Plaidoyer pour l’adoption d’une loi encadrant la médecine traditionnelle

Edouard Junior Ndèye, chargé de la médecine traditionnelle dans une Ong italienne, a souligné vendredi à Louga (nord) la nécessité pour les pouvoirs publics d’adopter rapidement une loi encadrant le cadre d’intervention des tradipraticiens, afin de permettre à la médecine conventionnelle de se référer à cette forme de médecine.

‘’L’absence d’un cadre juridique de la médecine traditionnelle ne permet pas aux médecins de s’en référer. Il donc nécessaire d’adopter une loi encadrant la médecine traditionnelle. Qu’on le veuille ou pas, cette forme de médecine fait partie intégrante de la trajectoire thérapeutiques des populations’’, a-t-il déclaré à des journalistes en marge d’un atelier consacré à cette question.

‘’L’Etat doit accompagner la médecine traditionnelle. Il faudrait qu’on aille rapidement à une règlementation favorisant une meilleure coopération avec la médecine conventionnelle. Aujourd’hui, aucun médecin n’ose se référer à la médecine traditionnelle en raison de ce manque de cadre juridique’’, a-t-il déploré.

M. Ndèye, responsable du secteur de la médecine traditionnelle de l’Ong italienne CISV, a en outre souligné l’urgence de l’adoption d’une telle loi ‘’qui pourrait du même coup assainir le secteur en permettant d’identifier les vrais acteurs à l’image du Mali où cette loi existe depuis plusieurs années’’.

‘’Un forum portant sur la l’adoption d’une loi régissant la médecine traditionnelle a été déjà tenu. Cette rencontre avait abouti à un consensus sur les contours de cette loi. Mais il est aujourd’hui nécessaire d’organiser de nouvelles concertations’’, a pour sa part dit Ndongo Diakhoumpa, président de la Fédération nationale des tradipraticiens du Sénégal.

Selon lui, la séparation entre la médecine faite à base de plante et les traitements reposant sur des incantations et autres rites est indispensable dans l’élaboration de la nouvelle loi.

‘’La dite loi doit prendre en compte uniquement la médecine faite à base de plante qu’un un laboratoire peut contrôler, alors qu’il est impossible d’en faire pour les incantations’’, a fait remarquer Diakhoumpa.

Louga, 7 déc (APS)

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*