Port d’armes, sécurité max, homophobie… Le Brésil de Bolsonaro « s’israélise »

BRÉSIL – Après les feux d’artifice spectaculaires ayant embrasé Rio de Janeiro pour l’entrée dans 2019, le Brésil bascule dans une ère de rupture. Le pays a investi son nouveau président, Jair Bolsonaro, à Brasilia, ce mardi 1er janvier. Le premier chef d’État d’extrême droite à être jamais arrivé au pouvoir au Brésil par les urnes a suscité énormément d’attentes avec ses promesses de rompre avec l’ordre établi, mais aussi de nombreuses inquiétudes.

En signant un registre officiel dans la Chambre des Députés, il est ainsi devenu le 38e président du pays. Auparavant, il a prêté serment, s’engageant à “défendre et appliquer la Constitution” tout en oeuvrant pour “l’Union, l’intégrité et l’indépendance du Brésil”. Le vice-président Hamilton Mourao, lui aussi investi mardi, a prêté le même serment. L’arrivée au pouvoir de Bolsonaro ouvre une ère de rupture chargée de lourdes incertitudes avec le virage à l’extrême droite du Brésil.

Le nouveau président a appelé les membres du Congrès à l’aider à “libérer définitivement” le Brésil “du joug de la corruption, de la criminalité, de l’irresponsabilité économique et du carcan idéologique”. “J’appelle chacun des membres du Congrès à une mission de restauration et de redressement de notre patrie, a-t-il affirmé. “Nous avons une opportunité unique de reconstruire notre pays et de regagner la confiance de nos compatriotes”.

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Jair Bolsonaro a appelé aujourd’hui dans son premier discours de président, à un “pacte national” pour “libérer définitivement” le Brésil “du joug de la corruption, de la criminalité, de l’irresponsabilité économique et du carcan idéologique” http://u.afp.com/oteh  #AFP3021:01 – 1 janv. 2019

Lutter contre “l’idéologie de genre”

Jair Bolsonaro a également réitéré la nécessité de “créer un cercle vertueux pour l’économie, donnant la confiance nécessaire pour ouvrir nos marchés au commerce international, en stimulant la concurrence, la productivité et l’efficacité, sans orientation idéologique”. Le président d’extrême droite s’est une nouvelle fois montré résolument conservateur sur les questions de société, promettant de “respecter les religions et les traditions judéo-chrétiennes”, tout en “luttant contre l’idéologie de genre”.

Il a également réitéré son intention de libéraliser le port d’armes, affirmant que “les gens bien méritent d’avoir les moyens de se défendre”, et proclamant le “droit à la légitime défense”. Il devait ensuite se rendre au Palais du Planalto, où il devait recevoir des mains de son prédécesseur Michel Temer l’écharpe présidentielle, une pièce de soie jaune et verte, sertie d’or et de diamants.

Un important dispositif de sécurité

Ancien parachutiste et député iconoclaste et provocateur, Jair Bolsonaro, 63 ans, s’est fait élire avec 55% des suffrages le 28 octobre, en promettant une lutte musclée contre la corruption et la criminalité qui gangrènent la première puissance d’Amérique latine et désespèrent sa population. Il a aussi accumulé les dérapages racistes, machistes ou homophobes et les éloges de la période noire de la dictature militaire (1964-1985) qui lui ont aliéné des millions de compatriotes.

Un impressionnant dispositif de sécurité a été mis en place, avec de nombreux check-points, un système antimissile, 20 avions de chasse mobilisés et la fermeture de l’espace aérien. Jair Bolsonaro ayant frôlé la mort lors d’un attentat à l’arme blanche en plein bain de foule le 6 septembre 2018, les autorités n’ont rien laissé au hasard. Entre 250.000 et 500.000 personnes venues de tout le pays étaient attendues sur l’Esplanade des ministères, un lieu emblématique où sont concentrés tous les pouvoirs de Brasilia. La cérémonie d’investiture devait débuter à 14h30 locales – donc 17h30 heure française – au coeur de la capitale futuriste au plan en forme d’avion sortie de l’imagination de l’architecte Oscar Niemeyer et de l’urbaniste Lucio Costa au début des années 1960.Voir l’image sur Twitter

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Vêtus pour la plupart des couleurs jaune et verte du Brésil et tous avides de “changement”, les partisans de Jair Bolsonaro affluent à Brasilia pour l’investiture http://u.afp.com/otsM  #AFP1317:01 – 1 janv. 2019Voir les autres Tweets de Agence France-PresseInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Benjamin Netanyahu, invité de marque

La cérémonie d’investiture devait aussi donner le ton de la future ligne diplomatique de Brasilia, en totale rupture avec la tradition de multilatéralisme du Brésil. L’un des invités de marque à Brasilia est le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier a révélé dimanche à Rio que Jair Bolsonaro lui avait confirmé qu’il transférerait bien, tôt ou tard, l’ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem, suivant les traces du président des États-Unis Donald Trump.

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