Poutine tente de prendre le contrôle de la guerre anti-terroriste au niveau mondial

51479875f8ee-1728x800_c-300x139L’Occident, dirigé par Washington, a vivement critiqué la légitimité de la participation de la Russie à les bombardements aériens en Syrie, arguant que ses objectifs étaient les rebelles « modérée » soutenus par les Etats-Unis. La coalition anti-Daesh formée autour des Etats-Unis a refusé toutes les propositions de la Russie pour agir ensemble en Syrie. Le président Vladimir Poutine a compris que l’attaque à Beyrouth qui a fait 41 morts et près de 200 blessés, comme l’accident de l’avion russe Airbus A321 dans le Sinaï ayant entraîné 224 morts, n’ont attiré presque aucun intérêt pour l’opinion publique occidentale manipulée par les grands trusts médiatiques. Au lieu de cela, les mêmes médias occidentaux ont déclenché un véritable mécanisme pour propager la terreur et la colère lors des attentats de Paris.

9273601663_f6990d723d_bAprès les attaques terroristes de Paris, le président François Hollande a essayé d’utiliser la vague de sympathie créé en invoquant l’article 5 du traité de l’OTAN, afin de forcer l’alliance à une offensive terrestre contre le groupe Daesh en Syrie et en Irak. L’OTAN (les Etats-Unis, en réalité) a considéré que l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie sont plus importants que la France. Le projet de Qatar Petroleum pour alimenter l’Europe en gaz à partir du Qatar et de l’Arabie Saoudite via la Syrie, pour rejoindre l’ancienne voie du gazoduc Nabucco, correspond aux intérêts de la Maison Blanche qui cherche l’élimination de Gazprom du marché européen. Washington a humilié la France en rejetant son initiative, pour poursuivre le double jeu qu’il a mené jusqu’ici. Ce qui revient à fermer les yeux sur l’armement et le financement, par ses alliés saoudiens et qatari, de tous les rebelles islamistes qui se battent contre l’armée nationale syrienne, y compris l’EI. Dans le même temps, il continue ses soi-disant bombardements contre Daesh qui ne sont que des opérations de communication [1].

Le président Vladimir Poutine a une nouvelle fois démontré son flair de grand stratège en se dépêchant d’établir les causes du crash de l’Airbus A321 russe dans le Sinaï avant la fin de l’enquête. Contrairement aux preuves accumulées jusqu’ici dans le dossier [2], Poutine a décrété que le crash de l’Airbus A321 dans le Sinaï avait été causé par une bombe artisanale fabriquée par les rebelles islamistes en Syrie. Ainsi, la Russie reprend au vol, supplantant la France, la légitimité des représailles à l’encontre les auteurs des deux attaques de Paris et dans le Sinaï. Parallèlement à cela, Poutine ordonne au groupe naval russe dans la Méditerranée orientale, conduit par le croiseur porte-missile Moskva, de coordonner les frappes avec le porte-avions français Charles De Gaulle. Le message est: «Je suis avec vous, et nous sommes attaqués ». Un signal clair de solidarité de la Russie avec la France et une première étape vers la promotion d’une nouvelle « coalition anti-terroriste », autre que celle qui est sous le commandement américain.

La France ne peut intensifier les raids aériens au-delà des 10 avions Rafale et Mirage 2000 de la base aérienne d’Al Dhafra aux Emirats Arabes Unis, auxquels il faut ajouter 22 autres Rafale M et Super Etendard du le porte-avions Charles De Gaulle [3]. La France ne peut faire plus. Contrairement à la France, la Russie n’est soumise à aucune contingence et a déjà prouvé qu’elle disposait de catégories de forces beaucoup plus diversifiées et plus efficace dans la lutte contre les rebelles islamistes en Syrie.
La Russie a montré aux terroristes et à la communauté internationale que son aviation militaire disposait de bombardiers tactiques déployés à la base aérienne de Hmaimim, dans l’ouest de la Syrie, capables de porter des frappes efficaces avec des missiles et des bombes de grande précision [4]. Elle a également démontré qu’avec ses bombardiers stratégiques Tu-22M3, Tu-95MS et Tu-160, déployés sur des bases en Russie, des missiles de croisière pouvaient frapper n’importe quelle cible située à des milliers de kilomètres de distance [5].

La Russie a également montré que les frégates, les corvettes et les sous-marins classiques de la marine russe (armés de missiles de croisière), de la mer Caspienne et de la Méditerranée, pouvaient mener avec succès et de manière indépendante ces types d’opérations [6]. La capacité de la marine russe à lancer des missiles de croisière à long rayon d’action, même à partir de bateaux relativement petits, prouve que la Russie demeure une puissance maritime de premier rang qui a la capacité de menacer non seulement ses voisins, mais aussi l’Europe , le Moyen-Orient et l’Asie du Sud, au cas où elle ou ses alliés seraient attaqués. Jusqu’à présent, seule l’armée américaine, avait démontré qu’elle était capable de faire la même chose que la Russie.

Le président Vladimir Poutine a ordonné de compléter le dispositif aérien russe bombardant en permanence les groupes islamistes en Syrie avec 37 avions. 25 d’entre eux sont des bombardiers stratégiques (5 Tu-160, 6 Tu-95MS et 14 Tu-22M3) ayant un grand rayon d’action et n’ayant donc pas besoin d’être déployés en Syrie. Ces avions sont probablement basés à Mozdok en Ossétie du Nord. 8 autres bombardiers tactiques Su-34 et 4 avions multi rôle Su-27 seront déployés en Syrie, peut-être à la base aérienne de Mazzeh à Damas [7]. Jusqu’ici la base aérienne de Hmaimim dans l’ouest de la Syrie avait abrité 30 avions Su-34, Su-24M, Su-25 et Su-30SM. 24 autres hélicoptères Mi-8 et Mi-24 sont également utilisés dans des missions de combat en Syrie [8]. Si le Su-34 peut prendre jusqu’à 8 tonnes de bombes, les Tu-22M3, Tu-95MS et Tu-160 peuvent transporter respectivement 12 t, 15 t et 17 t de bombes.
Valentin Vasilescu

Traduction Avic – Réseau International

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