PRESIDENTIELLE DE 2019 : POURQUOI LA CANDIDATURE DU PRESIDENT PAPE DIOP EST A SOUTENIR (PAR IBRAHIMA WADE)

Aujourd’hui personne ne peut nier que notre pays a grand besoin de se réformer pour se doter d’un cadre politique, institutionnel, juridique et économique capable de porter les aspirations des populations sénégalaises. Honnêtement, on ne peut pas non plus imputer au président actuel d’être le seul responsable de toutes les tares qui sapent la modernisation de notre Etat. Presque tous ses prédécesseurs ont d’une façon ou d’une autre profité de la faiblesse de nos institutions pour prolonger leur pouvoir ou l’accroitre. Quelque part, faire les réformes nécessaires, c’est renoncer à certains privilèges et pouvoirs et faire un tel sacrifice sous nos cieux est quasi impossible.
Le président Pape Diop vient de s’engager à ne faire qu’un seul mandat de 5 ans et de démissionner comme président de son propre parti s’il est élu à l’élection présidentielle de 2019. Cette décision est révolutionnaire à double titre car elle va permettre de faire toutes les réformes nécessaires, et aussi permettre l’assainissement de l’environnement politique.
Le président de la République  a trop de pouvoirs et cette hyper-présidentialité de notre Etat, empêche l’effectivité de la séparation et l’indépendance des autres pouvoirs constitutionnels. Notre Assemblée Nationale est comme une caisse enregistreuse qui se caractérise plus à l’applaudimètre face aux injonctions de l’Exécutif, le Pouvoir Judiciaire semble prendre ses ordres du parquet qui est une incursion politique dans cet espace qui devrait nous garantir un Etat de droit. Si le président de la république veut faire les réformes nécessaires pour renforcer ces pouvoirs constitutionnels, il devra accepter de renoncer à un certain nombre de pouvoirs. Le président Pape Diop qui s’engage sur un seul mandat de 5, pourrait quant-à lui faire ce sacrifice et léguer à son successeur un Etat de droit.
Le Sénégal semble être un pays en campagne électorale perpétuelle, car au lieu de mettre en avant les priorités dans les investissements publics, le président de la république privilégie les dépenses électoralistes. Au lendemain de son élection, son objectif était déjà de conservation du pouvoir, en renonçant à la réduction de son mandat et en étant obnubilé par un second mandat. Aujourd’hui, si nous critiquons la réalisation d’un certain nombre d’infrastructures dans le cadre du PSE, ce n’est pas parce qu’elles sont inutiles, mais c’est parce qu’elles ne sont pas prioritaires. On ne peut comprendre qu’au moment où des élèves étudient dans des abris provisoires en pailles, que des étudiants errent entre des universités privées fautes d’amphithéâtres dans les universités publiques, le gouvernement du Sénégal construit des arènes de lutte et autres aréna à coup de milliards. Par ailleurs, le débat perpétuel sur le processus électoral est du, pour une grande partie, au désir de s’accrocher au pouvoir par tous les moyens et ceci installe une situation de conflit entre pouvoir et opposition, alors que le Sénégal était considéré comme le champion démocratique au sud du Sahara.
En paraphrasant Malcolm X, j’adapte son questionnement sur la situation de notre pays, en posant les mêmes questions, et en espérant une sensibilisation de mon peuple, afin de l’inciter à choisir cet homme providentiel apte à faire cette révolution en douceur qui pourrait nous sauver de ce mal africain qui empêche à nos Etats de se développer.
« Contre quoi se révolte-t-on ? La structure du pouvoir. La structure du pouvoir américain ? Non. La structure du pouvoir français ? Non. La structure du pouvoir anglais ? Non. Alors de quoi s’agit-il ? Eh bien, il s’agit de la structure … (de l’Etat du Sénégal). Une structure qui englobe tout à la fois les intérêts américains, français, anglais, belges et européens. Ces pays qui ont jadis colonisé l’homme noir forment un gigantesque conglomérat international. Une structure, une illustre maison qui a régné sur le monde jusqu’alors. » Il nous faut un homme qui va mettre l’intérêt du Sénégal en avant en servant le pays et non pas, en se servant du pays. Et cet engagement du président Pape Diop semble nous indiquer qu’il est l’homme de la situation.

Ibrahima Wade, membre du comité directeur de Bokk Gis Gis

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