Pénurie d’eau : «Si l’État continue à être en accointance avec…»

Ancien directeur général de la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), Abdourahmane Diouf s’est exprimé sur la pénurie d’eau qui éprouve actuellement les populations. À l’en croire, les causes profondes du problème sont essentiellement liées au système de régulation mis en place entre l’État, «le concédant», la Sones, «le concessionnaire», et la Sde, «le fermier».

«Les relations sont disproportionnées, a tranché Abdourahmane Diouf, samedi, en marge du lancement de la Cellule des cadres de Rewmi (Cecar) dont il est le coordonnateur. La Sde qui a la charge de la gestion de l’eau et qui doit la donner directement aux Sénégalais, a une posture trop privilégiée qui lui permet de ne pas respecter le cahier de charges.»

Cette situation découle, de l’avis de Diouf, du fait que la Sones, détentrice de la concession, n’a aucun moyen de faire la police. Il explique : «Le contrôle que la Sones doit exercer sur la Sde (qui est une société privée), n’est pas un contrôle optimal. Et c’est cela qui fait qu’il y a des problèmes de performance dans l’exécution du contrat de la Sde.»

«Si le gouvernement continue à être en accointance avec la Sde, sans permettre à la Sones de faire son contrôle, on aura toujours des situations pareilles et les gens auront l’impression que le fautif c’est la Sones alors que le fautif c’est la Sde», avance Abdourahmane Diouf. Qui pointe aussi, au chapitre des causes profondes des impairs dans l’approvisionnement en eau, le partage des revenus liés à la distribution du liquide précieux entre la Sones et la Sde.

«Aujourd’hui, affirme le coordonnateur des cadres de Rewmi, celui qui bénéficie le plus de ce modèle, c’est la Sde. La redistribution des bénéfices financiers ne profite pas à la Sones qui aurait pu en bénéficier pour faire des investissements complémentaires afin d’éviter ce genre de difficultés.»

  Abdourahmane Diouf martèle : «Tout ce qui est avantageux dans le cadre du contrat d’affermage va à la Sde. Tout ce qui n’est pas avantageux, va à la Sones. La Sones a les charges, l’investissement par exemple, alors qu’elle n’est pas la principale bénéficiaire du modèle financier.»

Auteur: Youssouf SANÉ – Seneweb.com

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