Patrick Vieira, sur les chances des Africains au Mondial : «La Côte d’Ivoire mérite d’être en quart ou dans le dernier carré»

Ambassadeur de l’initiative Pass en septembre 2012 après avoir rejoint Western Union pour l’amélioration des conditions  d’études des jeunes sénégalais issus du milieu défavorisé, Patrick Vieira parle des chances des équipes africaines au Mondial brésilien (12 juin-13 juillet 2014).

Venu à Dakar dans le cadre de ce projet pour l’Education, initié par  le Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (Unicef), l’ancien champion du monde 98 avec la France a fait face à la presse, hier au Radisson Blu.

Quelles sont les chances des équipes africaines au Mon­dial ?

Les cinq équipes africaines ont du talent. Il y a la Côte d’Ivoire avec Yaya Touré qui a été extraordinaire avec Manchester City. Des équipes comme le Ghana ont aussi beaucoup de qualités. Mais les équipes africaines ont besoin de structuration. Elles manquent d’organisation. Mais je pense que la Côte d’Ivoire mérite d’être dans le carré d’As ou au moins en quart de finale de la Coupe du Monde. Mais il faut que le reste suive.

Qui, selon vous, a plus de chance de remporter la Coupe du Monde ?

Le Brésil est le favori. Il organise le Mondial chez lui et devant ses supporters. Il y a l’Argentine avec Messi. En Europe, il y a l’Espagne qui est présente avec ses deux clubs en Ligue des champions. Et peut-être l’Allemagne. La Coupe du Monde va se baser sur le jeu en  avant, et je crois qu’il y aura beaucoup de buts. 

Et la France dans tout ça ?

La qualification de la France a été compliquée.  Mais elle a besoin de ses leaders à la Coupe du Monde. Il faut que Ribéry et Benzama soient à 200% pour que la France gagne. 

Que pensez-vous du football sénégalais ?

L’image du football sénégalais c’est à l’image du football africain. C’est un manque de structure. Manque d’organisation. Il y a un déficit d’encadrement. Ce qu’il faut c’est d’avoir des structures claires et nettes pour améliorer la performance des joueurs. Alain Giresse est un passionné. C’est quelqu’un qui aime son travail. Qui aime le football. Maintenant ce qui est important c’est de lui donner tous les moyens et de le laisser travailler tranquillement. Il faut lui laisser les mains libres, sa pensée libre pour qu’il puisse prendre les décisions les meilleures.

Comment avez-vous accuei­lli l’absence de Nasri de la liste des Bleus pour le Mondial ?    

C’est une surprise de ne pas avoir  Samir Nasri en équipe nationale de France. Mais comme il l’a dit, il faut respecter le choix de l’entraîneur. Même s’il faut reconnaître que Nasri sort d’une saison extraordinaire avec Manchester City (champion de la Premier League). 

 Comment jugez-vous les anciens pensionnaires de Diambars, les Lillois Idrissa Gana Guèye et Pape Ndiaye Souaré ?

Extraordinaire. J’ai téléphoné à Gana Guèye pour le féliciter de son 100e match (Ligue 1). C’est un professionnel, c’est vraiment la fierté de Diambars. C’est un homme bien. Un homme avec des valeurs.  Je suis très content de ce qu’il est en train de faire. Souaré (Pape Ndiaye) est en train lui aussi de s’imposer petit à petit. Je l’ai vu jouer dernièrement. Il a un pied gauche extraordinaire. C’est un joueur qui est très bon, que j’aime beaucoup. Ils me rendent vraiment fier. Et rendent aussi fier l’institut Diambars.

Comment expliquez-vous le fait qu’Arsenal ne soit pas champion d’Angleterre cette saison après un bon départ ?

La Premier League est une compétition très compliquée. C’est l’un des championnats les plus difficiles, avec sept à huit équipes qui sont capables de gagner le titre. Arsenal a fini 4ème. Elle est qualifiée en Ligue des champions et en finale de la Fa Cup. C’est quand même une très bonne chose pour eux.

Parlez-nous du projet de l’Education de l’Unicef dont vous êtes venu donner le coup d’envoi au Sénégal ?

On parle des footballeurs en mal. Si on s’engage pour ces genres de projets, cela démontre que l’on est conscient. Notre objectif c’est de soutenir les programmes d’éducation de l’Unicef dans le Monde ? Faire savoir plus sur le travail de l’Unicef et comment l’initiative Pass permet aux enfants d’avoir accès à l’éducation au Sénégal ; en se servant du pouvoir du football pour aider les enfants vulnérables au Sénégal. J’ai eu El hadji Diouf qui s’est engagé pour l’autosuffisance  alimentaire au Sénégal. C’est une chose que je crois. Je crois que le futur de nos enfants c’est l’éducation. J’y crois à 300%.

amadoumbodji@lequotidien.sn

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*