Purge en Turquie : suspension de 15 000 employés de l'Education nationale

MANIFESTATION TURQUIEEn Turquie, 15 000 employés de l’Education nationale sont suspendus après la tentative de coup d’Etat. Le Conseil de l’enseignement supérieur réclame également la démission de tous les recteurs d’universités publiques. La purge se poursuit.

La purge continue. Le ministère turc de l’Education nationale turc a annoncé mardi la suspension de plus de 15 000 de ses employés soupçonnés d’être liés au prédicateur Fethullah Gülen. Ce dernier, intellectuel musulman exilé aux Etats-Unis, est l’ennemi juré du président turc Erdogan, et est accusé d’être derrière le putsch manqué. Ses réseaux influencent des pans entiers de la société civile.

 

C’est dans ce contexte tendu qu’un  feu s’est déclaré ce mardi dans le quartier des université à Ankara, sans qu’un lien puisse être établi avec la situation politique en cours.

It is not an explosion, but a fire in Ankara. Please stop saying explosion just because you’re seeing an image of smoke.

Mardi dans l’après-midi, l’autorité audiovisuelle turque a annoncé retirer leur licence d’émettre aux radios et télévisions jugées proches de Gülen.

 Au total, Reuters estime qu’ environ 35 000 militaires, policiers, magistrats, et fonctionnaires ont été suspendus ou arrêtés depuis l’échec du putsch. Un chiffre difficile à établir, dépendant fortement des déclarations venant directement du régime Erdogan, par le biais de ses ministres ou des agences de presse officielles.

Excommunier les putschistes, commémorer les «martyrs»

La situation préoccupe la communauté internationale. Pendant le coup d’Etat, le gouvernement et l’armée turque ont compté 300 morts et plusieurs centaines de blessés militaires et civils. Le ministère des Affaires religieuses (Diyanet) a déjà promis que les putschistes tués n’auront pas d’obsèques religieuses.

 

A l’inverse, les forces pro-régime, et les civils tués dans les affrontements du vendredi 15 juillet ont été élevés au statut de «martyrs» par Erdogan, lors des cérémonies mortuaires de fidèles au régime..

La purge en chiffres

 Démis de leur fonction

  • 15 200 fonctionnaires de l’Education nationale
  •  Peut-être bientôt 1 577 recteurs d’universités.
  • 9 000 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur
  • 492 employés du ministère des Affaires religieuses, selon Anadolu.
  • 257 employés des services du Premier ministre, selon Anadolu.
  • 100 officiels des services de renseignement, selon Reuters.

 

Au total, 17 626 fonctionnaires renvoyés.

 

. En garde à vue

 

  • 9 744 militaires magistrats et policiers. Des demandes de placement en garde à vue ont aussi été émises contre 2.854 juges et procureurs, immédiatement après le putsch manqué par un groupe de militaires.

 

Entre les mains de la justice

 

  • 26 généraux et amiraux de l’armée, dont l’ancien chef de l’armée de l’air, le général Akin Oztuk, ont été placés en détention préventive après avoir été inculpés, notamment, de «tentative de renversement de l’ordre constitutionnel», de «tentative d’assassinat» du président Erdogan et de «constitution d’une organisation armée». Le général Oztuk, qui est apparu hagard et un pansement sur l’oreille au tribunal, a nié toute implication: «Je ne fais pas partie de ceux qui ont planifié et mené le coup d’état militaire. J’ignore qui l’a planifié et dirigé».

Turquie : des milliers de militaires, policiers et juges arrêtés ou limogés http://l.leparisien.fr/MykQ-8D9S 

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«Déraciner» les réseaux de Gülen

 

«Nous allons les déraciner d’une manière telle que (…) plus aucun traître, plus aucune organisation terroriste clandestine, plus aucun groupe terroriste séparatiste n’aura l’audace de trahir ce peuple sacré, ce grand Etat, la Turquie», a déclaré le Premier ministre Binali Yildirim, en référence aux partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d’être derrière le putsch.

 

«L’écrasante majorité des Forces armées turques qui aime sa patrie, sa nation et son drapeau n’a absolument rien à voir» avec la tentative de coup d’Etat, a assuré l’état-major.

 

Visiblement à l’attention de la communauté internationale qui s’inquiète d’un déchaînement répressif en Turquie, le Premier ministre Binali Yildirim a rejeté mardi «tout esprit de vengeance» car «une telle chose est absolument inacceptable dans l’Etat de droit».

 

Pourtant, le président turc Erdogan a affirmé dans une interview à CNN qu’il accepterait la réintroduction de la peine de mort si le Parlement turc le décidait. Il a annoncé qu’«une décision importante devait être prise» lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale mercredi à Ankara.

 

 

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Les listes des suspects prêtes avant le coup d’Etat ?

 

A Bruxelles lundi, le commissaire européen à l’Elargissement Johannes Hahn, chargé du dossier de la candidature turque à l’UE, a suggéré que le gouvernement turc avait préparé, avant la tentative de coup d’Etat, une liste de personnes à arrêter. «Je pense que le fait que les listes soient déjà disponibles juste après l’événement montre qu’elles ont été préparées pour être utilisées à un certain moment», a-t-il observé.

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