PROPOS DE MERCREDI :MACKYLLAGE DU CAMBRIOLAGE(PAR BAMBA NDIAYE) 06 – Mars – 2019

Mackyavel fait des émules. Le Conseil constitutionnel du Bénin vient de recaler toutes les listes d’opposition pour les législatives du 28 avril. Hier pionnier de la démocratisation, le Sénégal est aujourd’hui inventeur de technologies de régression démocratique.

Ce n’est pas un fait hasardeux. Macron, c’est l’anti-discours de La Baule. Assaillie par ses concurrents européens et par les patriotes africains, notamment sur la question nodale du franc Cfa, la métropole n’a d’autre solution que l’administration directe et la rapine accélérée de ses (toujours) colonies africaines. Elle n’a plus les moyens des ambitions démocratisantes de Mitterrand.

Telle est la signification du tweet de Macron désignant Macky Sall comme vainqueur de la présidentielle, bien avant les organes sénégalais compétents. Une sorte de revendication de la paternité du forfait.

Il seraît superflu de revenir sur le déroulement du processus, tant la flagrance de la tricherie est aveuglante. Sauf peut-être à prendre note de l’aveu du porte-parole de la Cena, présumé auteur du fameux mail compromettant, portant sur la découverte de 7000 faux certificats de naissance à Goudiry. Ces faux certificats ont permis l’inscription et le vote de dizaines de milliers de mineurs sur une grande partie du territoire national. Les “voix” de ces enfants-votants, ajoutées aux duplicata et à la falsification de procès-verbaux, ont fourni ce supplément, trop gros pour être crédible, d’un million de voix au profit du sortant.

Un président duplicata

Résultat : des cinq, Macky Sall est le seul à reconnaître sa “victoire” du 24 février, le seul à nier l’illégitimité du deuxième mandat qu’il s’apprête à exercer. Et il l’avoue à sa façon dans son discours d’hier. Macky II Duplicata a prononcé un réquisitoire sans appel contre la gouvernance de Macky I, en exaltant les valeurs républicaines de dialogue et de consensus que Macky I a foulées du pied pendant sept ans. Une tentative grossière de mackyller un cambriolage électoral en recouvrant les traces du crime d’une poussière de promesses sans lendemain.

La mascarade électorale sénégalaise s’inscrit dans un contexte de régression autoritaire qui n’épargne aucun continent. Du Brésil retourné au fascisme à la France de la brutale répression anti-Gilets jaunes, la démocratie se recroqueville. Une période de reflux succède à une vague de démocratisation longue de plusieurs décennies. En attendant…

Mamadou Bamba Ndiaye

Ancien député

Secrétaire général du Mps/Selal

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