Pourquoi l’Iran refuse-t-il le pétrodollar?

petrodollarL’économiste iranien, Mohsen Maghsoudi, estime que le refus des pétrodollars n’est pas une propagande anti-américaine, mais une tentative de protéger l’économie iranienne.
« La décision de « dédollariser » le secteur pétrolier iranien peut sembler, politiquement, motivée, mais la situation n’est pas si simple que cela », estime l’économiste iranien, basé en Allemagne, Mohsen Maghsoudi. D’après lui, il existe trois explications à la décision prise par Téhéran d’utiliser l’euro, le yuan, ainsi que d’autres devises stables, au détriment du dollar, dans ses transactions pétrolières.
« D’abord, l’Iran a, considérablement, souffert, lors de la période des sanctions. Ses actifs reçus, grâce au commerce du pétrole, ont été gelés. A l’heure actuelle, on entend de nouvelles déclarations de Washington, qui menace d’infliger des sanctions à l’Iran, suite aux manœuvres de missiles balistiques. La décision de Téhéran est, alors, une tentative de protéger les actifs iraniens des sanctions américaines », a déclaré l’expert à Sputnik.
Deuxièmement, il ne faut pas oublier que la Chine et les pays européens sont les premiers partenaires économiques de l’Iran, rappelle l’expert. Selon lui, le passage aux devises nationales, (euro et yuan), sera, d’ailleurs, très profitable à la Chine. M.Maghsoudi fait, également, remarquer que le dollar n’est pas une monnaie, uniquement, américaine, mais une devise internationale. « Actuellement, le dollar est la devise principale, dans les fonds de réserve d’un grand nombre de pays, notamment, la Chine. Quand le dollar est affaibli, la Chine en souffre, elle aussi », estime l’expert.
Selon l’économiste, la transition à l’euro et au yuan pourrait avoir des conséquences ambivalentes, pour l’Iran. « Tout dépend des acheteurs. Le ministère iranien du Pétrole a déclaré que le pays envisageait d’augmenter la production de pétrole d’un million de barils, par jour. Mais trouver des acheteurs, pour ce pétrole, est une tâche difficile, pour l’Iran. L’abandon complet du dollar pourrait la rendre, encore, plus difficile, car facturer en dollars est souvent plus avantageux pour les acheteurs, étant donné que le dollar est la principale monnaie de réserve mondiale », souligne l’économiste.

Le passage à l’euro et au yuan peut inciter les acheteurs à refuser le pétrole iranien, prévient l’expert. Il estime que l’Iran doit prendre des décisions, sur le marché pétrolier, conjointement, avec ses alliés. « Si les réserves de change chinois sont en dollars, il faut voir jusqu’à quel point la Chine est prête à régler en devises nationales, si c’est avantageux, si cela contribuera au renforcement du yuan. Il faut que les économistes chinois fassent leurs pronostics.
En tout cas, la décision de passage à une autre monnaie doit être avantageuse, pour tous les acteurs du marché. L’objectif principal ne consiste pas en un refus du dollar ou du yuan, il faut juste vendre le plus de pétrole possible au prix le plus avantageux », conclut l’expert. Le 5 février, Téhéran a déclaré qu’il monnaierait son pétrole en euros et non en dollars. Téhéran a déclaré qu’il présenterait, ainsi, des factures en euros, pour les contrats, nouvellement, signés avec l’entreprise pétrolière française, Total, l’espagnole, Cepsa et Litasco, filiale de courtage du géant russe, Gazprom.
L’Iran a demandé, également, à ce que les paiements, qui étaient, jusque-là, gelés, du fait des sanctions internationales, soient effectués en euros. L’Iran milite, depuis des années, pour que l’euro remplace le dollar, comme devise de référence, dans le commerce du pétrole. Ce combat prend tout son sens, depuis la levée des sanctions, le mois dernier, l’Europe étant devenue l’un des principaux partenaires commerciaux du régime de Téhéran.

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