PROPAGATION DU VIRUS EBOLA EN AFRIQUE DE L'OUEST EBOLA VIOLE LES FRONTIERES SENEGALAISES

Eva Marie Colle Seck, ministre de la SantéLe Sénégal vient d’enregistrer son premier cas d’Ebola importé de la Guinée, par un jeune guinéen de 21 ans, étudiant dans une université à Conakry, actuellement mis en quarantaine au niveau de la Clinique des Maladies Infectieuses du Chn de Fann. Eva Marie Colle Seck, ministre de la Santé a fait face à la presse hier, vendredi 29 août, pour confirmer la présence de ladite maladie, non sans appeler à la sérénité et au respect strict des mesures d’hygiène.

Les frontières terrestres, aériennes, et même maritimes fermées avec les pays touchées par le virus Ebola n’y feront rien. Le Sénégal vient d’enregistrer son premier cas de virus Ebola importé par un jeune guinéen âgé de 21 ans, étudiant dans une université à Conakry. Le patient, actuellement en quarantaine  au niveau de la Clinique des Maladies Infectieuses du Chu de Fann,  était en traitement dans son pays, avant de prendre la fuite il y a de cela 3 semaines, pour se refugier au Sénégal. L’information a été donnée par Eva Marie Colle Seck, ministre de la Santé et de l’Action Sociale, hier vendredi 29 août. 
 
Face à la presse, la ministre a expliqué que les équipes de surveillance épidémiologiques opérant en République de Guinée ont fait état de la disparition depuis 3 semaines d’un cas ayant eu des contacts avec des personnes infectées par le virus Ebola. Suite à cette information, des investigations ont été menées. Ces recherches ont permis de le localiser «au niveau de la Clinique des Maladie Infectieuses du Chn de Fann» a-t-elle révélé.  
 
Selon la ministre de la Santé, ce jeune Guinéen «s’est présenté en consultation le mardi 26 août à l’hôpital précité, dans un tableau infectieux, sans hémorragie, en dissimulant l’information selon laquelle il a eu des contacts, en Guinée avec des proches victimes de la maladie». Le patient est, dit-elle, «mis en quarantaine et bénéficie d’une prise en charge appropriée », qui plus est, «dans un état satisfaisant»  
 
Par conséquent, pour éviter la dissémination de la maladie dans tout le pays, la ministre a informé que «le dispositif de surveillance et de riposte à la fièvre hémorragique à virus Ebola a été renforcé». Mieux, elle a soutenu que tous les comités ont été renforcés, tout comme l’augmentation des équipements de sécurité, pour éviter que la maladie se propage, conformément au plan de riposte mis en place depuis la déclaration de la maladie en Afrique de l’Ouest. «Nous sommes en train de reprendre tout l’itinéraire et de revoir toutes les personnes qui ont été en contact avec le patient», a expliqué la ministre de la Santé concernant la traçabilité du cas contact.

Une équipe «noyau dur» chargée de la traçabilité du patient, composée du Directeur de la surveillance du ministère de la Santé, d’un représentant de l’Oms et de l’Institut Pasteur, un épidémiologiste, a été mise sur pied, selon les assurances d’Eva Marie Colle Seck. En outre, elle a fait état de l’accompagnement de l’Institut Pasteur et de tous les partenaires du Sénégal, qui vont se rencontrer sous la houlette de l’Oms, pour voir éventuellement comment aider le pays dans son plan de riposte.
 

Par conséquent, la ministre a appelé l’ensemble de la population à garder la sérénité et surtout à respecter strictement les mesures d’hygiène recommandées. Il s’agit entre autres d’éviter d’être en contact avec toute personne présentant des signes de la maladie, de se laver les mains avec du savon, autant de fois que possible.
 
 Aux journalistes, elle a appelé à beaucoup plus de responsabilité et à une gestion saine de l’information pour éviter toute panique. D’où la confidentialité notée quant à l’endroit fréquenté, l’itinéraire empruntée par le patient, tout comme la date exacte de son entrée en territoire sénégalaise. Pour elle, c’est une manière d’éviter de perdre des contacts et de pouvoir faire le travail de traçabilité correctement.
 
Pour rappel, le Sénégal avait fermé, le 21 août dernier, ses frontières terrestres, aériennes et maritimes avec les pays atteints par le virus Ebola. La Guinée, pays limitrophe du Sénégal, est l’un des trois principaux pays touchés par la maladie, avec à elle seule 648 dont 430 décès.

Avant l’annonce de ce cas au Sénégal, l’Organisation mondiale de la santé a dénombré jusqu’à présent 3 069 cas d’Ebola, dont 1 552 décès, dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest (Liberia, Sierra Leone, Guinée, Nigeria). L’Oms espère stopper la progression du virus d’ici à trois mois, selon un document publié le 28 août. Mais, l’organisme s’attend à plus de 20 000 cas de fièvre hémorragique durant cette épidémie.

 
PREMIER CAS D’EBOLA DECELE – LE SENEGAL PRIS DANS L’ETAU
 
Après avoir réussi jusqu’ici à juguler l’épidémie qui fait des ravages, 1500 victimes enregistrées, dans nos frontières immédiates de la Guinée et chez ses voisins du Libéria, de la Sierra Léone et chez le géant du continent, le Nigéria, le Sénégal vient d’enregistrer son premier cas, certes importé, du virus Ebola. C’est en la personne d’un jeune étudiant qui a traversé les frontières pour se retrouver au Sénégal.
 
Avec le développement ahurissant du virus Ebola qui avait pris des proportions ahurissantes ces derniers jours avec une escalade du nombre de victimes, 1500 morts entre la Guinée , la Sierra Léone, le Libéria et le Nigéria, les autorités du Sénégal avaient à juste raison, pris la décision de fermer les frontières terrestres, maritimes et aériennes avec la proche Guinée et les pays touchés, tout en renforçant les dispositifs de prévention sanitaire autour des régions et villages frontaliers. C’est à croire que le sort semble défier ces moult précautions, et voilà qu’un premier cas avéré positif nous arrive justement de ces délimitations poreuses. La victime, un jeune étudiant guinéen.

Conscient de ces mesures, il a échappé aux contrôles sanitaires de son pays, avant de traverser les frontières pour se retrouver au Sénégal. Très tôt détecté au vu de son état de santé singulier, le jeune guinéen est depuis  hospitalisé aux services des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann où suite à des examens qui ont prouvé son atteinte, il est mis en quarantaine.

Un cas inquiétant qui vient d’être enregistré à quelques jours de l’annonce de l’OMS que cette épidémie a été décrété à portée d’urgence mondiale de santé publique. Même si les autorités ont toujours assuré qu’il n’y a aucun cas positif qui a été détecté dans le pays, la nouvelle donne devrait permettre aux autorités sanitaires de mieux renforcer le dispositif de prévention et de sensibilisation d’une épidémie dont la transmission est d’une célérité incroyable alors qu’aucun remède curatif n’est encore sur le marché.

L’autre et non moins épineuse bataille, est maintenant de faire le traçage sur le parcours de ce malade qui dans son transit au Sénégal a certainement été en contact avec nombres de personnes et de zones à circonscrire pour éviter sa propagation. Autres  défis, la surveillance épidémiologique,  afin d’éviter que ce mal ne se propage  sur les citoyens tout comme sur le personnel de santé qui a lourdement perdu contre ce virus dans les pays touchés.  

L’on se rappelle la déclaration des autorités sanitaires qui avaient assuré la réactivation en permanence du système de surveillance épidémiologique et opérationnel  depuis le début du mois de février dernier  avec l’apparition de la fièvre Ebola dans le sud de la Guinée Conakry  où un premier chiffre de 49 morts avait été enregistré.  Aujourd’hui  les chiffres avancés y font état de plus de 300 décès.

 
FAITES CONNAISSANCE AVEC  EBOLA
 
La fièvre hémorragique à Ebola est une maladie virale  mortelle. Elle provoque la mort chez 50 % à 90 % des malades présentant des manifestations cliniques évidentes (fièvre, vomissements, diarrhées, saignements). Le virus se transmet par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou des liquides biologiques des sujets infectés.

Certaines études établissent  que les rituels funéraires, au cours desquels les parents et amis sont en contact direct avec le corps du défunt, jouent un rôle important dans la transmission. De même, le virus peut se transmettre à l’homme lors de la manipulation d’animaux porteurs du virus, vivants ou morts. Des agents de santé ont été souvent contaminés au contact des malades qu’ils traitaient sans prendre les précautions anti-infectieuses nécessaires et sans appliquer les techniques de soins en isolement. Il est établit que la période d’incubation varie entre 2 et 21 jours. Les services de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) font savoir que la fièvre hémorragique à virus Ébola est l’une des maladies virales les plus virulentes connues chez l’homme.
 

Le virus Ébola a été identifié pour la première fois en 1976 dans la province ouest-équatoriale du Soudan et dans une région voisine du nord du Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo), après la survenue d’épidémies importantes à Nzara, dans le sud du Soudan et à Yambuku, dans le nord du Zaïre.
 
Selon les services de l’OMS  il existe cinq espèces de virus Ébola décelés dans les différents pays où la maladie a été identifiée. Contrairement aux espèces Côte d’Ivoire et Reston,  les espèces Bundibugyo, Soudan et Zaïre ont été à l’origine d’importantes flambées de fièvre hémorragique à virus Ébola en Afrique, avec un taux de létalité de 25% à 90%’’.
 
Le virus Ébola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés.  Il est également transmis lors de la manipulation d’animaux sauvages (chimpanzés, gorilles, autres singes, antilope des forêts, chauves-souris frugivores) malades ou morts. La prise en charge repose ainsi généralement sur un traitement symptomatique.

Jean Michel Diatta et Cheikh Tidiane MBENGUE

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