Procès du coup d’Etat de 2015 au Burkina Faso: «chacun cherche à se défendre»

A l’audience du procès du coup d’état de septembre 2015, le sergent-chef Arzouma Kambou qui avait été commis à la sécurité du général Gilbert Dienderé a déclaré avoir quitté cette tache, face à l’illégalité de l’opération et aux soupçons qui pesaient sur lui.

Selon sa version, de nombreux soldats de l’ex régiment de sécurité présidentielle était présents au camp, mais n’avaient pas participé aux opérations.

Deux semaines après le début des interrogatoires, une quinzaine de militaires sont déjà passés devant le tribunal chargé de faire la lumière sur le coup d’Etat manqué de 2015. Le nom de certains membres du commando et des informations sur le mode opératoire de l’arrestation des autorités de la transition sont connus, mais il n’y a pas encore d’information précise sur les commanditaires du coup d’Etat.

Les premiers accusés interrogés ont donné leur version des faits. Mais selon  maître Bali Baziemo, avocat de l’adjudant-chef major Eloi Badiel, présenté par certains accusés comme le chef d’opération du coup d’Etat manqué, « chacun des accusés a dit sa vérité ». Mais il y voit des contradictions et constate que « certains accusés reviennent sur leurs déclarations » antérieures, sur ce qu’ils ont dit lors de l’enquête préliminaire ou devant les juges d’instruction. D’autres « ont maintenu leurs déclarations ». A ses yeux, il est « clair que les accusés n’ont pas les mêmes intérêts, donc chacun cherche à se défendre ».

Déterminer l’identité des commanditaires du coup d’Etat

Maitre Pierre Yanogo l’un des avocats des parties civiles, estime lui que le mode opératoire, les exécutants et le coordonnateur des opérations durant la tentative de coup d’Etat sont connus. Mais il reste à connaître les véritables commanditaires. Il veut que la justice parvienne « à auditionner la hiérarchie militaire et également certaines personnalités politiques qui sont impliquées, pour avoir une vraie lumière sur ce qui s’est passé ».

Il pense que, une fois qu’une « bonne partie des militaires » auront été interrogés, le tribunal en saura « davantage sur la paternité réelle de ceux qui ont mené l’opération, s’ils appartiennent, évidemment, à un camp bien précis ou pas ».

Les échanges ont été parfois tendus entre le parquet militaire et les avocats de la défense. Ceux-ci estiment qu’aucune expertise balistique ne prouve que les morts enregistrées durant les manifestations contre la tentative du coup d’Etat soient le fait de leurs clients.

Auteur: RFI.fr – RFI

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