soit le 23 juillet, il communique à son chef :
—« L’opposition contre le Premier ministre grandit au sein de son cabinet. Nous avons intérêt à suivre les conseils de cette fraction modérée qui espère de plus en plus pouvoir contrôler et même entraver l’action du Premier ministre.»
(Extrait du livre de De Witte Ludo, op.cit., p. 57)

Les dirigeants de l’ONU aussi voulaient que Lumumba disparaîsse de la scène. Dans le télégramme du 26 août de la mission permanente des USA auprès de l’ONU, on y lit que
—« Hammarskjöld est convaincu que Lumumba devrait être brisé.»

L’Américain Andrew Cordier, remplaçant de Brunche et nouvel adjoint de Hammarskjöld, s’accorde avec les diplomates canadiens pour éliminer Lumumba et conserver les richesses du Congo pour les occidentaux. Il écrit :
—« la seule véritable solution au problème consisterait en un changement de leader ».

Précisons que Cordier fait partie du Congo club (ou le Congo Group), un groupe de hauts fonctionnaires de l’ONU qui veille à ce que l’organisation internationale sauvegarde les intérêts occidentaux au Congo. Selon Conor Cruise O’Brien, lui-même officiel au secrétariat général de l’ONU, le Congo Group :
—« l’on prenait bien soin de ce qu’aucun membre du secrétariat, citoyen d’un État communiste, ne voie les télégrammes concernant l’opération».
(Extrait du livre d’O’Brien Conor Cruise, op.cit., p. 55)

Il faut cependant noter que toutes ces institutions occidentales étaient et sont toujours des actionnaires et ont des liens d’affaires avec les entreprises qui pillent le Congo.

Des lors, Lumumba est devenu l’homme à abattre au plus vite. Durant tout le mois d’août, les Belges, les services secrets Américains et les dirigeants de l’ONU envisageaient l’assassinat. Andrew Cordier, l’adjoint du secrétaire général de l’ONU, confesse en privé que :
—« la seule solution valable est un changement à la tête du gouvernement. »

Le Times du 16 août écrit que
—« Hammarskjöld laissait clairement entendre qu’il doutait du droit de Lumumba de parler au nom du gouvernement.»

Le Christian Science Monitor du 1er septembre écrit, pour sa part, que pour certains diplomates de l’ONU,
—« peu de larmes seraient versées si Lumumba devait disparaître de la scène politique ».

De son côté, la CIA assurait la rémunération des opposants Congolais qui ne voulaient pas d’indépendance. Tous ces traitres africains jouaient un rôle important dans la déstabilisation et la destitution de Lumumba, notamment le Président Kasavubu, le chef d’état-major de l’armée : le colonel Mobutu, le ministre des Affaires étrangères : Justin Bomboko, le président du sénat : Joseph Iléo, le leader syndical : Cyrille Adoula…
Un cadre supérieur de la CIA confirma qu’au début des années 60, la terrible agence d’espionnage
— « achetait et vendait régulièrement des politiques congolais. »
(Extrait du livre de Blunt William, op.cit., p. 170)

Lundi 5 septembre 1960 à 20h15min, Kasavubu passe à la radio et annonce brutalement la révocation de Lumumba qu’il va appeler sous l’émotion « le 1er bourgmestre ».
Mais la réponse de Lumumba ne se fait pas attendre. Après avoir appris sa destitution illégale, il décide, en tant que chef du gouvernement, de destituer le Président Kasavubu dont la fonction n’est que symbolique. On se retrouve alors dans une impasse avec Lumumba qui réfute à juste titre le droit du Président Kasavubu à le destituer tandis que Kasavubu appuyé par les Nations Unies, le Canada, la Belgique, la CIA et les entreprises occidentales, forme un nouveau gouvernement rejeté par la majorité de la population, en premier lieu, par les parlementaires à Léopoldville. La presse souligne sans ambiguïté le parti pris des Nations Unies dans le développement de la situation. Le 7 septembre 1960, The Times écrit:
—« Voilà donc l’ONU, apparemment comme toujours impartiale, mais visiblement penchant d’un côté.»

Dans La Libre Belgique, on pouvait lire :
— « sans l’ONU, en quelques heures, Lumumba pourrait reprendre la situation en main avec ses quelques centaines de fidèles.»

Le 7 septembre, devant les parlementaires, Lumumba prononce un discours mémorable :
—« contre la balkanisation du pays et contre le coup d’État de Kasavubu ».
Malgré la forte présence de l’Opposition, la Chambre basse rejette avec 60 voix contre 19 la destitution de Kasavubu et de Lumumba. Le lendemain le sénat rejette avec 41 voix contre 2 seulement la décision de Kasavubu.

De lors, Américains, Belges et représentants des Nations Unies prennent conscience de l’ampleur du « phénomène Lumumba » et de sa popularité considérable au sein de la population, mais aussi de son appui solide au parlement. La CIA fait savoir que :
—« Lumumba dans l’opposition est presque aussi dangereux que quand il est au pouvoir.»

Les prédateurs américains étaient convaincus que, même politiquement affaibli, Lumumba était capable de revenir sur scène tel un phœnix qui renaît de ses cendres en retournant la situation en sa faveur. Un cadre de la CIA le décrit d’ailleurs « comme un orateur envoûtant, capable de convaincre des foules massives de passer à l’action », que « si on lui permettait de parler à un bataillon de l’armée congolaise, il en ferait ce qu’il voudrait au bout de cinq minutes. »

L’ambassadeur des USA au Congo, Timberlake, fervent antinationaliste, commenta le discours de Lumumba de 7 septembre 1960:
—« En très grande forme, Lumumba a anéanti les arguments de l’opposition, il a ridiculisé Kasavubu.»

Rajeshwar Dayal, successeur de Cordier aux Nations Unies, évoque le résultat du vote au sénat:
—« Kasavubu est politiquement très affaibli… Les développements de ce jour ont considérablement renforcé la position de Lumumba ».
(Extrait du Télégramme Dayal à « H », 8/9/60, numéro B-861, Archives Nations Unies)

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L’impopularité et la passivité de Kasavubu poussent les États-Unis à actionner énergiquement leur pion, le colonel Mobutu. Le 14 septembre 1960, Mobutu, par un coup d’État militaire, neutralise tous les hommes politiques au prétexte de sortir le pays de l’impasse provoquée par les deux gouvernements. Ce coup d’État de Mobutu met en lumiere le complot qui liait l’ONU, les occidentaux et les CIA contre Lumumba. Mais Lumumba était encore très populaire auprès de la population. Au cours de sa dernière sortie en ville, le 9 octobre 2960, il tint plusieurs meetings devant des foules très enthousiasmées. Le commissaire adjoint à la Justice, M. Etienne Tshisekedi, proche collaborateur de Mobutu, exigea des mesures plus fermes contre le Premier ministre congolais. Le jour suivant, le colonel Mobutu ordonne l’encerclement de sa résidence.
Lumumba est alors gardé par un double cordon militaire : le cercle intérieur est formé de casques bleus et le cordon extérieur de soldats de l’ANC (Armée nationale congolaise).
Selon Ludo de Witte, dont le livre fut à l’origine de la commission d’enquête parlementaire belge sur la mort du Premier ministre congolais,
—« cet encerclement va au-devant des désirs de la coalition occidentale qui veut couper Lumumba de sa base. Cette solution satisfait également les dirigeants de l’ONU : le double cordon arrange ceux qui croient qu’un régime néocolonial stable n’est possible que s’il ménage une petite place à un Lumumba affaibli. Lumumba est devenu exilé dans son propre pays. »

Neutralisé politiquement par les larbins africains téléguidés par les États-Unis, la Belgique et l’ONU, son gouvernement légitime et démocratique désavoué auprès de l’Assemblée générale de l’ONU, abandonné même par certains de ses amis panafricanistes, il ne restait plus à Lumumba que la fuite pour rejoindre ses partisans à Stanleyville en vue de renforcer le bastion nationaliste.

Les services secrets belges et l’ONUC furent les premiers à s’apercevoir de son départ, dans la nuit du 27 au 28 novembre. Aussitôt une terrible panique s’empara de Léopoldville, Bruxelles et Washington.
Selon Dayal :
— « si Lumumba réussit à atteindre Stanleyville, alors la situation change sur l’heure. »

L’ambassadeur américain Clare Timberlake, déclara ultérieurement :
—« Lumumba aurait été plus que probablement en mesure de reconquérir le contrôle sur le gouvernement central au départ de cette position favorable, s’il avait pu un jour gagner Stanleyville.»

Le sulfureux Dag Hammarskjöld évoque auprès des autorités états-uniennes la possibilité de déployer des troupes de l’ONU entre Stanleyville et Léopoldville si Lumumba parvient à son objectif.

Alors que le cortège de Lumumba roule à vive allure vers Stanleyville sur les chemins menant à Port-Francqui, des avions de reconnaissance sont envoyés, soi-disant sur demande de Mobutu, par les autorités belges et la CIA, pour retrouver le fugitif. Un rapport de la CIA daté du 28 novembre évoque clairement la collaboration de l’agence avec les autorités congolaises dans la chasse à l’homme. Le voyage de Lumumba vers Stanleyville entraînera sa perte.

Le 1er décembre, Lumumba est intercepté par une unité de l’armée congolaise. Il a un tel talent d’orateur charismatique qu’il finit presque par convaincre les troupes de les relâcher au nom « d’un Congo indépendant », mais d’autres renforts surgissent et l’arrêtent, avec lui, sa femme et son fils ainsi que les ex-ministres Mpolo et Okito. Fait troublant – mais qui ne l’est pas vraiment : l’arrestation de Lumumba et de ses compagnons de lutte par les hommes de Mobutu est une « gracieuseté » d’un officier canadien des Nations Unies : le lieutenant-colonel J.A.Berthiaume.

Il est ligoté et jeté ligoté sur un camion militaire, puis conduit au camp de Binza, devant Mobutu. ” Le colonel Mobutu, les bras croisés, a regardé calmement ses soldats frapper et bousculer le prisonnier et le tirer par les cheveux. “

Lumumba et ses compagnons sont tabassés avec une extrême violence, les militaires lui brûlent la barbe sous le regard impassible des forces onusiennes et de la presse. Malgré la réprobation internationale, l’ONU n’intervint pas sauf « quelques protestations verbales.
Au matin du 3 décembre, il est enfermé au camp Hardy de Thysville.

Le 7 décembre, Kasavubu se réjouit de la capture de son principal adversaire:
—« Je m’étonne de l’importance attachée à l’arrestation de Lumumba par un certain nombre de délégations afro-asiatiques et est-européennes; en effet, Lumumba est sous le coup d’un mandat d’arrestation depuis septembre. Il s’est rendu coupable des infractions suivantes : atteintes à la sécurité de l’Etat et organisation de bandes hostiles dans le but de porter la dévastation et le massacre. »

Kasavubu y ajoute qu’à Kisangani, où règnent les lumumbistes :
—« les gens connaissent “le terrorisme, la torture et la suppression de toute liberté individuelle.” »

Mais, en réalité, à Kisangani le pouvoir lumumbiste se consolide et s’étend.
Le 12 décembre, Gizenga déclare que Kisangani est désormais le siège du gouvernement légal et la capitale provisoire de la République.

Deux semaines plus tard, les lumumbistes prennent le pouvoir à Bukavu, capitale du Kivu.
Le 1er janvier 1961, Pongo, l’homme qui arrêta Lumumba, échoue lamentablement dans sa tentative d’occuper Bukavu. Il est fait prisonnier. Kashamura forme un gouvernement lumumbiste à Bukavu.

Le 9 janvier, les troupes congolaises fidèles à Lumumba et dirigées par Lundula, libèrent Manono. La lutte armée pour la libération du Katanga prend de l’ampleur.

Cette montée de la lutte révolutionnaire populaire aurait pu aboutir à la victoire si Lumumba, libéré, était à sa tête.

Le 13 janvier, sous l’impulsion de Mulele et des militants du PSA et du MNC-L, une mutinerie éclate à Thysville pour libérer Lumumba. La CIA veut la mort de Lumumba. La CIA comprend qu’il est urgent d’assassiner Lumumba si elle veut sauver la domination impérialiste sur le Congo. Depuis octobre 1960, la CIA poursuit une ligne constante : utiliser ses agents congolais pour éliminer Lumumba.

Après la mutinerie qui faillit libérer Lumumba, Hedgman envoie un autre message au directeur de la CIA :
—« La combinaison des talents de Lumumba comme démagogue, sa capacité d’utilisation de groupes de propagande assureraient presque certainement Lumumba d’une victoire au parlement. Le refus de prendre des mesures radicales maintenant conduira la politique des Etats-Unis au Congo à la défaite. »

Nous avons ici la décision finale de la CIA pour l’élimination de Lumumba. A ce moment, la CIA est en relation permanente avec Mobutu, Kasavubu, Tshombé, Munongo, Nendaka, Kazadi, Adoula et tous ceux qui sont mêlés à la décision d’envoyer Lumumba à la boucherie de Lubumbashi.

Le 14 janvier déjà, la Sûreté de Nendaka envoie un télégramme à Lubumbashi:
—« Collège commissaires généraux se permet insister afin obtenir accord pour transférer Lumumba dans province du Katanga. » Deux commissaires, Ferdinand Kazadi et Mukamba Jonas, sont chargés d’accompagner le prisonnier dans l’avion.

17 janvier à 16h45, trois hommes noirs, les yeux bandés et les bras ligotés derrière le dos, sortent du DC 4 qui vient d’atterrir à la Luano, Lubumbashi. Il s’agit de Lumumba, Mpolo et Okito. Ils sont immédiatement encerclés par des gendarmes katangais, encadrés par des officiers belges. Munongo assiste à la scène.

Une fois la nuit tombée, Lumumba et ses compagnons furent emmenés dans la brousse, par les soldats katangais sous la direction des officiers belges, en présence de Tshombé et de ses ministres. Adossés à un arbre, Okito puis Mpolo et enfin Lumumba seront exécutés par un peloton d’exécution sous le commandement d’officiers belges. C’était le 17 janvier 1961.

Les services de renseignement occidentaux et leurs hommes de main sont immédiatement au courant de la mort de Lumumba. Tous les défenseurs de l’impérialisme comprennent que l’annonce de la mort de Lumumba provoquera une révolution dans tout le pays. Ils veulent du temps pour se préparer à l’affronter.
Ce n’est que le 13 février que Munongo annonce à la presse internationale la mort de Lumumba :”tué par des villageois dans un petit village près de Kolwesi.”
Dans le texte qu’il a lu, il y a cette phrase : “On nous accusera de les avoir assassinés.

Voilà comment le Canada, les USA, la Belgique, les Nations Unies et tous traitres africains confisquèrent l’indépendance au Congo.

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VIDEO :
L’ASSASSINAT DE PATRICE LUMUMBA
https://www.youtube.com/watch?v=cOYQjegItnM
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OUI J’AI DECOUPE LUMUMBA !

—«J’ai découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba. En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper en morceaux, à la tronçonneuse, avant d’y verser de l’acide. Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare».

Ces mots sont ceux du Belge Gérard Soete, prononcés le 15 mai 2002, quarante ans après la disparition du leader congolais Patrice Lumumba. Gérard Soete, expliqua comment il a coupé le corps de Lumumba en 34 morceaux à la tronçonneuse.

Et le 15 mai 2002 – Près de quarante ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, sans doute rongé par les remords, Gerard Soete, alors âgé de 80 ans, avouait publiquement comment dans une nuit de janvier 1961, il découpa, dépeça, et fit disparaitre les corps de PATRICE EMERY LUMUMBA, de JOSEPH OKITO et de MAURICE MPOLO dans une puanteur d’acide sulfurique et de cadavres écartelés.

Le 17 janvier 1961, sept mois après l’accession du Congo à l’indépendance, Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement du pays, était assassiné près d’Elisabethville (l’actuel Lubumbashi), capitale de la province alors sécessionniste du Katanga. Criblé de balles, son corps n’a jamais été retrouvé, pas plus que ceux de, Joseph Okito et Maurice Mpolo.

Le Belge dut d’abord transporter les trois corps à 220 kilomètres du lieu d’exécution, pour les enfouir derrière une termitière, en pleine savane boisée. De retour à Elisabethville, il reçut cependant “l’ordre” du ministre de l’intérieur Katangais Godefroi Munongo de faire littéralement disparaître les cadavres. La popularité de Lumumba était telle que son cadavre restait en effet gênant. Le “pèlerinage” sur sa tombe pouvait raviver la lutte de ses partisans.

—« Je devais me débrouiller tout seul avec trois corps internationalement connus », expliquait-il en 2002.
—« Toutes les autorités belges étaient sur place, et elles ne m’ont pas dit de ne rien faire », ajoutait-il, avec un fort accent flamand.

—« Accompagné d’un autre blanc, de quelques subalternes congolais, d’une scie à métaux et d’un fut d’acide sulfurique », il leur fallut toute la nuit du 22 au 23 janvier, pour accomplir leur sale besogne.

—« En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper avant de verser l’acide » expliquait l’octogénaire.

—« Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare » ajoutait-il.

De retour en Belgique après 1973, Gérard Soete racontera cette terrible nuit dans un roman, “pour (se) soulager”, mais sans livrer son identité.

Selon l’auteur, le but de l’élimination était, de maintenir le Congo sous domination occidentale.

—« Est-ce que la législation me le permettait ? » se demandait-il, à 80 ans et en bonne santé, dans son pavillon d’un faubourg résidentiel de Bruges (nord-ouest) où les journalistes de l’AFP l’avaient rencontré.

—« Pour sauver des milliers de personnes et maintenir le calme dans une situation explosive, je pense que nous avons bienfait », ajoutait-il.

Malgré ses aveux, aucun tribunal n’a trouvé nécessaire d’ouvrir une enquête sur ce crime odieux. Et bien entendu, les autorités judiciaires de la R.D.C sont restées muettes.

http://www.info-afrique.com/assasinat-patrice-lumumba/

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VIDEOS :

PATRICE LUMUMBA – UNE TRAGEDIE AFRICAINE
https://www.youtube.com/watch?v=CqMNBpIOAFY

PATRICE LUMUMBA – ASSASSINAT POLITIQUE
https://www.youtube.com/watch?v=z_uIDzI05P4
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DERNIERE LETTRE DE LUMUMBA ADRESSEE A SA FEMME

—« Ma compagne chérie,

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai-je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté. »
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VIDEO
PATRICE LUMUMBA – LA DERNIERE ENTREVUE AVANT SA MORT
https://www.youtube.com/watch?v=paCsMeaAk5E
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DEUIL DE LA COLONISATION INACHEVÉ

Assassiné à l’âge de 36 ans, Lumumba a passé six ans de militantisme et six mois au pouvoir. Durant sa courte vie et encore sa plus courte « carrière » politique, il aura tout synthétisé : la prise de conscience de l’oppression coloniale dans ses aspects les plus brutaux, ceux de l’administration belge ; la volonté d’indépendance, exprimée dans un défi sans concession ; le refus de tous les particularismes régionaux ou tribaux ; la méfiance à l’égard d’une « bourgeoisie nationale » trop prompte à se substituer au colonisateur ; le rêve d’une Afrique unie solidaire des autres mouvements de libération panafricains ; enfin, il devait faire face aux petits traîtres africains souvent sanguinaires ainsi que des grands intérêts privés et publics étrangers.

Au cours de la lutte pour l’indépendance, puis pendant ses deux mois et demi au gouvernement, Lumumba a été un homme seul, entouré d’une poignée de compagnons de lutte. Il n’avait pas une organisation solide derrière lui, il n’a pas eu le temps de donner une conscience politique au peuple opprimé. Comment alors expliquer son extraordinaire impact, sa stature de grand homme politique? Lumumba a réussi à donner une expression au radicalisme des masses urbaines et villageoises qui étaient à bout à cause de l’oppression, de l’exploitation et des humiliations coloniales. C’est ce point essentiel qu’ont toujours oublié ceux qui abusent du nom de Lumumba “pour occuper des postes” et pour “bouffer à leur tour.”

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Sources :
http://www.afrocentricite.com/…/discours-de-lumumba-le-30-…/
http://afrikhepri.org/discours-de-patrice-lumumba/
http://afrikhepri.org/fin-novembre-1960-lumumba-est-captur…/
http://www.deboutcongolais.info/dossier-Lumumba.htm
http://www.kamitewoman.com/article-friday-s-mood-an-eye-for…
http://www.info-afrique.com/assasinat-patrice-lumumba/
http://oeildafrique.com/lumumba-jour-lindependance-du-cong…/
http://mai68.org/spip/spip.php?article4845
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Kem Infos / Kem Mfoo

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http://www.one-africa.com/profile/KemInfos

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