PROPOS DE MERCREDI : LA « BOMBE » ALY NGOUILLE

Les affrontements sanglants de Tambacounda ne doivent pas occulter les agressions de moindre calibre qui se sont déroulés un peu partout sur le territoire national. Et dont la persistance pourrait produire, à tout moment, des bilans aussi lourds. Pleurons donc nos morts mais, surtout, veillons à éradiquer la cause du mal.
Dix jours durant, l’Etat a refusé de jouer son rôle de sauvegarde de l’ordre public. Le ministre Aly Ngouille Ndiaye, fidèle à une orientation longtemps exprimée, n’a assuré la protection de l’Etat qu’à son candidat. Les Marrons du Feu avaient donc le champ libre pour commettre leurs exactions contre les opposants.
Dès lors, il est prématuré de se réjouir de l’annonce d’une protection par l’Etat des candidats de l’opposition. Il serait plus sage d’attendre son effectivité pour vérifier si elle met réellement un terme à l’impunité dont bénéficie la milice mackoute.
La violence contre les opposants semble constituer une composante essentielle de la stratégie menant à l’auto-proclamation d’une « victoire au premier tour » le 24 février. Sa visée est de briser par avance toute résistance quand Aly Ngouille Ndiaye fera comme son prédécesseur Abdoulaye Daouda Diallo donnant les « résultats » du referendum en ces termes : « c’est vrai que la loi ne me le permet pas mais je le fais quand même ».
La loi fait plus pourtant que s’abstenir de permettre. De longues luttes des partis d’opposition ont abouti à un consensus excluant les gouverneurs et préfets du processus de collecte et de centralisation des procès-verbaux de bureaux de vote. C’est ce qui a permis depuis les années 90 de mettre fin à l’annonce de « résultats » faite à la radio alors que le dépouillement du bureau concerné était encore en cours. Ces « résultats » étaient remis aux autorités administratives quelques jours avant les élections. Aujourd’hui, il suffit de tendre l’oreille pour entendre, déjà, certains murmurer des « résultats ».
L’institution des commissions départementales et nationale de recensement des votes visait à sécuriser la centralisation des résultats, qui a été confiée à des magistrats de la Cour d’appel travaillant sous le regard des représentants des candidats. Au referendum de 2016 comme aux législatives de 2017, l’administration a repris ses vieilles habitudes.
Ce n’est pas sur la Cena qu’on peut compter pour rappeler ces principes du Code électoral. Elle a autre chose à faire comme, par exemple, protéger par son silence un de ses membres, bien identifié et qui a reconnu les faits, coupable d’avoir violé son serment de neutralité prêté devant le Conseil constitutionnel. En se rendant complice d’une telle forfaiture, tous les membres de la Cena violent, avec lui, leur serment.
La déliquescence morale de la Cena n’est qu’un aspect de la faillite générale des organes de régulation des élections. En installant l’anomie, elle invite au chaos… que provoquera la « bombe » Aly Ngouille Ndiaye après son explosion programmée pour le 24 février.

Mamadou Bamba NDIAYE
Ancien député
Coordonnateur général du Mps/Selal

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