Pourquoi l’Espagne a-t-elle été visée?

Sur BFMTV, le journaliste et auteur de “Une histoire de terrorisme” Michael Prazan a expliqué que “ce n’est pas forcément un hasard” si l’Espagne est aujourd’hui touchée par le terrorisme islamiste. Deux premiers facteurs permettent facilement de comprendre pourquoi Daech s’attaque cette fois à l’Espagne, et en particulier à Barcelone. L’été, la capitale catalane, haut lieu de la fête en Europe, regorge de touristes de toutes les nationalités.

“La logique du terrorisme actuel est de ‘faire le plus de victimes possible’ pour ‘marquer les esprits’, d’où le choix d’une ville très touristique”, précise la chaîne d’info sur son site internet.

Un rapport publié en 2016 pointe en outre Barcelone comme foyer djihadiste. “La région métropolitaine de Barcelone est le principal foyer du terrorisme djihadiste en Espagne”, selon le Real Instituto Elcano, un think tank espagnol, cité par nos confrères du Soir.

L’engagement de l’Espagne dans la coalition internationale contre l’EI – 300 instructeurs militaires espagnols ont été envoyés en Irak en octobre 2014 – explique également en partie les événements d’hier. Ces derniers étant, par ailleurs, un énième signe de l’affaiblissement de l’organisation au Moyen-Orient.

Une autre raison, moins évidente, est plus symbolique. “À la tête de ces groupes, que ce soit Al Qaïda ou Daech, il y a des savants islamiques qui ont la mémoire du temps long”, explique Michael Prazan. Et l’auteur de rappeler “qu’en l’an 1000, une grande partie de l’Espagne faisait partie du califat des Omeyyades” (dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre Umayya ibn Abd Shams, grand oncle de Mahomet, NLDR). L’EI voudrait ainsi frapper des territoires autrefois reconquis par les chrétiens.

Le début d’un cycle? Selon Romain Caillet, historien et spécialiste de la mouvance djihadiste, les deux attentats de Barcelone et Cambrils pourraient par ailleurs être les premiers d’une série. À France TV Info, il explique:

“Il y a eu une série d’attentats en France, puis en Allemagne, puis en Angleterre. Peut-être qu’on est rentrés dans un cycle d’attentats en Espagne avec deux, trois attaques jusqu’à ce que les services espagnols comprennent la façon dont fonctionnent les réseaux et que cela devienne plus difficile de frapper sur le territoire ibérique.”

Un pays habitué au terrorisme islamiste L’Espagne est habituée au terrorisme islamiste. Le 11 octobre 2004, une attaque menée par des mouvements proches d’Al-Qaïda avait fait 191 morts et 1900 blessés. Des bombes avaient alors été placées dans plusieurs trains de banlieues.

Il s’agit toujours à ce jour de l’attaque la plus meurtrière commise sur le sol européen, rappelle LCI. Depuis la montée en puissance de l’EI et la vague d’attentats qui a touché notamment la France et le Royaume-Uni depuis 2015, le pays avait relativement été épargné par le terrorisme.

Fin décembre 2016 à Madrid, la police a néanmoins arrêté deux djihadistes qui s’étaient mis en scène sur la Puerta Del Sol, la célèbre place de la capitale, affublés d’attributs de l’EI. Des munitions et des armes avaient aussi été saisis.

Le 25 avril 2017, plusieurs personnes ont été arrêtées à Barcelone lors d’une opération menée avec la police belge. Enfin, le 25 juillet dernier à Melilla, un policier a été blessé au couteau par un ressortissant marocain criant “Allahu akbar”. Plus de 177 suspects ont été arrêtés en lien avec le terrorisme depuis 2015, conclut LCI.

Auteur: 7sur7.be – 7sur7.be

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