PROJET DE CENTRALE A CHARBON DE DAROU KHOUDOSS Démarrage imminent

centrale_charbon_darouLe projet de la centrale à charbon au niveau de la communauté rurale de  Darou Khoudoss, dans la localité  de Mboro, va pouvoir enfin démarrer. Après plusieurs mois de discussions entre les populations des 50 villages concernés, les promoteurs et les représentants de l’Etat, les différentes parties sont parvenues à un accord. C’était mardi dernier, au cours d’une audience publique de restitution de l’étude d’impact environnemental et social, dirigée par l’adjoint au préfet du département de Tivaouane. Les habitants de la localité ont unanimement adhéré au projet mis à part quelques « paysans du Dimanche » obnubilés par le montant des dédommagements.

La construction de la centrale à charbon de Mboro peut enfin démarrer, avec l’accord des habitants des 50 villages concernés. Lors de l’audience publique organisée mardi dernier par l’autorité administrative avec les villageois de la communauté rurale de Darou Khoudoss à Sao Mékhé 2, à environ 30 km de Thiès, le porte-parole du promoteur indien est revenu sur l’intérêt de ce projet pour la satisfaction de la demande en énergie. « C’est un projet magnifique de l’Etat sénégalais. Avec les 360 méga watts annuels qui seront produites, la capacité de distribution de la Sénélec augmentera de 25%. Un an après, la centrale fournira les 50% d’électricité de la Sénélec », a expliqué John Sell, au nom du promoteur indien SUNDARAM. Il ajoute que « les coupures d’électricité disparaîtront des foyers sénégalais. »
S’inscrivant dans la politique du mix énergétique pronée par l’Etat du Sénégal, la centrale à charbon va être installée sur un périmètre de 700 hectares avec une production annuelle de 360 méga watts exclusivement vendus à la Sénélec. Le coût global de l’ouvrage s’élève à 630 millions de dollars correspondant à 320 milliards de francs Cfa.
Chargé de veiller à l’impact environnemental, le chef de la division environnementale de Thiès a confirmé que les normes seront respectées. Moussa Guèye souligne qu’une « évaluation environnementale a été faite en plus des études d’impact, comme indiqué par le code de l’environnement en son article L48. Cela en conformité avec les normes internationales… Cette audience publique entre dans le cadre des articles L52 et L53 du code de l’environnement. Le projet a veillé aussi au respect des normes internationales ».
Revenant sur les détails  du règlement et de la responsabilité sociale de l’entreprise, le consultant pour le cabinet EES (Engeneering and Environnement service), chargé de la faisabilité du projet, a annoncé une panoplie de mesures pour le dédommagement et la RSE et, pour lesquelles le promoteur a pris des engagements fermes. Djibril Sall de préciser que « des commissions seront mises en place et se chargeront du suivi des indications du cabinet en matière environnementale en plus d’un protocole avec les populations… Aucune nuisance ne sera notée sur les populations, les animaux et la végétation avec des installations préservant la zone de la pollution ». En outre, la zone profitera de l’implantation de la centrale avec la mise en place d’infrastructures sociales de base tels que des centres de santé, des toilettes publiques et l’électrification publique intégrale de 50 villages au moyen du solaire.
Engagements
Le démarrage des travaux est prévu entre fin décembre et début janvier 2015. Et pour rassurer les populations, le directeur du cabinet EES, Serigne  Diop, a expliqué que les soucis relatifs aux effets toxiques des déchets issus de la  centrale « peuvent être tout de suite dissipés ». Selon M. Diop, « le problème  de la toxicité a été  pris en charge en référence aux normes de la Banque mondiale et de la législation sénégalaise. Sur  cette  base, des modélisations ont été  effectuées par rapport aux quantités de cendres et de poussières qui seront  libérées par les cheminées de la centrale. » A en croire les responsables du projet, les dispositifs technologiques et la hauteur des cheminées portée à plus  de 100 mètres, « les valeurs d’émission sont à un niveau acceptable ». Des mesures complémentaires seraient également prises pour faire face aux éventuels changement du climat, avec un système de monitoring permanent  qui permet de contrôler les émissions durant toute la vie de la centrale.
Dans l’exposé  fait par Djibril Sall, les résidus de cendres (200.000t/an)  seront conservés dans des conduites et vendus aux cimenteries «  qui se bousculent  déjà », et une partie de 20.000 seront utilisées à la fabrication et à la commercialisation de briques par les populations des 50 villages, et  une autre partie  dans la construction des routes.
Les populations, visiblement sous le charme du projet, exigent toutefois la réalisation intégrale des promesses. Comme le dira du reste le chef de village de Sao Mékhé 2, Ibrahima Dia, « Nous avons tout perdu, il ne nous reste rien. Ni terres de culture, ni terres de pâturage et nous ne connaissons que ces deux activités. Ce qui reste maintenant, c’est le respect des engagements qui ont été pris ici ».
Toutefois, quelques « paysans du Dimanche » ont émis des réserves quant aux dédommagements qui seront faits après la perte de leurs vergers. Pour leur part, l’adjoint au Préfet de Tivaouane et le sous- préfet de Mboro ont annoncé la mise en place imminente d’une commission de recensement des personnes affectées et, après cela, une autre commission pour évaluer les impenses et les  dédommagements.
Les premières quantités d’électricité seront disponibles 24 mois après le début  des travaux. La première unité de la centrale sera alors mise en marche. La capacité de production totale de 360 Megawatts sera atteinte six mois plus  tard.
Selon le  Directeur de EES, « la  centrale à charbon c’est l’avenir pour un pays  qui veut se développer. Et, avec le PSE, il faut s’attendre à des besoins importants en énergie. Pour les satisfaire, ni le solaire, ni l’éolienne  ne peuvent le faire“. Il relève par ailleurs qu’ “aujourd’hui,  la Chine  est à 70% de charbon dans sa balance énergétique, l’Allemagne en est à 40%. »
Rappelons  que le charbon est  doublement  stratégique. Par rapport aux autres combustibles fossiles, il est plus accessible en termes de coûts et de disponibiltés, les réserves peuvent aller jusqu’à deux siècles, tandis que le pétrole en a encore pour 50 ans et le gaz naturel, 60 ans. C’est pourquoi leurs prix sont élevés, expliquent les spécialistes.
D’autre part, du fait de la pression des écologistes, les Etats européens ont tendance à renoncer au nucléaire alors que du fait de son prix et des technologies avancées, le charbon propre attire davantage.

Daouda GUEYE

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