Professeur Oumar Sankharé : Pourquoi lui en vouloir ?

Bathie Ngoye ThiamChose rare au Sénégal, beaucoup de musulmans en colère se font entendre pour défendre non pas leurs marabouts, mais le Coran et le prophète Muhammad (Psl). Contre qui ? Le professeur Oumar Sankharé, auteur d’un livre qualifié de blasphématoire avant même d’être lu : « Le Coran et la culture grecque ». En plus des insultes, des incitations au meurtre, à peine voilées, fusent de partout. Il est taxé de suppôt des lobbys islamophobes, de bras armé d’organisations occultes anti-islamiques… Un oustaz a dit dans les médias : « Selon les textes islamiques, on doit l’égorger comme un mouton de Tabaski. L’emmener au stade Léopold Sédar Senghor, lui couper la tête et jouer avec comme avec un ballon de football… Toute catastrophe qui arriva au Sénégal, ce sera à cause du livre de Sankharé. »

De quoi l’accuse-t-on ?

Je cite : Il remet en cause les théories du Coran. Il contredit le prophète Muhammad (Psl). Il dit qu’il y a des erreurs dans le Coran. Il dit que ce que tel philosophe grec a dit est plus correct que ce que Dieu dit dans le Coran. Il dit que la sourate « Fatiha » existait 1400 ans avant le Coran. Il dit que le Prophète n’était pas illettré. Il nie le « voyage nocturne ». Il dit que Platon était un prophète… Pourtant, des gens tiennent des propos nettement plus graves et nul ne réagit. On entend dire : « Tel marabout est au-dessus du Prophète », « Tel marabout a envoyé le Prophète sur terre », « Tel marabout est Allah », et j’en passe et des meilleurs. Qui manifeste sa colère ou son indignation ?

Une Fatwa contre le professeur Sankharé est menée par un imam. On le vilipende dans les mosquées. Des marches sont organisées. On réclame la censure de son livre ou son incinération. On sollicite de l’État qu’il retire au professeur Sankharé son autorisation d’enseigner.

Qu’a vraiment dit le professeur Sankharé ?

Ce qui est hallucinant, c’est que bon nombre de ces va-t-en-guerre sont incapables de prouver la justesse de leurs accusations. M. Sankharé a accordé quelques interviews en français, langue que la plupart de ces « djihadistes » ne comprennent pas. Et les traductions n’étant pas toujours fidèles, on tombe dans les « J’ai entendu que… », « On m’a dit que… »

Le professeur Sankharé n’a pas dit que ce que tel philosophe grec a dit est plus correct que ce que Dieu dit dans le Coran, et il n’a pas nié le « voyage nocturne ». Il n’a pas dit qu’il y a « des erreurs » dans le Coran. Il a cité une phrase dans laquelle il y a, selon lui, une faute grammaticale. Qui a traduit « faute grammaticale » en wolof ou dans une autre de nos langues nationales ?

Oui, il a dit que le Prophète n’était pas illettré, mais il se base sur le Coran pour expliquer son point de vue. N’en a-t-il pas le droit ? A-t-il vu juste ? Ça, c’est autre chose.

Oui, il a dit que « 14 siècles avant le Prophète Muhammad (Psl), il y avait déjà la Fatiha. C’est vérifiable si vous allez en Egypte. » Un oustaz martèle qu’il doit être égorgé car le Prophète a dit que la sourate « Fatiha » n’est descendue sur personne d’autre avant lui. Dire le contraire, signifie traiter le Prophète de « non véridique ». Eh bien ! Qu’on aille donc vérifier avant de l’égorger. Si ce texte existe, ce qui est improbable pour nous, est-ce de sa faute ? Et s’il s’est fourvoyé, qu’on le lui fasse savoir. Pourtant, ce virulent oustaz n’ignore pas qu’Allah a dit que la prière est une obligation pour tous les musulmans et le Prophète l’a dit aussi. Mais au Sénégal, il y a des gens qui disent « Non, la prière n’est pas une obligation pour tous les musulmans. » Et ils ne prient pas tout en se proclamant musulmans. Pourquoi donc ne dit-on pas qu’ils méritent d’être tués parce qu’ils contredisent Allah et le Prophète, les traitant ainsi de non véridiques ?

Oui, le professeur Sankharé soutient que d’après l’arabisant Amadou Samb, Serigne Abdou Aziz Dabakh pensait que Platon était un prophète. Le très regretté khalife tidiane aurait même dit que « Platon était parmi les initiés et connaissait le nom suprême de Dieu. »

Qui peut jurer que cela est faux ? M. Sankharé aussi pense que Platon était un des 124.000 prophètes. Est-ce un péché ? Lui au moins, il cite ses sources. D’autres racontent des histoires à dormir debout sur leurs marabouts et les sources ne sont jamais citées, mais nul n’ose les demander. Tant que ça « élève » le marabout, il n’y a que des applaudissements, des claquements de doigts et des « Ëskëy ! » Quiconque a des doutes se garde de les exprimer pour ne pas mettre sa vie en danger. C’est ainsi que certains en sont arrivés à inculquer publiquement à des milliers, voire des millions de nos enfants, que tel marabout détient les clefs du paradis, tel autre est le Maître du Jour de la rétribution…

Jeté en pâture à la vindicte populaire, le professeur Sankharé a été contraint de présenter des excuses. D’aucuns ont « pardonné », d’autres continuent de réclamer sa tête.

 

Des arguments et non des insultes et des menaces de mort.

Avec son livre, « Le Coran et la culture grecque », le professeur Oumar Sankharé « vise à lancer un débat universitaire sans remettre en cause la sacralité du message coranique ». A quoi bon débattre de ce qu’on ne connait pas ? Pour connaître le Coran, il ne suffit pas de savoir lire en arabe ou de comprendre le sens propre des mots.

Quant au débat sur l’illettrisme du Prophète, M. Sankharé n’en est pas l’instigateur. Il a commencé deux siècles après la révélation du Coran. Il y a même des hadiths qui laissent croire que le Prophète savait lire et écrire. Reste à savoir s’ils sont authentiques ou pas. Pour M. Sankharé, le Prophète savait lire parce que « dans le Coran Dieu a bien dit « ikhra ». Or « kharakha », c’est lire. Est-ce que Dieu peut venir dire à un illettré « Lis » ? M. Sankharé connait le hadith selon lequel le Prophète a répondu à Djibril : « Je ne sais pas lire », mais il ne s’y fie pas, arguant qu’on ne le trouve nulle part dans le Coran. Des siècles avant lui, d’autres avaient déclaré que ce hadith a été fabriqué. Notre professeur a le droit de partager leur opinion ou d’en avoir une autre. Dans les traductions françaises du Coran, et sans doute dans d’autres langues, il est dit plusieurs fois que le Prophète était illettré. Là aussi, M. Sankharé partage l’avis de ceux qui, des siècles avant lui, affirmaient que le mot « ummi » ou « ummiyun » n’est pas utilisé dans le Coran pour signifier « illettré ». Il conclut : « Je sais que c’est Dieu qui l’a envoyé, mais il savait lire. »

On ne dit pas à quelqu’un de lire alors qu’on sait qu’il est illettré. Soit. Mais dit-on à un lettré de lire sans lui présenter un texte ? Si l’on suit cette logique, l’archange Djibril était donc descendu avec le Coran déjà écrit. Pourtant, le professeur précise que l’ange transmettait oralement le Coran au Prophète. Cherchez l’erreur. Aussi, selon cette logique, on peut se baser sur le Coran pour déclarer que Dieu a des yeux, des oreilles, une bouche… Car il y est dit qu’Il voit or on ne peut pas voir sans œil. Il entend, on ne peut pas entendre sans oreille. Il parle, on ne peut pas parler sans bouche. Il a une main car c’est écrit plusieurs fois dans le Coran, or une main ne signifie pas autre chose qu’une main. Haha ! Il est évident qu’on ne peut pas prendre ces mots au premier sens. Qu’est-ce qui prouve donc au professeur Sankharé que « Ikhra » dans le Coran ne peut signifier rien d’autre que ce que lui a compris ?

Tenez, cela nous amène à la fameuse faute grammaticale que notre professeur a « décelée » dans le livre d’Allah. Il cite une phrase qui, selon sa traduction, donne : « Qu’est-ce qui t’a empêché que tu ne te prosternes pas ? » Il trouve que cette phrase n’a pas de sens. En effet, en français, cette phrase est bancale. Mais le Coran est en arabe. Comment donc l’helléniste sénégalais, même avec une maîtrise d’arabe, peut-il, au vingt-unième siècle, voir une faute que les Arabes contemporains du Prophète, qui maîtrisaient parfaitement leur langue maternelle, tous les saints et tous les doctes que la Oumma islamique a connus, ont été incapables de voir ? Et que dire des érudits arabes qui depuis les premiers versets n’ont cessé de chercher une imperfection dans le Coran ? Le professeur est peut-être le Mahdi tant attendu. Il explique néanmoins que cette « faute » est acceptable dans la grammaire grecque dont les scribes se seraient inspirés. Donc la « faute » est humaine et non divine. Mieux, il

explique : « En fait, ce ne sont pas des fautes, mais personne n’a osé relever ce fait assez surprenant. »

Venons-en alors à la civilisation grecque si chère à notre professeur. Monsieur « pense que Dieu s’est toujours adressé à l’humanité. Pas seulement aux Arabes. » Qui a dit le contraire ? N’est-t-il pas écrit dans le Coran (16-36) : « Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager… » ? M. Sankharé, qui a étudié la culture grecque, révèle qu’en lisant le Coran il y retrouve des événements ou des situations similaires. Et vu les exemples qu’il donne, on pourrait faire de même avec le Taoïsme, la civilisation inca, la culture sérère, diola ou zoulou.

La particularité du professeur est qu’il semble accorder à la Grèce la maternité de toute chose. Il soutient qu’il y a de l’influence grecque dans le Coran tout comme dans les textes chrétiens. Il affirme que des « propos prêtés à Jésus sont en fait des propos d’Ulysse ». Heureusement, les chrétiens du Sénégal sont calmes. Mais pour nous, dire qu’il y a de l’influence grecque dans le Coran, signifie que le Très-Haut a été influencé par des créatures. N’allons quand même pas si vite en besogne. Comme pour la « faute grammaticale », le professeur ne fait pas allusion à Dieu ou au Prophète, mais aux scribes. Il explique : « Le Coran est certes une révélation, mais ce n’est pas le Prophète lui-même qui l’a fixé. Il n’était plus vivant lorsqu’on fixait le Coran. Ce sont ses compagnons, les érudits de l’époque, ceux qui avaient mémorisé le Coran, qui l’ont restitué. Donc, ils ont restitué une parole inspirée, mais la manière de le faire, la rhétorique avec laquelle ils l’ont restituée, ça ce sont des gens qui connaissaient le grec, sur tous les plans. Ce sont des gens qui connaissaient le grec. Donc c’est une parole inspirée, mais qui a été établie par les hommes. » Il dit aussi : « Ce que j’ai vu chez Platon, c’est la même chose que ce que j’ai vue dans le Coran. Ce que j’ai vu chez Parménide, c’est la même chose que j’ai vue dans le Coran. » Rien à lui reprocher dans ce cas. C’est juste le fruit de ses recherches et réflexions. Mais il se mélange quand même les pédales. « Ce qui se trouve dans le Coran, dit-il, on le trouve déjà dans d’autres livres. La preuve qu’on connaissait déjà cela, dans le Coran, on accuse le Prophète de ne réciter que des textes anciens. » Veut-il dire que tout ce qui se trouve dans le Coran était déjà dans d’autres livres ? Insinue-t-il que le Prophète était sous influence grecque ? On est tenté de le penser quand il avance que « le Coran est pluridisciplinaire parce que ceux qui étaient avec le Prophète étaient des savants qui étaient versés dans toutes les sciences et même dans les mathématiques…On y retrouve des éléments des physiciens de l’époque, de Pythagore, de Thales, tout ça peut être retrouvé dans le Coran. » Et puisque, selon lui, le Prophète n’était pas illettré, on peut supposer que lui aussi avait appris cela…

Citons-le encore : « Il y a tellement de mots grecs dans le Coran… Il y a même l’alphabet. « Alif, ba », c’est « Alpha, beta ». Même dans la grammaire, on trouve la présence du grec… » Là, cher professeur, permettez aux ignares comme moi d’en déduire que Dieu avait fait descendre un Coran en arabe pur, mais des hommes influencés par la civilisation grecque l’ont transcrit en se servant de la rhétorique et de l’alphabet grecs. Pourquoi ne pouvez-vous pas concevoir que ce sont des mots arabes qu’on retrouve dans le grec ? La langue grecque est certes antique, mais est-elle antérieure à celle que parlait Hagar, épouse du prophète Ibrahim ? Le Coran dit : (S14,V4). Et Nous n’avons envoyé de Messager qu’avec la langue de son peuple, afin de les éclairer… (S43,V3). Nous en avons fait un Coran arabe afin que vous puissiez comprendre. (S41,V44). Si Nous en avions fait un Coran en une langue autre que l’arabe, ils auraient dit: « Pourquoi ses versets n’ont-ils pas été exposés clairement ? » (S42,V7). Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un Coran arabe, afin que tu avertisses la Mère des cités et ses alentours.

Parlant de « La caverne », M. Sankharé dit que c’est Saint-Grégoire qui a raconté l’histoire un siècle avant le Prophète. Il dit qu’Ibn Abbas, qu’il qualifie d’oncle du Prophète (ailleurs, il dit que c’était un cousin) et conseiller des khalifes Oumar, Ousmane, Aly, aurait

repris cette histoire dans un texte qui se trouve aujourd’hui à la bibliothèque nationale de Paris, et qu’« il est clair que c’est ainsi que ce fait, qui est historique, a pu entrer dans le Coran ». Là « nak », professeur, vous allez trop loin. En plus de l’alphabet, de la grammaire et de la rhétorique, il y a des faits. Déduction logique : le Coran que nous avons actuellement n’est pas celui qui est descendu de Dieu, mais une œuvre des hommes. Et puisque vous êtes musulman, quel Coran récitez-vous donc quand vous priez ? Mais, encore une fois, n’allons pas trop vite en besogne. Puisque ce texte est à Paris, allons le consulter et le comparer au texte coranique pour voir si c’est le même.

Le professeur rappelle que « des versions du Coran ont été refusées à dessein. » et ajoute qu’Ousmane avait sa version, Aly avait sa version… Toujours selon lui, il y a des sourates qui n’ont pas été acceptées par Ousmane. Où est donc la version complète et originale ? Ô Professeur, n’avez-vous pas appris que « la parole de Dieu ne peut être changée car Dieu Lui-même veille sur sa parole » ? « Nous (Dieu) avons fait descendre le Rappel (le Coran) ; Nous en sommes le Gardien. (15-9). La version du Coran que nous avons aujourd’hui est donc celle qu’Allah a sauvegardée parce qu’elle est l’originale.

Concernant le « voyage nocturne », on reproche au professeur d’avoir dit que « le fait que le Prophète quitte cette terre pour aller au ciel ne figure nullement dans le Coran. » La sourate 17, verset 1 dit : « Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager son serviteur de la Mosquée Al Haram à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni les alentours, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles… » Force est de reconnaître que ce verset ne dit pas explicitement « un voyage de la terre au ciel ». Néanmoins, le professeur a dit clairement qu’un cheval ailé nommée Al Bourakh a conduit le Prophète vers Dieu, de la terre au ciel, la nuit. Il dit aussi qu’il y a une histoire pareille chez les Grecs. Franchement, on ne peut pas dire qu’il a nié le « voyage nocturne ». Signalons toutefois, qu’il rejette d’un bloc tous les hadiths parce qu’on ne sait pas lesquels sont authentiques et lesquels ne le sont pas. Il déclare : « Il y a eu des commissions qui ont dit que tels hadiths sont authentiques, mais ce sont des commissions. Moi, ce sur quoi je puis me fonder et qui est universel, c’est le Coran. C’est pourquoi je n’ai pas pris le reste. » Seulement, le Coran qui, d’après son raisonnement, n’est pas authentique non plus, ne mentionne pas explicitement que le Prophète est monté au ciel. M. Sankharé a bien dit que « le fait que le Prophète quitte cette terre pour aller au ciel ne figure nullement dans le Coran. » Comment donc peut-il croire au « voyage nocturne » ? Il révèle que « c’est un cousin du Prophète, un certain Ibn Abbas qui a écrit un livre qui s’appelle « l’Ascension céleste ». Il raconte comment le Prophète est parti jusqu’au septième ciel, jusqu’à voir Dieu. » Ce livre est-il plus fiable que les hadiths ou ne fait-il pas partie du « reste qu’il n’a pas pris » ? Quel raisonnement !

Il soutient que « Thales (qui est du 6ème siècle av. J.C.) est le premier à avoir dit que le principe de l’univers, c’est l’eau. C’est à partir de l’eau que tout a été créé… » Et il cite le Coran venu, bien entendu, des siècles plus tard : « J’ai fait d’eau toute chose vivante. » Ô professeur, n’avez-vous pas lu la deuxième phrase de la Genèse qui date de bien avant l’arrière grand-père de Thales ? Il y est dit que quand Dieu créait toute chose, Son souffle (qui est source de vie) planait au-dessus des eaux.

M. Sankharé déclare qu’un philosophe matérialiste grec connaissait l’atome et cette notion d’atome se retrouve dans le Coran. Il cite la fin de la sourate 99 : « Quiconque fait un bien fût-ce du poids d’un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d’un atome, le verra. ». Professeur, ne savez-vous pas que jusqu’à présent les scientifiques continuent à faire des découvertes qui sont dans le Coran ? Et n’avez-vous pas lu que ces Grecs qui vous enchantent allaient s’abreuver de science auprès des Egyptiens ?

M. Sankharé parle d’Aquilius qu’on avait tué en faisant couler de l’or fondu dans sa gorge pour le punir de sa rapacité. Il cite la sourate 44 V43-46 : « L’arbre de Zaqqoum sera la nourriture du coupable. Il bouillonnera dans leurs entrailles comme un métal fondu, comme

bouillonne l’eau bouillante. » Et il conclut qu’on ne peut pas nier une telle rencontre entre ces deux cultures. Hum ! Ça laisse à désirer. Il cite aussi le chiffre 10 par lequel jurait Pythagore et affirme que c’est lui qu’on retrouve dans le Coran à la sourate 89 : « Par l’aube et par les 10 nuits… » C’est vraiment tiré par les cheveux. Connait-il la signification des chiffres dans le Coran ?

Parlant de la sourate « Al Ikhlas », il cite un texte grec qui date de 13 siècles avant le prophète Muhammad (Psl) et qui dit : « Dieu n’a pas été engendré. Il est unique. Il est immobile. Il est éternel. Il n’a pas été et ne sera pas. Il est l’Un, l’Absolu. » C’est vrai que tout musulman qui lit cela pense à la sourate 112. Quelques mots sont les mêmes, mais la comparaison s’arrête là. Le professeur soutient que c’est « Ikhlas ». Qu’il le traduise donc en arabe et nous verrons si c’est la sourate 112 que nous connaissons. Il dit aussi, à propos de la Fatiha, « qu’il y a une pyramide en Egypte qui porte textuellement en égyptien: « Bismilahi Rahmani Rahim jusqu’à la fin ». En égyptien ancien qui date de 1700 avant JC. Quatorze siècles donc avant le Prophète Muhammad (Psl). » Sauf s’il a aussi une agrégation en égyptien ancien, et là encore, notre professeur s’est comporté comme les « Ndongo daara » qu’il exclut de son débat universitaire parce que, selon lui, « on leur dit quelque chose et ils y croient ». Il dit aussi : « Si vous lisez Platon, le dixième livre de la République de Platon, la manière dont il décrit le jugement dernier c’est exactement avec les mêmes mots que dans le Coran. » Mais, est-ce que la description du jugement dernier dans le Coran ne va pas plus loin que « Celui qui reçoit son livre dans la main droite… » ? Heureusement qu’il n’y a pas un hadith, authentique ou pas, qui dit : « Aller chercher la science, fût-ce jusqu’en Grèce ».

Si l’on veut parler de similitudes, le Coran a en beaucoup plus avec la Bible qu’avec tous les livres grecs réunis. Doivent ceux de mon genre supposer que des hommes influencés par la civilisation chrétienne ou juive ont transcrit le Coran en y insérant ces similitudes ?

Pour terminer, signalons que le professeur, malgré sont agrégation en grammaire française, semble confondre révélation et inspiration. Très souvent, il dit que le Coran est une œuvre inspirée. Qui donc a été inspiré ? Djibril qui a apporté le message, le Prophète qui l’a reçu ou les scribes qui l’ont transcrit ? En tout cas, le Coran parle de révélation : (16.2) « Il fait descendre, par Son ordre, les anges chargés de la révélation… »

Mais bon, soyons indulgents. Mettons tout cela sur le compte de la trop grande passion et la trop grande fascination du professeur Oumar Sankharé pour la civilisation grecque, sa connaissance très superficielle du Coran et sa maîtrise fort discutable de la langue arabe. A le voir parler, on sent qu’il n’y a aucune méchanceté en lui, aucune envie de nuire. Comme il l’a dit, « son intention n’était aucunement de porter atteinte à l’Islam, au Coran et au prophète Muhammad (Psl) ». Il n’arrive tout simplement pas à se retrouver dans son érudition, mais attendons de lire son livre pour en avoir le cœur net.

Bathie Ngoye Thiam.

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