POUR LUTTER CONTRE MORTALITE MATERNELLE ET NEONATALE La réouverture des maternités de Dantec et de l'Institut Polyclinique de la Médina exigée

hôpital Aristide Le DantecLes premières journées franco sénégalaises de gynécologique-obstétrique qui se tiennent à Dakar, du 21 au 24 mai 2014, constituent l’occasion pour le Pr Charles Moreau de plaider pour la réouverture des maternités de référence de l’hôpital Aristide Le Dantec et  de l’Institut Polyclinique de la Médina.

La première est fermée depuis 10 ans pour des besoins de réhabilitation  et la seconde depuis trois ans, par décision administrative.

300 participants gynécologues-obstétriciens et sages-femmes attendus du Sénégal, de France et de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne vont se réunir à Dakar à partir d’aujourd’hui, mercredi, pour quatre jours, pour que des solutions soient apportées aux maux multiples dont souffre la mortalité maternelle et néonatale dans le continent.
En prélude à cette rencontre les gynécologues ont d’emblée vivement fustigé lors d’un point de presse tenu à Dakar la décision du Sénégal de vouloir exporter des sages-femmes vers d’autres pays alors qu’un gap de 1336 sages-femmes a été constaté à Dakar et dans certaines régions dont Matam. Il s’agit là d’un paradoxe, selon le Professeur Moreau, parce qu’il nous faudrait balayer devant nos portes avant d’aller faire la même chose pour les autres.
 Ainsi après avoir dénoncé cette décision des autorités, les gynécologues ont par la suite fustigé la prolifération des écoles privées paramédicales dont la qualité de la formation laisse à désirer.  Une épine qui, selon eux, risque d’avoir des conséquences graves dans le secteur sanitaire, qui avait, pourtant dans le passé toujours bénéficié des ressources humaines de qualité.
Toute chose qui fera dire au Pr Moreau qu’entre juillet 2006 et mai 2014, le Sénégal est passé d’une dizaine d’écoles privées de sages-femmes à 63 écoles privées de sages-femmes avec des succursales dans certaines régions.
Pour ce qui concerne les recommandations de la communauté internationale en faveur d’une assistance de qualité aux femmes en accouchement, le Pr Moreau plaide pour que des maternités de référence comme celles de l’hôpital Aristide Le Dantec fermée depuis 10 ans pour des besoins de réhabilitation et celle de l’Institut Polyclinique de la Médina, fermée par décision administrative depuis trois ans; rouvrent leurs portes.
Le ministère des finances indexé 
Le retard accusé dans la réouverture de ces maternités est surtout liée à des lenteurs administratives. Parce que des échanges de courriers entre ministères impliqués dans le dossier durent depuis trois à six mois, selon toujours le Pr Moreau. Il précise en outre que le temps passe alors que les urgences hémorragiques, les urgences infectieuses et autres dont souffrent les femmes ne peuvent pas supporter ces pesanteurs administratives.
Le Pr Moreau de souligner également que lors de la Journée de la sage-femme,   Mme le Premier ministre leur a annoncé la reprise des travaux de la maternité de Dantec. Le Pr Moreau de  souligner : « nous pensons que cette fois-ci ce sera la bonne puisqu’il s’agit de parole d’une femme, d’une épouse, d’une mère qui a mis à nu le déficit de solidarité gouvernementale, le déficit d’approche multidisciplinaire et multisectorielle, à l’origine du blocage aujourd’hui de ce dossier au ministère des finances. »
La Stratégie de délégation de compétences
Pour lutter contre les dysfonctionnements et les déficits de personnels, le Pr Moreau a renseigné qu’ils misent sur la stratégie de délégation de compétences. Le principe selon lui, consiste à habiliter des docteurs en médecine pour qu’ils réalisent des gestes qui sauvent des vies de mères et d’enfants surtout dans les coins reculés et réputés difficiles.
C’est d’ailleurs une telle stratégie, selon toujours le gynécologue de Dantec, qui a fait qu’au Sénégal près d’une quinzaine d’équipes de médecins formés sont en train de réaliser des césariennes dans les localités de  Kédougou, Bakel, Ranérou et  Linguère.
Les sages-femmes également n’ont pas été en reste. Car près d’une centaine d’entre elles ont été formées à la réalisation de l’échographie obstétricale afin de dépister les grossesses anormales pouvant être responsables d’hémorragies ou d’accouchements difficiles et parfois sources de décès. Toutes choses qui feront encore dire au Pr Moreau que ceci fera l’objet d réflexions lors de la conférence.
Il signale par ailleurs que cette stratégie reconnue par la Communauté internationale est en train de faire son chemin non seulement dans d’autres pays d’Afrique, mais dans d’autres continents qui sont également confrontés à ces déficits de personnels. Cela montre tout simplement que ces docteurs en médecine ou sages-femmes, peuvent remplacer le gynécoloque là où il n’est pas présent, a-t-il souligné.
Premières journées franco-sénégalaises de gynécologie obstétrique 
Organisées par l’Association sénégalaise des gynécologues-obstétriques (ASGO), les premières journées franco-sénégalaises de gynécologie obstétrique, qui s’ouvrent aujourd’hui, mercredi 21 mai jusqu’au 24 mai, à Dakar, vont porter sur des sujets d’actualité liés, entre autres, à la prévention du cancer du col de l’utérus, la prise en charge des fibromes utérins, les hémorragies du post-partum, la fertilité et la contraception.
Au Sénégal même si des efforts remarquables ont été réalisés au point d’avoir réussi à réduire la mortalité maternelle qui passe de 500 à 300 décès sur 100 000 naissances vivantes, l’objectif de cette rencontre, selon le Dr Abdoulaye Diop, Secrétaire général de l’Association est d’atteindre les 250 décès fixés par l’OMS d’ici 2015.
Une rencontre de ce genre, selon lui, est une opportunité pour revisiter les principales causes de la mortalité maternelle (hémorragies après l’accouchement) et néonatale (prématurité)’’. Tout cela pour améliorer la santé de la mère et de l’enfant, a-t-il ajouté.

Cheikh Tidiane MBENGUE

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