POLITIQUE DE SANTE Des moyens peu énergiques

Après avoir connu une hausse de 11,93% pour l’exercice 2013, le budget 2014 du ministère de la Santé et de l’Action sociale voté hier lundi par les députés n’a connu qu’une hausse de 2,75%. On est encore loin de la norme fixée par la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest).eva_marie_colle_seck

Pour l’exercice 2014, le budget du ministère de la Santé et de l’Action sociale a connu une hausse de 3,403 milliards de FCfa en valeur absolue, passant de 123 milliards 692 millions à 127 milliards 95 millions FCfa. Entre la loi de finances 2013 et celle de 2014, le budget dudit ministère affiche une variation de seulement 2,75% en valeur relative contre 11,93% entre l’exercice 2012 et celui de 2013.

Les fonds publics affectés au secteur de la santé affichent ainsi une régression substantielle malgré les récentes mesures gouvernementales saluées par beaucoup notamment la Couverture maladie universelle(Cmu), visnt à «réduire les inégalités » dans l’accès aux soins de santé. Dotée d’un montant de 10 milliards F Cfa, la Cmu n’est cependant pas la panacée car ne concernant que les enfants de 0 à 5 ans.

Par ailleurs, ce secteur social par excellence nécessite beaucoup plus de fonds publics et, comme l’ont souligné les interventions des députés, les préoccupations tournent autour du déficit du budget de ce département, des difficultés des infrastructures de santé et du manque de personnel dans certains hôpitaux et postes de santé à l’intérieur du pays, entre autres.

L’Etat des lieux en ce qui concerne la construction et la réhabilitation de certaines structures de santé, la dotation en équipements et la logistique nécessaires à leur fonctionnement, en dit long et les difficultés d’accès aux soins dans certaines structures de santé demeurent une réalité. Il s’y ajoute un personnel de santé peu qualifié tandis que des milliers d’infirmiers attendent d’être recrutés.

Le député Barthélémy Dias lui, n’y est d’ailleurs pas allé de main morte pour fustiger le caractère « dérisoire » du budget alloué au département de la Santé pour l’exercice 2014. Joignant l’acte à la parole, il a carrément refusé de le voter.
Car, si certains y voient des efforts du gouvernement allant dans le sens de soutenir le secteur de la santé, il apparaît cependant un certain manque de volonté dudit gouvernement de se rapprocher tout au moins de la norme fixée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en portant le budget de la santé à 15% du budget national. L’objectif étant d’assurer l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement(Omd).

En attendant, les populations rurales accèdent difficilement aux services de santé surtout les services spécialisés (Dakar et capitales régionales), en plus du coût de la prise en charge déjà élevé, il faut ajouter les frais liés au déplacement et à l’hébergement. En plus, un des grands défis reste le relèvement du plateau technique des centres de santé pour les élever au rang d’hôpitaux de district.

Pour mémoire, lors du vote du budget 2013, les députés vient d’ailleurs proposé, entre autres solutions dans le cadre du renforcement du budget de la santé, le prélèvement d’un montant de 8 milliards sur les recettes générées par les sociétés minières. Dans le même élan, la commission des finances avait préconisé l’augmentation des taxes sur le tabac.

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