Pr Babacar Guèye : “Au Sénégal, on n’a pas de démocrates”

Le professeur agrégé de droit Constitutionnel, Babacar Guèye, membre de la société civile, déclare qu’au Sénégal en particulier, “on n’a pas de démocrates”. Il l’a fait savoir au Grand Jury de la Rfm de ce dimanche 8 octobre 2017.

“Nous avons des institutions démocratiques, mais vous ne pouvez pas faire la démocratie sans démocrates, tranche-t-il. Les partis politiques sont dirigés par une personne qui fait la pluie et le beau temps. Le parti est la propriété privée de celui qui l’a créé et de celui qui le contrôle. Vous ne pouvez pas avoir de démocratie dans ces conditions. En plus, il n’y a plus de dialogue. Nous avons beaucoup de chemin à faire sur la voie de la démocratie.”

Conséquence, selon le professeur, “le débat qui devrait s’appuyer sur des idées et des arguments, s’est transformé en coups de poings parce qu’il n’y a pas de véritables débats dans les partis politiques”.

Esquissant des pistes de solutions pour éviter des crises post-électorales, le constitutionnaliste indique que “le ministère de l’Intérieur ne doit plus organiser des élections”.

“C’est un sujet central, pose Pr Guèye. Ce n’est pas une question de stade comme le pensent certains, mais c’est une question de confiance. J’aurais souhaité, pour éviter des contestations post-électorales, trouver une institution neutre qui organise les élections, peu importe l’appellation. L’essentiel est que le système soit géré en marge du ministère de l’Intérieur.”

Selon lui, les signes des contestations ont démarré lors du reférendum de 2016. Cette élection, dit-il, ne portait pas sur toute la Constitution, mais sur 15 points. “Ce reférendum n’a pas été mobilisateur. C’est juste des modifications apportées à la Constitution”, fait-il remarquer.

Babacar Guèye estime qu’on aurait du aller plus loin dans la réforme constitutionnelle. Il dit : “On aurait pu revoir le mode de scrutin des députés, revoir l’organisation des élections, donner plus de pouvoirs au Parlement, tout en diminuant ceux du président de la République.”

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