Pour l'Usada, Lance Armstrong avait mis au point "le programme de dopage le plus sophistiqué" de l'histoire du sport

Les preuves montrent, sans le moindre doute, que l’US Postal a mis en place le programme de dopage le plus perfectionné, le plus professionnel et le plus efficace jamais vu dans le sport.” La sentence ne laisse pas de doute non plus sur l’issue de l’affaire Armstrong. Elle est extraite du communiqué que l’Agence américaine antidopage (Usada) vient de publier, mercredi 10 octobre, sur son site Internet.

L’Usada annonce qu’elle vient de transmettre à l’Union cycliste internationale (UCI) et à l’Agence mondiale antidopage le rapport d’enquête de plus de mille pages à partir duquel elle a décidé, le 24 août, de bannir à vie Lance Armstrong et de lui retirer tous les titres acquis depuis 1998, dont sept Tours de France victorieux entre 1999 et 2005. L’instance antidopage américaine précise que le document – qui devrait être mis en ligne dans les prochaines heures sur son site – contient les témoignages sous serment de 26 personnes, dont 15 coureurs.

Parmi ces cyclistes se trouvent l’ancien vainqueur déchu du Tour 2006, Floyd Landis et Tyler Hamilton, l’ex-lieutenant d’Armstrong, George Hincapie – qui a couru la Grande Boucle 2012 – ou encore Levi Leipheimer, David Zabriskie, Frankie Andreu, Michael Barry, Tom Danielson, Stephen Swart, Christian Vande Velde ou Jonathan Vaughters, aujourd’hui directeur sportif.

“LA LOI DU SILENCE A ÉTÉ BRISÉE”

“Il a fallu un courage immense aux coureurs de l’US Postal et aux autres pour se présenter et dire la vérité. Ce n’est pas évident de reconnaître ses erreurs et d’accepter sa sanction, explique le patron de l’Usada, Travis Tygart. Mais c’est ce que ces coureurs ont fait, et ils l’ont fait pour le bien de leur sport et pour les jeunes cyclistes qui espèrent atteindre leurs rêves sans jamais avoir recours à des pratiques ou des produits dopants.” “Les preuves indiquent que la ‘loi du silence’ a été brisée, mais il y a encore du chemin à faire”, poursuit Travis Tygart qui appelle l’UCI à “un programme ‘vérité et réconciliation'”.

L’Union cycliste internationale, qui refusait d’engager une procédure disciplinaire à l’encontre de l’ex-vedette du cyclisme mondial avant d’être en possession du rapport de l’Usada ne devrait pas avoir d’autre choix que de lui retirer ses titres en Tour de France. “Parmi les preuves dont nous disposons figurent des documents tels que des relevés de paiements, des courriers électroniques, des données scientifiques et des résultats de tests de laboratoire, qui démontrent l’usage, la possession et la redistribution de produits dopants par Lance Armstrong, détaille le patron de l’Usada. Elles confirment la désolante vérité au sujet des activités trompeuses de l’US Postal, une équipe qui a reçu des dizaines de millions de dollars de la part des contribuables américains.”

Lance Armstrong et son entourage sont ainsi accusés d’avoir eu recours, de façon systématique, à des administrations d’EPO et des transfusions sanguines, mais aussi d’avoir mis en place des stratégies pour éviter les contrôles antidopage positifs.

Anticipant la divulgation du rapport, Tim Herman, l’avocat de Lance Armstrong, avait un peu plus tôt dans la journée estimé que l’Usada s’était comportée à la fois “comme procureur, juge, jury, cour d’appel et bourreau” et que ledit rapport comportait des versions “biaisées, partiales et non contradictoires” des événements.

Dans son acte d’accusation, l’Agence antidopage américaine ne semble pourtant oublier personne puisqu’elle a déjà radié à vie le médecin italien Michele Ferrari, ex-préparateur de Lance Armstrong et qui compte de nombreux clients dans le peloton professionnel, et qu’elle entend aussi poursuivre le belge Johan Bruyneel, ex-mentor de l’Américain et ancien directeur sportif d’un autre vainqueur du Tour, l’Espagnol Alberto Contador.

Stéphane Mandard

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