Pour une exception soulevée par Me El Hadji Diouf : Renvoie jusqu’au lundi 4 août prochain

6865491-10495064Sur fond de sécurité renforcée, le procès de l’ancien ministre Karim Wade, ouvert depuis hier, a été renvoyé jusqu’au lundi 4 août prochain, en raison d’une exception soulevée par Me El Hadji Diouf. Dès l’ouverture du procès, l’avocat a demandé la parole pour récuser la constitution des avocats anciens ministres, Mes Souleymane Ndéné Ndiaye, El Hadji Amadou Sall, Alioune Badara Cissé et Madické Niang.
Pour motiver sa demande, Me Diouf s’est fondé sur la loi 64-2009 stipulant qu’«un avocat ancien fonctionnaire ne peut se constituer contre l’Etat pendant une durée de trois ans à compter de la cessation de son mandat». Une loi signée, selon lui, par Me Ndiaye, Premier ministre à l’époque.
De l’avis de Me El Hadji Diouf, étant donné que l’Etat du Sénégal s’est constitué partie civile au procès, Me Souleymane Ndéné et Cie ne peuvent «accomplir aucun acte», dans le but de compromettre les intérêts de la chose publique. Sur ce, il demande au juge de déclarer irrecevable la constitution de l’ancien Premier ministre, de l’ancien ministre de la Justice, Garde des Sceaux, El Hadji Amadou Sall, ainsi que de Alioune Badara Cissé et Madické Niang tous deux anciens ministres des Affaires étrangères. Pour Me Diouf, les tentatives de Me Sou­ley­mane Ndéné Ndiaye et Cie de se faire admettre comme avocats de Karim Wade ne peuvent pas prospérer.
Toutefois, du côté de la défense, on se désole du flou entretenu par le statut d’«agent de l’Etat». Me Souleymane Ndéné Ndiaye ne s’est pas contenté de demander à Me El Hadji Diouf de «revoir sa copie». L’ancien Pm a en effet listé des «lacunes» et émis quelques précisions à l’endroit de son collègue. «Je n’ai jamais été un agent de l’Etat. Nous ne plaidons pas contre l’Etat, mais pour un prévenu», a affirmé Me Souleymane Ndéné Ndiaye.
Prenant la parole, le Procureur général près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) s’est rapporté à la décision du Tribunal. «C’est un débat interne au barreau, une cuisine interne», a dit le substitut Antoine Diome.
A la suite des débats, le juge a demandé aux différentes parties de lui laisser le soin d’examiner l’exception soulevée par l’avocat de l’Etat. «Nous avons besoin de temps pour étudier les exceptions», a fait valoir le juge. Lundi prochain, la Crei va rouvrir le procès de Karim Wade.

cbdiagne@lequotidien.sn

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