« Plus de 18 milliards de chèques sans provisions relevés dans le rapport 2014 de la Cour des Comptes » selon Monsieur Noumoutié Herbert TRAORE

court des compte burkinaMonsieur Noumoutié Herbert TRAORE, Premier président de la Cour des Comptes, a remis le rapport public 2014 de l’Institution qu’il dirige au Président du Faso, S.E.M. Roch Marc Christian KABORE dans la matinée du lundi 08 février 2016.

Cette audience solennelle de remise du rapport public 2014 de la Cour des Comptes a eu lieu en présence de Monsieur Paul Kaba THIEBA, Premier ministre. « Nous avons, en respect des textes qui régissent la Cour des Comptes, remis officiellement le rapport public 2014 qui comporte trois parties », a déclaré Monsieur Noumoutié Herbert TRAORE à l’issue de l’audience.
La première partie de ce rapport porte sur l’examen des opérations du budget de l’Etat, notamment l’exécution de la loi de Finances. A ce niveau, a confié le Premier président de la Cour des Comptes, « nous avons relevé bien sûr des forces mais aussi des faiblesses. Les principales recommandations portent sur le non recouvrement des prêts. Nous avons constaté aussi que le budget a été exécuté en déficit, c’est-à-dire qu’on a dépensé plus qu’il n’a été prévu. De même, le parlement a autorisé le gouvernement à faire des prélèvements sur les marchés financiers, ce qu’on appelle les bons de trésor. Là aussi nous avons constaté qu’il y a eu un abus en 2013, c’est-à-dire qu’ils ont prélevé plus que le parlement ne l’avait autorisé. L’autre problème porte sur les chèques sans provisions. Cette situation va en augmentant parce que nous avons constaté plus de 18 milliards de chèques émis sans provisions ».
Dans la même rubrique, la Cour des Comptes a en outre, opéré des contrôles sur certains fonds nationaux et sur la gestion de certaines Ambassades.
La deuxième partie du rapport 2014 de la Cour des Comptes porte sur l’audit des collectivités territoriales. « Nous avons pu exercer des contrôles sur la Commune urbaine de Gaoua et le Conseil régional du Sud-ouest. Là aussi nous avons pu relever des irrégularités qui concernent des dépenses qui n’ont pas été justifiées dans leur entièreté et des indemnités des agents qui sont payées en deçà, c’est-à-dire que les textes en la matière n’ont pas été appliqués », a souligné Monsieur Noumoutié Herbert TRAORE.
La troisième partie porte sur le contrôle des entreprises publiques et des projets et programmes de développement. « Au niveau du Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB), nous avons pu constater des faiblesses, notamment des salaires indus à des gens qui n’étaient plus en activité au sein de l’établissement ou même des cas de malversations. Au niveau du Plan Décennal de Développement de l’Education de Base (PDDEB), nous avons mené des contrôles notamment liés à la solidité des ouvrages réalisés. Vous avez des écoles qui se sont détériorées en un temps record : soit la toiture est partie, soit c’est le bâtiment qui est délabré, et même quand c’est à l’état neuf, ça ne donne pas envie d’y travailler. Il y a aussi des cas de chantiers qui n’ont même pas encore démarré », s’est offusqué le Premier président de la Cour des Comptes.
Et il a soulevé l’urgence « de travailler à ce que nos ouvrages soient de qualité pour éviter d’investir éternellement dans les mêmes domaines ».
Tout ce travail ne s’est pas réalisé sans difficultés, a relevé Monsieur Noumoutié Herbert TRAORE qui dit avoir justement échangé « avec le Président du Faso sur l’ensemble de ces difficultés de la Cour des Comptes ».
Créée en 2000, la Cour des Comptes a une mission de contrôle de l’économie, de l’efficacité et de l’efficience dans la gestion des finances publiques, d’assistance et de conseil du parlement, du gouvernement et plus généralement d’information du public.

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso

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