Racket sur Youssou Guèye, marchés d’equipements, coup d’Etat de minuit… : Ce qu’en dit le Colonel Ndaw

Colonel Aziz Ndaw dévoile la face obscure des Pandores 
Que dire ?

Le brûlot du colonel Abdoulaye Aziz Ndaw, attaché militaire à l’ambassade du Sénégal à Rome, est  une véritable bombe. Les passages du livre «La mise à mort d’un officier» sont noirs de révélations fracassantes.

Le Pandore ouvre une boîte où étaient soigneusement gardés des secrets de certains gendarmes qui auraient  multiplié magouilles et intrigues pour s’enrichir en s’appuyant sur la chaîne de commandement.

En tête, il indexe le général Abdoulaye Fall, Haut commandant de la gendarmerie et directeur de la Justice militaire jusqu’à sa retraite. Mais, le livre épingle également d’autres officiers qui entretiendraient un business lucratif du haut de leur poste de commandement.

De l’affaire Youssou Guèye en passant par les marchés d’équipement de la gendarmerie jusqu’à l’affaire du coup d’Etat de minuit, colonel Ndaw a noirci les feuillets de son livre de terribles secrets qui donnent une autre image de la gendarmerie. Ce corps d’élite, longtemps  resté à la lisière de la mauvaise réputation, a aussi un côté obscur. Le frère d’armes vient de le mettre à nu. Qui l’eût cru ?

Voici quelques passages du livre.

Section de recherches et Youssou Guèye
(…) Je le (Youssou Guèye) reçus avec beaucoup de méfiance et je m’entendis exposer une situation désagréable pour la Gendarmerie.

Lors d’une perquisition, la Section de Recherches de la gendarmerie lui avait pris une mallette contenant des lingots d’or, (les montres et chaîne s en or et des devises de dollars et d’euro. Le tout d’une valeur d’an moins une valeur de 50 millions FCF A.

La Section de Recherches, selon ses dires, gardait par devers elle la mallette et il devait verser chaque moi; une somme de 5 à 10 millions pour ne pas avoir maille à partir avec la justice. Je ne pouvais croire en une telle infamie. J’appelais devant lui le nouveau patron de la SR, e Capitaine Daouda DIOP pour m’enquérir de la situation de la mallette. Cet Officier me certifia ne pas être au courant de cette mallette. Je lu ordonnai d’ouvrir une enquête et de me tenir informé. 

Vers 13 Heures, je rejoignis le Général pour déjeuner avec lui. Nous étions à table, en train de manger, quand le Colonel Sow déboula de­vant nous tout en sueur, pour raconter une histoire rocambolesque.

« Une dame, du nom de Madame Marre, s’était présentée à la Section de Recherches pour prendre possession d’une mallette prise sur un criminel de la pire espèce. Elle avait offert la somme de 13 millions à l‘Adjudant chef Sarr, Adjoint de la SR pour récupérer  la mallette.
Tout était décrit avec une telle véracité que j’étais interloqué et bouche bée.

Le Général dit alors : « Madame Marre, quelle madame Marre». Le Colonel répondit : u épouse de l’intendant Colonel Marre. Et le Général de répondre : « mais c’est la belle sœur d’Aziz«. Je ne savais pas, rétorqua le Colonel

J’appelai aussitôt Madame Marre pour m’entendre dire qu’elle n’avait jamais mis les pieds à la Gen­darmerie. Je pris mon portable pour appeler le Capitaine Diop, nouveau patron de la SR en remplacement du Lieutenant colonel Sow, en lui demandant s’il avait trouvé la mallette. Il me répondit par l’affirmative et je lui demande alors de me retrouver avec la mallette chez le Général.

En attendant son arrivée, je suffoquais de dégoût et de colère, et je dus sortir respirer en les laissant seuls avec leurs commentaires, Le Capi­taine Diop arriva avec la Mallette. Je lui fis ouvrir la mallette pour constater avec Ie Général les valeurs contenues.

Je lui demandais la procédure établie pour cette saisie, il répondit qu’il n’en avait pas trouvé et je lui fis répéter mot pour mot les ordres que j’avais donnés concernant la mallette. Il les répéta, à savoir deux possibilités: déférer Youssou Guèye au cas où des indices graves et concordants étaient établis par procès verbal, ou lui remettre sa mallette s’il n’y a ait aucune procédure. Il n’y avait aucune procédure. Le Général clôt le débat en me disant de remettre la mallette â Youssou Guèye ce que fit le Capi­taine Diop dans l’après-midi.

(…) Je mis cette affaire sur le compte de la mauvaise posture de la Gendarmerie depuis 2000, où le Générai Pathé Seck, affaibli et tenu en laisse par le Président Wade, ne commandait plus. Il avait peur et s’attendait à tout moment à être débarqué. Il avait perdu de sa superbe et de son aura, il n’avait plus l‘initiative pour quoi que ce soit. L’indiscipline, la corruption et la gabegie s’étaient installées en système de commandement et chacun en alitait selon ses convictions, ses valeurs et sa foi.

La plupart des Officiers étaient trempés dan des magouilles jusqu’aux coudes et comme le disait Sartre, ils avaient les mains sales. Le Colonel Tine exigea que la magouille soit sanctionnée et que Sow soit relevé ; mais je ne pouvais accéder à cette demande sans me parjurer devant le Général à qui j’avais proposé Sow, alors qu’il voulait un autre. 

Je paierai cher cette forfaiture en ne sanctionnant pas un fourbe et en le laissant dans un poste décisif. Cette histoire sera, tout le temps de ma présence à la tête de l’Eta  major Gendarmerie, exploitée contre moi, ceux qui l’exploiteront seront les Officiers et sous-officiers de la Compagnie de Dakar, comme Moctar Sow, Mous­sa Fall et Amar Kane.

Ces Officiers et Sous-officiers ont largement profite de Youssou GUEYE, qu’ils tenaient sur des dossiers clefs et qui leur versait des sommes prédéterminées, pour  assurer ion seulement sa liberté, mais encore plus grave, lui permettre de continuer ses escroqueries.

Avant que je ne devienne Haut Commandant en Second la Gen­dar­merie, Youssou Guèye agissait en toute impunité et redistribuait aux Officiers de police judiciaire, surtout de la Gendarmerie, qui lui assuraient une protection déterminante dans ses affaires.

Ces gens immoraux ont pensé que je les avais remplacés dans leurs magouilles et agissements délictueux. Forts de tout ce qu’ils avaient eu avec Youssou Guèye et pour Youssou Guèye, ils ont cru pouvoir coller ces faits sur ma personne. Ils feront tout es sortes de complots pour atteindre ma personne et salir mon honneur. 

Le premier complot sera organisé au niveau de la Section de Recher­ches, dirigée avec une large laisse par l’intouchable Moussa Fall. Un des Lieutenant de Yous­sou Guèye, du nom de Gaspard Camara, fut arrêté par une unité de Diourbel. Il fut transféré à Dakar et Iivré à la Section de recherches pour ouverture d’un dossier sur Youssou Guèye.

Les militaires de la Section de Recherches promirent la liberté à Gaspar sous deux conditions en premier lieu, il devait leur donner (es éléments probants, pour enfoncer Youssou Guèye. Il devait en second lieu, accuser le Major Général de la Gendarmerie Nationale de recevoir chaque mois, de Youssou Guèye, la somme de 5 millions de FCFA pour couvrir ses activités. Ils mirent une pression énorme sur le pauvre Gaspard qui sur procès verbal de la Gendar­merie, accusa le Haut Com­mandant en Second de la Gendar­merie de corruption et de forfaiture. Ils lui firent croire qu’en soutenant cette accusation, il bénéficierait d’une liberté provisoire.

Les accusations étaient tellement graves et tendancieuses que le doyen des juges d’instruction plaça Gaspard sous mandat de dépôt et au secret. Ayant découvert qu’il avait été floué et manipulé, Gas­pard demanda à voir le juge et se rétracta. Le doyen des juges comprit le jeu de dupes renforça le mandat de dépôt.

Des gendarmes, tout comme des amis magistrats m’informèrent de ce qui se tramait ainsi que des complots entre certains Officiers et des réseaux criminels pour abattre un homme de foi et d’honneur qui les empêchait de continuer leur prédation mafieuse. Gaspard resta en prison, désemparé, et lui même me fit parvenir des messages contre les réseaux mafieux de la Gendarmerie qui voulaient ma peau. Je restai sourd à ses messages et es soit disant ennemis cherchèrent une nouvelle voie pour me salir avec Gaspard. Ils firent comprendre è Gaspard que j’étais de connivence avec le Doyen des juges dans le cadre d’Urne association de juristes et que j’avais juré de le maintenir en prison, votre de le faire tuer, pour m’avoir accusé. (…)

FPU Congo
La parenthèse Youssou Guèye, qui eut lieu la première quinzaine de mon installation dans le bureau de Haut Commandant en Second, ouvrit les hostilités entre SOW et moi. Cet incident démontra que cet officier était un magouilleur de la pire espèce. Il n’avait aucune moralité pour occuper des fonctions importantes dans le système à mettre en œuvre. Dès lors, Sowmanœuvra pour m’éloigner du commandement afin d’être le seul à tenir le Général.

La réalisation des deux FPU Congo lui permit de montrer une pleine mesure de ses capacités de manipulation Il réussit à manœuvrer le Haut commandement pour devenir le principal centre de décision de la Gendarmerie. En premier lieu, il me fit envoyer en mission de longue durée d’abord à Haïti pour inspecter le contingent, ensuite à Pars pour discuter avec des fournisseurs du matériel FPU Congo, enfin en stage de quinze jours à la Croix Rouge en Suisse.

Le Général me fit comprendre que tout c’était nécessaire et qu’avec le roaming, le  Colonel Tine pouvait me faire un compte rendu journalier des évènements. De retour d’Haïti, je fis une longue escale à Paris, sur ordre pour rencontrer deux grands fournisseurs et, par mail, on m’envoya une liste de moyens automobiles à acquérir’ en Italie. Le Colonel Tine m’informa que Sow avait grâce, à Inter­net trouvé le matériel venant du Congo en Italie. Deux fournisseurs l’un Arabe Fouad, un autre immi­gre sénégalais du nom de Ndiaye devaient discuter les prix et les modalités avec moi et à Paris, dans les jours suivants. Je devais les attendre à Paris.

Effectivement, cinq jours après je recevais à mon hôtel Fouad, puis Ndiaye. Je dus organiser un diner, chez Bébert, de la Porte Maillot, dont j‘appréciai particulièrement le couscous. (…).Je lui  rétorque que le marché ne sera pas signé tant que le cahier des charges n’est pas respecté. Vers fin décembre, effectivement, le matériel arriva à Dakar avant son acheminement au Congo. Je voulais que le matériel, si le cahier des charges est respecté, soit acheminé directement au Congo et que les deux FPLJ puissent être déployés.
(Suite à la page3)
(Suite de la page 2)

Le Général et son cabinet me convainquirent sur la nécessité de réparer le matériel à Dakar pour respecter le cahier des charges. Cette opération amoindrirait les coûts de maintenance trop exorbitants en Europe et, en outre, familiariserait nos propres mécaniciens avec le matériel. Cet argument était valable et l’Etat major gendarmerie l’accepta sans rechigner.

Des équipes furent consolidées et la plupart des garages gendarmeries regroupés aux frais de Ndiaye pour la rénovation supposée du matériel. J’admis une avance transport de 250 millions au profitde Ndiaye, à faire libérer par le trésor public pour lu permettre de faire face à l’opération.

Quelques sources me renseignèrent sur la destination de cet argent qui servit, selon eux, à payer des commissions dans le cabinet. Le matériel faisait honte à la gendarmerie. Les douaniers du port de Dakar refusèrent que ce matériel débarque à Dakar et tie pouvaient admettre une quelconque destination à ce matériel. Je reçus l’ordre du Général d’aller inspecter au port, le matériel.

Le Colonel Tine, déjà sur place me conseilla de ne pas venir sans le Général. On était un dimanche et je cueillis le Général sur la corniche est pendant qu’il faisait son sport.
Je débarquai à l’improviste là où il avait l’habitude de faire son jogging et le priai de monter  dans ma voiture pour aller voir le matériel au port.

Le Général me fit comprendre que ma présence suffisait et je lui fis comprendre que sa présence était indispensable. Ensemble, nous nous rendîmes au port et découvrîmes le matériel, acheté à plus de 2 milliards pour équiper les 2 FPU.

Les véhicules ne pouvaient pas débarquer d’eux mêmes.  Il fallait tout un groupe pour les pousser et leur permettre de rejoindre l’emplacement réservé sur les quais. Le Colonel Tine fit un tableau très soin ure de la situation et conclut en disant que c’était inutile d’envoyer ce matériel parce que, connaissant le système des Nations-Unies, il était mt impensable d’attendre que l’ONU rembourse un tel type de matériel

Nous étions devant un fait accompli, un crime économique. Je n’avais pas de solution et je savais qu’on ne pouvait rien faire à Dakar. Je fis comprendre à Ndiaye qu’il allait perdre son temps et son argent car j’allais conditionner son paiement aux remboursements du matériel par les Nations-Unies et qu’il ‘avait tout intérêt ici, ou au Congo, à trouver une solution, et une bonne solution, pour récupérer sa mise.

Jusqu’à ce que je quitte la fonction de Haut Commandant en Second de la gendarmerie, Ndiaye n’avait  pas encore retiré  le paiement de son marché par les fonds OPEX. Il souffrit et me fit comprendre avoir été piégé. Il ne pouvait plus rentrer en Italie, il vivotait et avait des difficultés avec son cousin Lamine Sèye

Il dut se résoudre à aller au Congo avec des mécaniciens chevronnés, pour au moins sauver certains véhicules et réussir un minimum de capacité opérationnelle.
Le Colonel Balla Bèye Comman­dant du contingent passa son temps à rendre compte de l’inaptitude opérationnelle de soit parc automobile et dut se résoudre à en sacrifier un certain nombre.
Pendant plus d’un an, les fonds OPEX Congo seront déficitaires et mettront même en péril la logistique d’Haïti, suite à un défaut de service de maintenance. On avait perdu beaucoup trop d’argent à cause du matériel Ndiaye du Congo

Je dits profiter du budget national, et surtout du plan de mobilité de la gendarmerie, pour envoyer quelques véhicules au Congo et ainsi commencer à avoir des dividendes des Nations-Unies. ce contrat me démon­tra que beaucoup de magouilles n’avaient pas cessé et que la bonne foi de beaucoup de camarades  était en cause.  Je ne soupçonnais pas le général d’être aux commandes de cette nébuleuse et je ne pouvais pas me résoudre à l’idée qu’il avait lui-même donné ce marché à Ndiaye.

Je le croyais quand il me disait ne pas connaitre Ndiaye et que ce Ndiaye était un fournisseur qui cherchait des liens de parenté avec lui parce qu’ils dont du Djolof.  Je le croyais quand il disait ne pas vouloir avoir affaire avec Ndiaye parce qu’il était un parent éloigné. il souhaitait que je fasse tampon avec lui et Ndiaye. Je le croyais quand il me disait qu’il faut se battre sur le cahier de charges. Pourtant Ndiaye, d’après mes informations, lui avait servi un container de 40 pieds de marbre Italien avec les 250 millions au titre du transport.

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