PROCHE-ORIENT – Bombardements israéliens sur la Bande de Gaza : Les religieux, politiques et populations soutiennent la Palestine

A l’occasion d’un symposium regroupant des religieux, universitaires, hommes politiques et ressortissants palestiniens, le conflit israélo-palestinien a été passé au crible. L’état des lieux sur la question a été ponctué de propositions de résolution de la crise avec en mesure transitoire l’expulsion de la représentation israélienne au Sénégal.

L’initiative colle avec l’actualité du moment, au plus fort de la crise israélo-palestinienne. La situation appelle l’ambassade de Palestine à Dakar à organiser un Symposium sur la situation en Palestine, les enjeux et les perspectives, et les moyens d’agir.

L’idée, c’est d’échanger et évaluer les changements potentiels dans un avenir proche, mais aussi avoir une vision concrète «des actions à mener pour soutenir la cause palestinienne». Abdalrahim Alfarra, ambassadeur de l’Etat de Palestine au Sénégal, séquence son propos en deux parties : un rappel des derniers évènements et un aperçu des enjeux en cours pour livrer un bilan de la situation actuelle.

Pour lui, le gouvernement israélien instrumentalise la disparition et le décès tragique de trois colons israéliens, déclenchant une vague de violences menées par l’Armée israélienne et les colons extrémistes sur l’ensemble des territoires occupés des Palestiniens. 

La spirale de violences s’accompagne d’arrestations. 1 070 Palestiniens ont été emprisonnés et au total 6 300 prisonniers palestiniens croupissent dans les geôles israéliennes. Pour l’ambassadeur palestinien, cet état de fait cache en réalité une situation : la campagne de colonisation pour contrôler davantage de terres palestiniennes. «500 mille colons vivent dans les colonies en Cisjordanie et Jérusalem-Est, occupent le territoire palestinien et encerclent nos villes. Ils cherchent à vider Jérusalem-Est de sa population palestinienne, chrétienne et musulmane», note-t-il.

Pour lui, ces agissements trouvent leur soubassement dans des raisons politiques. Il explique : «C’est à cause de la situation politique interne israélienne, mais aussi des considérations internationales que le gouvernement israélien a déclenché volontairement cette vague de haine et de violence sur notre Peuple, étant donné que Neta­nyahu et son gouvernement n’ont pu ni empêcher le dialogue irano-américain ni stopper la mise en place du gouvernement de consensus national palestinien.

Discré­dité sur la scène intérieure comme extérieure, le gouvernement israélien cherche à faire oublier ses échecs à son public et leur faire croire qu’il maîtrise la situation en attaquant la population palestinienne.» Aujourd’hui, le bilan provisoire parle de 270 morts dont 70 enfants, 34 femmes et 39 personnes âgées, 1 720 blessés et plus de 6 000 sans-abris du fait des maisons détruites.

Demande de «fermeture de l’ambassade israélienne» à Dakar 
Toutes les associations religieuses sénégalaises souteneuses de la cause palestinienne invitent le gouvernement à dégager l’ambassade d’Israël du Sénégal pour non-respect des droits humains. Le député Imam Mbaye Niang préfère parler de génocide qui dure depuis 62 ans. Pour lui, c’est une guerre asymétrique entre deux entités qui n’ont pas les mêmes forces. Israël étant l’émanation des Etats-Unis.

Il propose que les pays amis de la Palestine aident le Hamas à s’armer et que l’Oci convoque une réunion d’urgence pour examiner la situation. Le Pr Babacar Samb lit les agissements israéliens en crime contre l’humanité qui appellent la réaction de toutes les associations, partis politiques et chefs religieux. Il propose la traduction d’Israël devant la Cour pénale internationale. «Que nous reste-t-il ? Nous avons choisi de renforcer l’unité du Peuple palestinien. C’est le chemin le plus important et difficile que nous sommes en train de suivre. Mais c’est le chemin juste», ajoute le diplomate palestinien.

Avant de poursuivre : «Nous poursuivons notre action diplomatique afin d’étendre les condamnations et obtenir le soutien des Etats pour stopper l’agression barbare israélienne sur nos populations civiles.» Actuellement, les Palestiniens étudient la possibilité de se tourner vers la justice internationale pour «les crimes de guerre commis» par Israël. 

  • Écrit par  Arona BASSE

abasse@lequotidien.sn

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