Portrait : Sidy Lamine Niass, une lueur s’est éteinte

A 68 ans, Sidy Lamine Niass, propriètaire du groupe Walfadjri, passionné de médias, n’est plus. L’aurore s’est levée et une lueur s’est dissipée dans le noir. La presse sénégalaise pleure un de ses farouches monuments. Igfm retrace quelques pans de sa vie.

Ses coups de gueule vont manquer le Sénégal. Sa bouille de guerrier prêt à s’armer de sa vérité, de son ton caustique, sincère, impertinent, revêche, rebelle ne va plus apparaître sur le petit écran. Ainsi, la grande faucheuse a décidé de l’ôter de notre vue si brutalement. Si cruellement. La nouvelle de sa mort a laissé figer comme un piquet plus d’un. C’est que Sidy Lamine Niass était le parent de tous les Sénégalais. Il entrait dans les chaumières par le biais de la petite lucarne et disait à haute et intelligible voix des histoires qui plaisaient, des vérités qui blessaient, des paroles qui apaisaient. Ces temps-ci, l’homme qui n’est pas un adepte du silence s’était fait rare. L’absence de paroles n’était pourtant pas son fort. Sidy Lamine Niass aimait parler (ses éditions du matin sur Walf) et faire parler (son émission Dinéé ak jamono), vivre et faire vivre. Il lui arrivait parfois de troquer son costume de patron à celui d’un reporter futé avec toujours ce mot ou cette phrase qui fait mouche. Il vivait des événements et les

Portrait :  Sidy Lamine Niass, une lueur s’est éteinte

Actualité/Une

IGFM-A 68 ans, Sidy Lamine Niass, propriètaire du groupe Walfadjri, passionné de médias, n’est plus. L’aurore s’est levée et une lueur s’est dissipée dans le noir. La presse sénégalaise pleure un de ses farouches monuments. Igfm retrace quelques pans de sa vie.

Ses coups de gueule vont manquer le Sénégal. Sa bouille de guerrier prêt à s’armer de sa vérité, de son ton caustique, sincère, impertinent, revêche, rebelle ne va plus apparaître sur le petit écran. Ainsi, la grande faucheuse a décidé de l’ôter de notre vue si brutalement. Si cruellement. La nouvelle de sa mort a laissé figer comme un piquet plus d’un. C’est que Sidy Lamine Niass était le parent de tous les Sénégalais. Il entrait dans les chaumières par le biais de la petite lucarne et disait à haute et intelligible voix des histoires qui plaisaient, des vérités qui blessaient, des paroles qui apaisaient. Ces temps-ci, l’homme qui n’est pas un adepte du silence s’était fait rare. L’absence de paroles n’était pourtant pas son fort. Sidy Lamine Niass aimait parler (ses éditions du matin sur Walf) et faire parler (son émission Dinéé ak jamono), vivre et faire vivre. Il lui arrivait parfois de troquer son costume de patron à celui d’un reporter futé avec toujours ce mot ou cette phrase qui fait mouche. Il vivait des événements et les faisait vivre.

Sidy Lamine Niass était un enseignant arabe qui aimait la Presse. Un illettré de la langue de Molière qui aimait le français. Il ne cultivait aucun complexe devant les sénégalais à l’époque qui n’hésitaient pas de retour de France à rouler les R. Nous sommes à la fin des années 70, et Sidy Lamine fait un coup d’éclat. Il crée un magazine mensuel d’informations générales dénommé WalFadjri. A l’époque, l’homme est très engagé pour la cause palestinienne.

Sidy Lamine Niass est un fieffé guerrier qui n’a peur de rien dans ces années là, il fait tout dans l’excès, son engagement est à la hauteur des supplices que lui causent le nouveau Président élu, Abdou Diouf, par la grâce de l’Article 35 lié à la démission de Senghor en décembre 80. Sidy Lamine prend des positions qui gênent le pouvoir de l’époque. Il est emprisonné. Son entêtement, sa force de caractère, sa détermination font qu’il ne veut être l’allié de personne. Et les intimidations et les menaces n’ont aucun prisme sur lui.

Le régime de Diouf croyait le punir. Mais il sort de prison plus « fou » à tremper sa plume et sa ligne éditoriale dans la plaie. «Je veux mener le combat de la liberté des peuples à travers la presse», ne cessait-il de répéter.

Walfadjri son œuvre la plus aboutie…malgré

En 1994, il crée le quotidien Walfadjri. Et quelques années plus tard, il enrichit la bande Fm de programmes qui font le bonheur des Sénégalais. Ce qui fait qu’aujourd’hui le Chariot de feu est devenu une institution médiatique dans ce pays. Des voix ronflantes font le bonheur de cette station placée en tête des sondages. Au fil des ans, avec des erreurs de casting qui ont failli plomber l’entreprise de presse, Walf Fadjri fidèle à sa ligne éditoriale pure et dure, ne cesse de «péricliter» en raison des nombreux départs qui ont dégarni sa rédaction.

Dans le milieu médiatique, ils sont nombreux à passer par l’école de Walf pour se faire un nom. Pêle-mêle, parmi les patrons de presse et autres chefs de services, on peut citer Bougane Guèye Dany (DMédias), Mamadou Ibra Kane (Emedia), Alassane Samba Diop (Emedia), Abou Abel Thiam (ARTP), El Hadj Assane Guèye (RFM), Aliou Ndiaye (Pikini production), Fabrice Nguéma (Sen TV), Adama Kandé (2STV), Maïmouna Ndir (RTS), Oumar Gningue (RTS), Yoro Dia (Consultant), Souleymane Jules Diop (ministre), Souleymane Niang (Ancien Directeur Warc), Aïssatou Diop Fall (TFM), Ndèye Astou Guèye (Sen TV), mais aussi le régiment de reporter et animateurs constitué de Mamadou Ndiaye Doss, Lamine Samba, Mamadou Ndoye Bane, Pape Cheikh Sylla, Papa Ngagne Ndiaye, Mamadou Bitèye, Arame Ndiaye, Thioro Mbar Ndiaye, etc., qui font aujourd’hui le bonheur d’autres chaînes de télé. Et même l’humoriste Samba Sine et sa célèbre émission kouthia Show….

Les rapports de Sidy avec le pouvoir ont toujours été compliqués. On se rappelle des mises en garde de Me Wade, qui le portait cependant en haute estime. Tout le monde se souvient aussi de ses positions tranchées contre Macky Sall qu’il accusait sans ambages d’instaurer la dictature au Sénégal. Et dernièrement, il s’en est pris violemment à Idrissa Seck le Président de Rewmi suite à la polémique sur la Mecque et Bacca. Il est ainsi fait Sidy, il n’avait pas sa langue dans sa poche…

Sidy Lamine, fils du premier Khalife de Léona

Sidy Lamine était si engagé dans les médias que l’on en oubliait parfois sa Jellaba de religieux qu’il portait magistralement. Le journaliste Serigne Mour Diop disait de lui sur un texte disponible sur le Net qu’il était Second fils de sa mère d’origine mauritanienne, une descendante du Prophète Mohamed (PSL). Sidy Lamine Niasse est né en 1951 d’une fratrie de trois membres, du côté maternel, avec un frère, Ahmed Khalifa, et une sœur, Salma Aïcha, qui vit en Europe depuis de nombreuses années. Comme tous les fils de cheikh, il a bien sûr fait ses humanités au foyer, auprès de son vénéré père, Khalifa Niasse, fils et premier khalife de Seydi Abdoulaye, fondateur de la communauté Niassène de Léona, à Kaolack (région centre).

Après la maîtrise du Saint Coran, des Hadiths et autres exégètes qui fondent la religion musulmane, auprès de son père et guide spirituel, Khalifa Ibn Abdoulaye Niasse, le jeune Sidy Lamine est confié à son oncle paternel, Cheikh Ibrahim Niasse, plus connu sous le sobriquet de Baye, qui le conseillera, plus tard, d’aller suivre ses études en théologie et autres sciences islamiques en terre égyptienne. C’est là que lui est venue la passion pour la presse, car au pays des Pharaons, le jeune Kaolackois s’est spécialisé en communication sociale. La suite on la connaît…

Le Groupe Futurs Medias présente ses condoléances les plus attristées à toute sa famille et à l’ensemble de la presse sénégalaise

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