RAPPORT – Situation des mères dans le monde : En Afrique, le périlleux défi de donner la vie

L’Afrique de l’Ouest et du Centre reste l’une des régions où il est difficile à donner la vie et grandir. Sur les 178 pays étudiés par l’Ong Save the de Children dans un rapport intitulé «La situation des mères dans le monde», 9 des 10 pays classés en dernière position se situent en Afrique de l’Ouest et du Centre où les femmes continuent de mourir en donnant la vie.

Donner la vie reste un défi permanent en Afrique de l’Ouest et du Centre. Malgré les efforts des gouvernants, la mortalité maternelle et infantile demeure une douloureuse réalité. Les chiffres rendus publics hier par l’Ong Save the Children sur la situation des mères dans le monde confirment cette situation d’angoisse.

Ce 15ème rapport révèle que dans ces deux régions de l’Afrique, une femme sur 10 risque sa vie pendant la grossesse ou l’accouchement. Et pire : le rapport ajoute qu’un enfant sur 8 ne fêtera pas son 5ème anniversaire. La Guinée Bissau, le Mali, le Niger, la Rd Congo et la Somalie sont les pays qui occupent le bas de ce tableau sombre. 

Aujourd’hui, ce sont 800 mères et 18 000 jeunes enfants qui meurent chaque jour de causes évidemment évitables. Une analyse plus approfondie de ces chiffres révèle que plus de la moitié de ces décès de mères et d’enfants de moins de cinq ans se produisent dans des contextes de fragilité notamment durant les conflits, les catastrophes naturelles entre autres.

Ce qui fait dire à Natacha Quist, directrice régionale de Save the Children en Afrique de l’Ouest et du Centre, que plus de 80% des pays affichant une forte mortalité ont été récemment touchés par un conflit, des catastrophes récurrentes ou les deux.

En plus, pour chaque personne tuée directement par des actes de violences armées, entre 3 et 15 meurent indirectement de causes largement évitables (maladie, complications médicales et malnutrition).

Guerre et catastrophes
Ce rapport rappelle ainsi à tous les gouvernants que la mortalité maternelle et infantile demeure un problème majeur de santé publique dans le monde mais surtout en Afrique sub-saharienne. D’autant plus que depuis 1990, l’Afrique de l’Ouest est l’une des régions qui a fait les progrès les moins significatifs pour la survie des enfants. «La mortalité des enfants de moins de cinq ans n’a été réduite que de 39%, contre 53% en Afrique de l’Est et du Sud et 65% en Amérique latine.» Ces progrès limités, évoque le rapport, s’expliquent par la gravité et la récurrence des conflits et des crises prolongés, comme la sécheresse et les crises alimentaires.

Pourtant, il est possible d’inverser la tendance et de corriger ce tableau sombre de la situation des mères, indique la directrice de Save the Children. Il suffit juste, selon elle, de faire en sorte qu’en situation de crise, que les mères et les enfants vulnérables, aient accès à des soins de santé de qualité. Il faut aussi travailler sur le long terme de sorte à avoir des réponses face à ces crises qui peuvent perdurer. Natacha Quist préconise d’investir dans la prévention des conflits et le maintien de la paix. 

Le rapport sur la situation des mères dans le monde est une publication de Save de Children qui a classifié 178 pays dans chaque aspect du bien être maternel et infantile à l’aide de cinq indicateurs : il s’agit de la santé maternelle, la mortalité infantile, le niveau d’éducation et le revenu des femmes ainsi que leur statut politique.

ndieng@lequotidien.sn

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