Pr Khadim Mbacké donne les raisons de la déroute du «Oui» à Touba

Pr Khadim MbackéChercheur à l’Ifan, Professeur Khadim Mbacké analyse pour Sud quotidien les raisons qui expliquent la déroute du camp du «Oui» dans la cité religieuse de Touba. Il cite plusieurs facteurs qui selon lui, ont contribué à la victoire du «Non» en terre mouride. 

«L’absence d’un ndgigeul clair et net en faveur du «OUI », la forte implantation du Parti démocratique sénégalais (Pds) et la campagne de proximité menée par ses militants; une forte mobilisation de jeunes marabouts issus de la famille du fondateur qui ont présenté le vote favorable, c’est-à-dire du OUI, comme une atteinte aux valeurs islamiques.

Le mauvais usage de l’argent parce que ceux qui n’ont pas reçu leur part et qui sont parfois plus influents que ceux qui en ont reçu ont tout fait pour démontrer leur force. A cela s’ajoutent les erreurs monumentales commises par certains représentants locaux du parti au pouvoir qui passent le clair de leur temps à défier des chefs religieux locaux», liste Pr Khadim Mbacké, dans un entretien au journal Sud quotidien, ce mardi. 

En revanche, le chercheur de rejeter l’idée d’un vote mouride contre le référendum. Parce que, explique-t-il, «ce n’est pas la communauté mouride en tant que telle, mais les habitants de Touba». 

Soulignant des erreurs commises par les proches du pouvoir, Khadim Mbacké est d’avis que, «Pour réussir politiquement dans un milieu religieux, il faut bien s’entendre avec ses chefs et faire preuve de respect à leur égard. Braver les personnalités religieuses de Touba était une grosse gaffe, mais faire semblant de vouloir soutenir celui qui a emprunté cette voie, est plus grave encore», défend-il. 

Enfin, Khadim Mbacké de réitérer la pertinence du ndiguel (consigne) qui selon lui, est plus que jamais d’actualité. 

«La victoire du NON en pays Mouride (avec ses démembrements à l’étranger, notamment en Italie)  ne vient-elle pas démentir ceux qui ont décrété la mort du Ndiguël, car tout donne l’impression qu’ils se sont passés le mot ?», analyse encore le chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan).

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