Prises d’otage de 170 personnes au Mali par 2 (ou 3) personnes qui ne revendiquent rien

20151120-Hôtel-Radisson-Bamako-1728x800_c-300x139Des prises d’otage sans aucune revendication, les terroristes commencent à nous y habituer. Cette dernière au Mali a tout de même fait au moins 18 morts et plusieurs blessés ! Que s’est-il passé dans la capitale malienne ce matin du Vendredi 20/11. En gros, deux (ou trois) personnes décident de prendre en otage 140 clients d’un hôtel de Bamako avec les 30 employés présents, et se font descendre après une intervention rapide (la plus rapide de l’Histoire du monde).
Que pourraient bien revendiquer deux personnes qui savent que, de toute manière, ils ne s’en sortiront pas vivants ? Et, en effet, après une action éclair des groupes d’intervention français et américain, cent fois plus rapides pour réagir à des situations se déroulant à des milliers de kilomètres de Paris que dans le 11ème arrondissement, les deux preneurs d’otages ont eu ce qu’ils s’attendaient à avoir.

Il y a eu 22 morts (les chiffres varient) et plusieurs blessés, mais au moins, les agresseurs ont été éliminés. Dégâts collatéraux. Ailleurs qu’en Europe, c’est un chiffre qui, apparemment, a été considéré comme acceptable, surtout en Afrique, à part peut-être pour BFM TV qui relevait : « Trois otages ont été tués, dont un blanc ». Mais le plus important, ce n’est ni la prise d’otage, qui n’a aucun sens, ni l’intervention du GIGN et des Américains, mais la revendication de l’attaque sur Twitter par le groupe armé «Mourabitoune», une filiale d’Al-Qaïda, qui sévit dans le Sahel. Voilà sur quoi devra désormais plancher le monde.
Les médias insistent là-dessus : ce qu’il faut retenir, c’est que Al-Qaïda a encore frappé, et qu’il faudra venger, d’une manière ou d’une autre, les morts de Bamako. Au Mali. Oui au Mali, car c’est là que cela s’est passé, et c’est là qu’il faudra aller punir les coupables. Tout le monde sait où se trouvent les chefs d’Al-Qaïda, mais, peu importe, ce sera au Mali qu’il faudra envoyer les troupes qui éradiqueront les forces du mal. Quand il y a eu des attentats à Paris, il n’est venu à l’idée de personne d’envoyer des troupes guerroyer en France, mais bon, on sait que les situations ne sont jamais comparables.
Ça tombe bien. Les Allemands et d’autres copains en Europe avaient déjà décidé d’aller jeter un coup d’œil en Afrique, pour « donner un petit coup de main » à la mission française dans ces contrées. La prise d’otage au Mali prouve bien que leur initiative était amplement justifiée, voir prémonitoire. Maintenant que les évènements leur ont donné raison, il n’y a plus qu’à accélérer le déploiement des troupes qui viendront protéger les Maliens qui, pour la plupart d’entre eux, n’avaient jamais entendu parler ou n’avaient qu’une vague idée, avant ce Vendredi, des terribles « Mourabitoune », capables à deux (ou trois) seulement, de contrôler 140 clients d’un hôtel enfermés dans leurs chambres, en plus du personnel dispersé dans tout l’hôtel.
Quel que soit ce que diront les analystes, la prise d’otages au Mali illustre au moins une chose : ceux qu’on nomme Al-Qaïda, Daesh ou autres, n’ont besoin d’aucune raison pour s’attaquer à un pays. Les médias (et Daesh) disaient que Paris avait été attaqué à cause des interventions françaises en Syrie, bien que la France ne soit intervenue que très peu. D’autres, dont le premier ministre Valls, disent que les terroristes ont visé Paris pour s’en prendre au mode de vie des Français, une sorte de French Way of Life. Est-ce aussi valable pour les Maliens ? En tout cas, il n’est pas sûr que l’on verra des pancartes « JE SUIS BAMAKO ».
Avic – Réseau International

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