Procès de Kémi Séba : Récit d’une journée au tribunal de Dakar ou la raison a fini par triompher

La bataille judiciaire a été houleuse. Les différentes parties au procès ont affuté leurs armes pour en découdre. Les avocats de Kémi Séba ont finalement remporté la palme. Ils ont réussi à tirer leur client des griffes de dame justice.

Palais de justice de Dakar.La salle numéro un devant accueillir les audiences de Flagrant délit est archi comble. 

Le juge recadre Kémi Séba

L’affaire est appelé à la barre à 11h. Kémi Séba et son acolyte Alioune Ibn Abou Talib Sow devant le prétoire.Le président leur signifie les chefs d’inculpation qui ont été retenus contre eux. Mais, vu le nombre important d’avocats qui sont constitués dans le dossier, il renvoie l’affaire en fin de rôle.Les prévenus retournent à leur place.L’activiste décline son identité et développe…Déjà condamné deux fois à deux mois de prison ferme en France, relativement à ses activités politiques contre les anciens présidents français Nicolas Sarkozy et François Hollande….L’activiste voulant encore developper se fait stopper net par le président du tribunal « Je ne veux pas de développement, je ne veux que les faits. C’est moi qui pose les questions et je veux que vous me répondiez directement. Est ce clair? » a précisé Pape Abdoulaye Dondé sur un ton ferme. Kémi Séba acquiesce en hochant la te^te. La parole est donnée à son complice.

L’acte symbolique

Alioune Ibn Abu Taliw Sow déclare : « J’ignorais complètement les raisons pour lesquelles il voulait que je lui achète ce briquet« . Il se dédouane. Kémi Séba étaye ses propos : « Je voulais alerter les autorités africaines sur les faits du néocolonialisme. en faisant cet acte, je ne voulais pas non plus attaquer la BCEAO. Je n’ai manqué de respect à personne« . Une salve d’applaudissements, un péché qu’il ne fallait pas commettre, le président suspend l’audience.

Le public évacué

Pape Abdoulaye Dondé très remonté fait évacuer a salle. Il ne reste plus que les journalistes avec leur carte de presse et la famille de Kémi séba.CE dernier est pressé de questions par les avocats et le maître des poursuites. Il répond en réitérant que c’est un acte symbolique : « Je tiens aux lois sénégalaises » dit-il en regrettant son acte. « Cette monnaie ne nous appartient pas et nous appartiendra jamais. La loi de 1946 sur l’instauration du franc CFA, bien qu’elle ait subit, au cour s des années, de légères modifications, est injuste, car elle nous a imposé une monnaie de servitude qu’est le franc CFA« , souligne t-il.

L’acte d’indiscipline

Au bout d’une trentaine de minutes, les débats sont clos laissant la place aux plaidoiries. Les avocats de la partie civile, la BCEAO dans ce cas d’espèce ouvrent le bal.Selon la robe noir, si le débat était intellectuel, il ne gênerait personne. Cependant, il constate pour le dénoncer, un acte d’impolitesse et d’indiscipline. « La BCEAO c’est la grande muette comme l’armée. Elle n’a pas réagi quand il s’est agi de de discréditer le Franc CFA. Mais en brulant le billet, Kémi Séba à franchi le rubicond » annonce Me Mbaye Sall.

Me Seye lui n’a pas perdu du temps pour se défouler sur le prévenu qui, selon lui, sème la confusion dans l’esprit des gens en tenant des propos archi-faux . « Il articule des discours pour mener des combats qui n’ont ni tête ni queue. S’il veut troubler l’ordre, il doit commencer par son Bénin natal qui ait partie des Etats membres de l’UEMOA« .

De son coté, le substitut du procureur Ramatoulaye Ly a requis la relax pour Alioune Ibn Talib Sow. Concernant Kémi Séba, elle a estimé que les faits ne souffrent d’aucune contestation. Mais du moment que le prévenu a regretté son acte, elle a requis 3 mois avec sursis.

Respect pour Kémi Séba

Selon Me Mbaye Samb, le billet de 5000 Franc appartient à Kémi Séba et il peut en faire ce qu’il veut.Pour sa part Me Khoureychi Bâ déclare que le prévenu s’est engagé dans un combat périlleux. »Il mérite le respect, il s’est devenu comme un roi pour la jeunesse », a t-il dit rappelant que l’acte pour lequel il est en bisbille avec la justice n’est plu un délit en France. « Il a été supprimé en 1994, informe t-il.Le seul tort qu’on peut lui reprocher, c’est la destruction du billet qui est un modeste papier qui n’a aucune valeur. Il n’a jamais été question pour lui d’insulter les institutions de la république« .

A la fin de la plaidoirie des avocat, les juges se retirent pour délibérer.Ils sont revenus quelques minutes plus tard pour prononcer un verdict en faveur des détenus.Ils sont relaxés purement et simplement.

L’épouse du prévenu est joyeuse. Elle crie, saute et atterrit dans les bras de son mari.

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