Péripéties de l’audience en dehors du palais : Procès-dur !

palais-justice-0339Les regards de l’opinion nationale et internationale sont braqués en cette journée du jeudi 31 juillet sur le Palais de justice de Dakar. Dans les taxis ou dans la rue, tous les postes de radio semblent être câblés sur la même fréquence : le Tribunal qui abrite l’affaire estampillée «procès du siècle». D’est en ouest comme du nord au sud, toutes les issues menant au temple de Thémis sont barrées par des barrières derrières lesquelles sont postés des policiers qui filtrent l’accès au Tribunal.
Les bérets rouges font le double ou le triple de la foule venue, dans sa majorité, assister au procès du fils de l’ancien président de la République attrait à la barre pour enrichissement illicite présumé.
Sur les lieux, un fait inédit : les gens font la file pour accéder à l’intérieur. Engoncé dans un costume sombre, le coordonnateur du Pds, Oumar Sarr, fait la queue à l’instar de son camarade Farba Senghor. Ils entendent assister au procès même si d’emblée, ils se déclarent convaincus que les dés sont pipés et que le «procès ne sera pas équitable» comme ils l’auraient souhaité. «On sait depuis longtemps qu’on n’aura pas un procès équitable. On va suivre le procès et on appréciera», sifflent-ils. Dispo­si­tion nouvelle, «ceux qui vont au procès de Karim Wade, allez à la porte qui mène vers le Mac de Rebeuss», lance un gendarme à la foule qui se précipite, laissant un grand vide derrière elle. Ce qui at­teste de l’intérêt que suscite le procès, qui fait de l’ombre aux autres audiences qui se tiennent simultanément dans les autres salles.

Karim entre souriant au Palais de justice
Postés à l’entrée, cameramen et photographes de presse guettent l’entrée de Karim Wade pour prendre l’image du scoop. Leur attente ne fut pas vaine, les avocats de la défense (Mes Olivier Sur, Demba Ciré Bathily, Ciré Clédor Ly…) devancent de quelques minutes leur client. A 9h 20 minutes, à bord d’un pick-up blanc, Karim Wade quitte la Mac de Rebeuss pour rallier le Tribunal. Arrivé à hauteur des journalistes, Karim, mine sereine, drapé dans un boubou blanc, baisse la vitre, lance quelques signes avant que la voiture ne s’engouffre dans la cave du Tribunal. Un moment que ne savourera pas sa maman, l’ancienne Première dame, Viviane Wade arrivée dix minutes après son fils. Son visage cache mal la tristesse d’une mère inquiète quant au sort qui sera réservé à son fils en prison depuis plus d’un an.
Au moment où la tension couve entre avocats de la défense et ceux de la partie civile ou encore entre magistrats et quelques trouble-fêtes parmi le public de la salle 4, un calme règne aux alentours du Palais de justice où l’ombre d’aucun militant libéral n’est notée à cette heure.
La suspension de l’audience, suite à la décision du juge d’ordonner un mandat d’amener à Bibo Bourgi, redonne du boulot aux guetteurs d’images qui se tournaient les pouces. L’ambulance de la clinique du Cap qui amène le co-accusé Bibo Bourgi constitue une attraction. Chacun se bouscule pour immortaliser l’entrée de Bourgi cueilli sur son lit d’hôpital avec ses perfusions.

tndiaye@lequotidien.sn

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